Snjor de Ragnar Jonasson

Ari Thor vient de terminer l’école de police. Il envoie des lettres de motivation dans plusieurs villes et reçoit une réponse positive de la ville la plus au nord de l’Islande : Siglufjördur. Il accepte sans en parler au préalable avec sa petite amie. Celle-ci refuse donc de l’accompagner. Ari Thor se retrouve seul dans cette petite ville où tout le monde connaît tout le monde et où il est intensément scruté. La ville est calme, très calme selon les dires de son nouveau chef Tomas. Pourtant, peu de temps après son arrivée, Ari Thor est confronté à deux évènements des plus inhabituels : un vieil écrivain fait une chute mortelle dans les escaliers d’un théâtre, une femme est retrouvée allongée dans la neige de son jardin à moitié morte. Les deux affaires sont-elles liées ? Comment Ari Thor va-t-il réussir à résoudre les deux enquêtes alors que toute la ville se méfie de lui ?

« Snjor », qui signifie neige , est le premier volet des enquêtes d’Ari Thor. L’enquête nous entraîne sur différentes pistes, mêle le passé et le présent pour nous amener vers une fin inattendue et crédible. Le récit et l’écriture sont extrêmement classiques. Ari Thor est un policier mal dans sa peau, mais moins que la plupart de ces collègues de polars nordiques ! Il traîne néanmoins un passé douloureux qui l’empêche de communiquer véritablement avec les autres. Outre le personnage central, l’ensemble des protagonistes a droit à un portrait détaillé. Cela permet certes de brouiller les pistes mais l’on en apprend parfois plus que ce qui est nécessaire et j’ai fini par me mélanger les pinceaux dans ce fourmillement de détails.

Après avoir lu le deuxième volet de cette série, je constate malheureusement une répétition dans la construction du récit. Intercalé avec le récit de l’enquête, un narrateur non identifié nous raconte des faits violents. Le lecteur ne découvre que vers la fin du roman à quoi se rapportent ces passages. Il faut espérer que l’auteur ne va pas systématiquement utiliser cette forme narrative pour ses romans suivants.

Avec sa facture très classique, « Snjor » ne va certes pas révolutionner les polars nordiques. Mais malgré mes bémols, je dois reconnaître que j’ai lu très rapidement ce roman et que j’avais bien envie d’en découvrir le dénouement.

STICKER PMP 2017

 

 

 

Mörk de Ragnar Jonasson

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Alors qu’il est cloué au lit par la grippe, Ari Thor reçoit un coup de fil d’Helena, la femme de son collègue, l’inspecteur Herjolfur. Ce dernier ne répond pas à son téléphone et est introuvable. Il s’avère qu’il enquêtait sur un trafic de drogues. Herjolfur est parti seul inspecter une vieille maison abandonnée et c’est là qu’il s’est fait tirer dessus. Il ne sortira jamais du coma. Ari Thor se fait fort de retrouver son assassin dans la petite communauté de Siglufjördur où tout le monde connaît tout le monde. En surface, la petite ville est calme et paisible mais les sombres secrets vont bien vite refaire surface.

Après le succès de son premier roman « Snjor », Ragnar Jonasson fait reprendre du service à Ari Thor. L’enquête est de facture très classique et elle allie le personnel et le général. L’auteur décrit la situation économique et sociale de Siglufjordur. La pêche, qui a fait la réputation de la ville, a périclité. Le maire de la ville compte maintenant sur l’essor du ski et de la venue de nombreux touristes. D’autres thèmes se croisent au fil de l’enquête : le trafic de drogues, les violences conjugales, la psychiatrie. S’intercalant entre les chapitres consacrés à l’enquête, nous découvrons le journal d’un jeune homme interné dans un asile psychiatrique après une tentative de suicide. Qui est-il ? Qu’est-ce qui le lie à l’enquête sur le meurtre de Herjolfur ? C’est ce qu’Ari Thor devra découvrir en démêlant les différents fils de cette histoire.

J’ai apprécié la lecture très fluide de ce roman et surtout la précision, le sens du détail de Ragnar Jonasson. Cela s’applique aussi bien aux rudes paysages islandais qu’aux personnages. Leur psychologie est particulièrement bien rendue et cela leur donne de l’épaisseur, de la chair. L’auteur nous présente des paysages et des personnages tout en clair-obscur, sans manichéisme.

« Mörk » ne révolutionne pas le polar nordique mais sa lecture est plaisante et son détective, Ari Thor, est assez attachant pour que l’on ait envie de le retrouver.

 

Pur d’Antoine Chainas

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Un accident sur l’autoroute: Patrick Martin reprend conscience en contrebas de la route. Sa femme n’a pas survécu à l’accident. Mais Patrick considère qu’il ne s’agit pas d’un accident. C’est ce qu’il explique à la police, au commissaire Durantal. Le couple aurait été poursuivi depuis la station service par deux jeunes arabes. Ces derniers leur auraient tiré dessus. Le commissaire n’est pas convaincu par le témoignage de Patrick. Aucune trace de balles n’a été retrouvée sur le lieu de l’accident. Sachant qu’un sniper sévit sur l’autoroute depuis quelques temps, Patrick Martin n’aurait-il pas imaginé les coups de feu ? Et pourquoi le sniper s’en prendrait-il à ce couple de blancs alors que jusque là il ne tuait que des arabes ?

« Pur » d’Antoine Chainas est un roman d’anticipation mais qui finalement n’est pas si éloigné de notre réalité. La France de « Pur » est celle de la ségrégation sociale. Les plus riches sont enfermés dans des propriétés fermées, protégées et perpétuellement sous surveillance. Pour y habiter, il faut répondre à un questionnaire précis, il faut être sans tâche. La fracture sociale est belle et bien consommée. Les pauvres sont relégués dans les quartiers périphériques, loin  des lieux de résidence des privilégiés.

Cette discrimination sociale et aussi raciale est savamment entretenue par les médias et les politiques. Le fait divers de Patrick Martin va être exploité pour exacerber les violences entre les communautés. Les extrémistes sont encouragés à laisser libre court à leur haine. La police, la mairie sont corrompues et manipulent tout le monde. Les thématiques d’Antoine Chainas sont extrêmement politiques et la société qui nous est présentée ne nous est pas complètement étrangère. La montée des extrêmes, les manipulations des faits divers à des fins électoralistes, les différences sociales accrues donnent au roman une troublante et inquiétante vérité.

Roman choral à l’écriture clinique, « Pur » nous montre une réalité glaçante où l’appartenance à une classe termine le cadre de vie. Un roman noir, bien mené, qui rend compte d’une société, d’un pays sur le fil du rasoir.

911 de Shannon Burke

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« Il est difficile d’expliquer cette transition à quelqu’un qui n’a pas vécu ça, mais lorsque vous n’arrivez plus à dormir, lorsque votre vie vous semble complètement vide, que vous croisez la mort tellement de fois qu’elle en devient  banale, que vous êtes dévoré par la culpabilité d’être vivant parmi les morts, alors vous finissez par devenir parfaitement insensible (…). de cette indifférence, qui n’est qu’une protection, découle un risque bien particulier du métier. Lorsque plus rien n’a de sens, y compris la vie ou la mort d’autrui, vous n’êtes plus qu’à un pas du mal. Et ce putain de pas est terriblement facile à franchir. »  Après avoir raté son test d’entrée à l’école de médecine, Ollie Cross décide de confronter ses connaissances théoriques au terrain. Il choisit de devenir ambulancier à Harlem, l’un des quartiers les plus violents de New York en ce début des années 90. Son coéquipier est un ambulancier expérimenté, sans doute le meilleur du poste : Rutkovsky. Ollie est un bleu qui apprend rapidement. Il se fait accepter par l’ensemble de l’équipe d’ambulanciers : Verdis, le généreux, Hatsuru, le flegmatique, LaFontaine, le dangereux. Tous font face aux pires situations possibles : une diabétique qui a laissé son pied pourrir et qui appelle les secours parce que l’odeur la dérange ; le corps d’un homme décédé depuis longtemps dans son appartement et qui est rongé par les vers ; une camée atteinte du sida qui accouche seule chez elle. Cela fait beaucoup de violence et de misère sociale pour un jeune homme choyé comme Ollie.

Shannon Burke a lui même été ambulancier ce qui donne une évidente authenticité au quotidien qu’il décrit dans « 911 ». Les scènes qui se succèdent soulignent la difficulté du métier d’ambulancier dans un quartier comme Harlem à cette époque. Ollie et ses comparses doivent sauver des personnes qui les détestent, les insultent parce qu’ils représentent l’État qui les a laissés tomber. Comment continuer à accomplir son devoir devant tant de violence et de désespérance ? Ce que Ollie voit chaque jour le transforme, l’éloigne de ses proches, il est littéralement rongé par son métier. Deux solutions sont alors possibles pour ne pas sombrer : l’empathie totale ou l’indifférence. Ollie devra choisir entre les deux.

« 911 » ne tombe jamais dans le pathos, le misérabilisme face à la vie des habitants de Harlem. Le style très réaliste, chirurgical empêche cet écueil. L’écriture est rythmée, presque frénétique à l’image de la vie menée par ces ambulanciers.

Shannon Burke montre à travers son roman toute la complexité du métier d’ambulancier : il faut sauver des vies tout en n’y attachant pas trop d’importance. Un métier où le choix moral se pose chaque jour. Un roman vif, prenant qui va au plus près de la misère humaine.

Sélectionné pour le Prix SNCF du POLAR.

Jeux de miroirs de Eugen Chirovici

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Peter Katz, un agent littéraire, reçoit un manuscrit signé Richard Flynn. Ce dernier raconte, dans le début de son livre, ses études à Princeton à la fin des années 80. Il y rencontre une jeune femme séduisante, Laura, étudiante en psychologie. Brillante, elle travaille avec un très grand ponte : le professeur Wieder. Richard lui est présenté et est embauché pour trier et classer sa bibliothèque. Quelques mois plus tard, le professeur Wieder est brutalement assassiné chez lui. Plusieurs suspects sont interrogés mais l’assassin n’a jamais été identifié. Malheureusement, le manuscrit de Richard Flynn est inachevé et il meurt avant de délivrer la suite à Peter Katz. L’agent littéraire est extrêmement intrigué par ce qu’il a lu et propose à son ami John Keller, un journaliste, de reprendre l’enquête sur le meurtre du professeur Wieder.

« Jeux de miroirs » de Eugen Chirovici est déjà un immense succès puisqu’il a été traduit dans trente huit pays et que Hollywood en a acquis les droits. Le roman est effectivement fort bien mené et construit. L’intrigue est fragmentée comme une image se reflétant dans plusieurs miroirs. La nouvelle enquête est racontée par trois personnes : Peter Katz, l’agent littéraire, John Keller, le journaliste et Roy Freeman, un ancien policier qui donne un coup de main à Keller. A ces trois récits, il faut rajouter le manuscrit de Richard Flynn dont on peut lire quelques pages. Des années après l’assassinat de Wieder, les protagonistes doivent plonger dans leurs souvenirs pour permettre la résolution de l’enquête.

Et c’est précisément le thème central du roman de Eugen Chirovici. Plus qu’un roman policier, « Jeux de miroirs » est une réflexion sur la mémoire. « Ce qu’elle me disait me faisait froid dans le dos. Ainsi, ce que j’avais toujours pris pour des éléments de réalité objective n’était peut-être que le résultat de ma perception subjective d’une personne ou d’une situation ? En même temps, Laura me l’avait déjà dit : nos souvenirs sont pareils à une bobine de film qu’on a la possibilité de couper au montage, ou à une sorte de gélatine que l’on pourrait modeler à l’envi. » Tout le propos du livre est dans cette phrase. Les souvenirs des différents protagonistes ne sont pas le reflet d’une seule et unique vérité. Les années passant, les souvenirs sont réécrits, on les sélectionne. Eugen Chirovici cite à un moment « Une fille qui danse » de Julian Barnes qui portait exactement sur cette thématique de réécriture, d’embellissement des souvenirs. Je trouve l’idée parfaitement bien adaptée à un roman policier où l’on doit à tout prix établir une vérité factuelle. Mais celle de notre mémoire est subjective, fluctuante et cela est souligné dans le roman avec un personnage atteint d’Alzheimer et un autre qui aurait perdu la mémoire suite à une blessure. Et finalement, c’est ce questionnement autour de la subjectivité des souvenirs qui m’a intéressée dans la lecture du roman de Eugen Chirovici, la résolution de l’enquête m’a semblé un peu secondaire.

Plus qu’un classique roman policier, « Jeux de miroirs » est une réflexion sur la vérité et sur l’objectivité des souvenirs. Bien construit, à l’écriture fluide, « Jeux de miroirs » fût une lecture tout à fait divertissante et agréable.

Merci aux éditions Les Escales pour cette lecture.

L’appel du coucou de Robert Galbraith

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Lula Landry est un jeune mannequin en pleine gloire. Lorsqu’elle est retrouvée morte, défenestrée sur le trottoir en bas de son appartement, la police conclut au suicide. Mais le frère de le victime, John Bristow, n’en est pas aussi convaincu. Quelque temps après le décès, il décide d’engager un détective privé pour enquêter sur la disparition de Lula. Il s’adresse à Cormoran Strike, ancien camarade de classe de Charlie Bristow, le frère aîné de John, mort également. Strike a bien besoin de ce travail. Depuis qu’il est revenu d’Afghanistan où il a perdu une jambe, ses affaires et sa vie privée sont loin d’être au beau fixe. L’affaire de Lula Landry pourrait relancer ses finances et sa réputation. Une aide inespérée va lui tomber du ciel : une maison d’intérim lui envoie une nouvelle secrétaire, Robin Ellacott. Tous deux vont découvrir la face cachée du monde de la mode.

« L’appel du coucou » est le premier volet des enquêtes de Cormoran Strike et il est en cours d’adaptation par la BBC. C’est d’ailleurs l’arrivée prochaine de celle-ci qui m’a décidée à découvrir l’univers policier de JK Rowling.

L’auteur ne révolutionne pas le genre, son intrigue et la manière dont elle est construite sont classiques. Ce qui est intéressant c’est que JK Rowling prend le temps de raconter son histoire. Elle nous montre le quotidien d’une enquête, pas de révélations fracassantes mais de petites avancées qui au fur et à mesure éclairent Cormoran Strike. Le procédé a les défauts de ses qualités. La lenteur fait perdre en suspens et rend l’enquête moins haletante. Les digressions sur les vies privées de Robin et Cormoran diluent également l’enquête.

Mais ce sont bien eux qui ont fait pour moi l’intérêt de cette lecture. Robin et Cormoran sont extrêmement attachants. Le détective est une armoire à glace, dépressif, déboussolé mais terriblement perspicace et lucide. Robin est une jeune femme fraîche, maligne et cherchant désespérément un moyen de pimenter sa vie. Le duo fonctionne parfaitement, les deux personnages sont complémentaires et on a envie de les revoir, de les suivre dans de nouvelles enquêtes.

Malgré une intrigue qui ne m’a pas tenue en haleine, « L’appel du coucou » est un divertissement de bonne facture, classique mais efficace. Il ouvre les aventures de deux personnages particulièrement réussis et incarnés : Cormoran Strike et Robin Ellicott. Pour eux deux, je continuerai sans aucun doute la série.

anglo_2000x1125_cormoranstrike                                  Holliday Grainger et Tom Burke sur le tournage de la série.

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Adieu Gloria de Megan Abbott

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« Je veux ces jambes. Ce fut la première chose qui me vint à l’esprit. Elle avait les jambes d’une danseuse de revue de vingt ans à Vegas, trente mètres de long, avec juste ce qu’il fallait de courbes, d’élasticité et de promesses. Évidemment, il n’y avait pas moyen de dissimuler la peau des mains légèrement usée ou les chairs qui commençaient à se relâcher sur l’ossature du visage. Mais les jambes, elles tenaient bon, je vous le dis. Rudement bien conservées. J’avais beau être de deux décennies sa cadette, mes allumettes maigrichonnes ne soutenaient pas la comparaison. » Cette femme, aux jambes irréelles, est Gloria Denton. Ses tailleurs de luxe à la coupe parfaite, son maintien impeccable, son visage distingué et impassible cachent une redoutable femme d’affaires. Celles-ci n’ont d’ailleurs rien de légal, elle récolte et contrôle l’argent des casinos, des champs de courses pour des patrons qui restent dans l’ombre. Celle qui l’observe avec fascination est comptable dans une petite boîte de nuit où elle trafique les chiffres à la demande de ses patrons. Lasse de cette vie minable, elle laisse Gloria Denton faire d’elle sa pouliche, sa possible héritière. La gamine apprend vite et se plaît dans cet univers où l’argent est facile. Elle est intelligente, en admiration devant Gloria mais un grain de sable vient gripper la machine et il a pour nom Vic Riordan, un beau parleur et un looser absolu.

Megan Abbott signe avec « Adieu Gloria » un véritable roman noir façon hard boiled. Nous sommes dans les années 50, les arnaques de la pègre sont l’arrière-plan du récit, l’atmosphère est aussi vénéneuse que les femmes. Et c’est bien toute l’originalité du roman : les deux héroïnes sont des femmes et nous assistons, de rebondissement en rebondissement, à leur terrible duel. Toutes les deux sont des personnages formidables. Gloria Denton est à priori l’archétype de la femme fatale qui côtoie Marlowe dans les livres de Raymond Chandler. Mais c’est elle qui mène la danse, qui a toujours un coup d’avance et maîtrise ses sentiments et ses actions. La jeune femme, qui croise sa route, n’a pas de nom comme si, sans identité, elle était prête à endosser la première qui lui permettrait de s’échapper. Au fil du roman, elle se révèle, s’affirme face à Gloria, c’est elle la narratrice de Megan Abbott, elle qui essaie de prendre le dessus. Leur relation de Pygmalion à élève devient rapidement celle de deux rivales qui se jaugent et se méfient l’une de l’autre. Megan Abbott décrit parfaitement cette relation sombre, dangereuse où chacune des deux héroïnes est le miroir de l’autre, où chacune est la chance et la perte de l’autre.

« Adieu Gloria » est un roman noir à l’ancienne rempli de noirceur, de femmes sulfureuses, de violence, de dureté et de cruauté. L’intrigue est totalement maîtrisée et ne s’essouffle à aucun moment.

America