Jardins au Grand Palais

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Les Galeries Nationales du Grand Palais proposent une exposition très originale et pluridisciplinaire sur les jardins. Le fait de présenter les jardins dans un musée peut sembler antinomique, comment présenter des organismes vivants dans un lieu clos et figé ? L’exposition s’attache à évoquer les différentes dimensions de la constitution d’un jardin mais aussi ses représentations au travers du temps de Pompéï à nos jours.

C’est d’ailleurs une peinture pompéienne, datant de 30-35 avant JC, qui nous accueille et montre un lieu paradisiaque et harmonieux, une nature domptée et sophistiquée.

La maison du bracelet d'or

La suite de l’exposition montre les différents composants qui sont à la base du jardin : l’humus nécessaire à la pousse des plantes avec l’incroyable installation « Soil library » de Kôichi Kurita, l’eau avec les deux études de nuages de Constable. Il faut ensuite des plantes qui sont présentées ici sous plusieurs formes : herbiers, xylothèque, photogrammes, peintures, modèles de cire, bijoux, etc …

anna-atkins-photogramme-dalguesPhotogramme-Anna Atkins

Il ne manque plus qu’un jardinier pour ordonner ces différents éléments et il arrive sous la forme d’une monumentale et saisissante peinture de Emile Claus. Dans cette salle se trouve également une importante collection d’outils de jardinage anciens.

600_72dpi_emile_clausLe vieux jardinier – Emile Claus

La deuxième partie de l’exposition se penche alors sur la création des jardins et leurs représentations. Peintures, galerie de plans d’Androuet du Cerceau ou Calamity Brown, extraits de films comme « Shining » ou « Edward aux mains d’argent », photos, installation imitant une grotte, les médiums se multiplient et invitent à la flânerie. La scénographie rappelle celle d’un jardin avec des détours, des allées, des recoins ou des bosquets. On butine véritablement d’une œuvre à l’autre.

9.Fragonard-La-Fête-à-Saint-Cloud-La fête de St Cloud – Fragonard

Vers la fin de l’exposition se trouve la salle qui m’a le plus séduite et on ne se refait pas, c’est une salle presque entièrement consacrée à la peinture des 19ème et 20ème siècles. A part les incontournables et indispensables « Nympheas » de Monet, les commissaires de l’exposition ont mis en valeur des œuvres et des artistes peu souvent exposés : Edouard Debat-Ponsan et son charmant « Jardin du peintre », les splendides « Soucis » de Koloman Moser, les parterres de marguerites de Caillebotte récemment acquis par le musée des impressionnistes de Giverny, les fleurs de Ernest Quost, « Les pivoines » de Emil Nolde, etc… La pièce s’achève sur la série de photos qu’Eugène Atget a réalisé sur le parc de Sceaux. Sans présence humaine, sous le ciel gris de l’hiver, le parc prend des allures de ruines gothiques.

IMG_5282Les soucis – Koloman Moser

La richesse des supports, la scénographie originale et pertinente qui invite à la promenade, font de l’exposition Jardins une réussite.

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Fantin-Latour au musée du Luxembourg

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L’exposition du musée du Luxembourg offre à Henri Fantin-Latour (1836-1904), ce peintre peu connu, une mise en lumière qu’il mérite amplement.

Le peintre est essentiellement connu pour ses portraits de groupe :

  • L’atelier des Batignolles qui regroupe, autour de la figure centrale de Manet, toute l’avant-garde de l’époque, les futurs impressionnistes (Renoir, Monet, Bazille),
  • L’hommage à Delacroix, peintre étudié et vénéré par Fantin-Latour où l’on aperçoit le peintre anglais Whistler ou Baudelaire,
  • Le coin de table est sans doute le plus connu puisque l’on y voit Rimbaud et Verlaine au bout de la table.

img_4325Le coin de table, 1872

Mais ces trois impressionnantes œuvres révèlent et cachent ce qu’était réellement l’intérêt du peintre. Certes, ce dernier aimait les portraits mais sa sphère de prédilection était celle de l’intime, des petits et moyens formats. L’exposition s’ouvre sur le début de ses études. Les portraits sont ceux de ses deux sœurs notamment en train de lire ou de coudre. Les cadrages sont serrés et les décors dépouillés. Les personnages ne semblent pas remarquer qu’ils ne sont pas seuls. Cette incommunicabilité est la marque de fabrique de ce peintre misanthrope. Elle sera présente dans tous ses portraits, les trois grands formats comme dans ceux où il peindra sa femme et sa famille. Toutes les personnes semblent absentes, ailleurs, empreintes d’une tristesse, d’une mélancolie.

img_4364La lecture, 1877

A côté des portraits de ses sœurs se trouvent, dans l’entrée de l’exposition, de nombreux autoportraits. Lorsque l’on a des problèmes avec les modèles, quoi de mieux que sa propre physionomie pour étudier le visage ? A la manière de Rembrandt ou de Delacroix, Fantin-Latour peindra une cinquantaine d’autoportraits en trente ans. Ils évoquent aussi le réalisme du maître de Fantin-Latour : Gustave Courbet qui le forma dans son atelier.

img_4294Autoportrait, la tête légèrement baissée, 1861

Pour palier aux problèmes d’argent, Fantin-Latour se met à peindre un autre type de portraits : des natures mortes. Les anglais en raffolent et Fantin-Latour se rattache à la tradition hollandaise du XVIIème siècle et à Chardin pour réaliser ces compositions. Elles sont simples, le décor est une nouvelle fois minimaliste mais les couleurs y sont éclatantes. Fantin-Latour s’y amuse en jouant notamment beaucoup sur les reflets et les contenants en verre. Le peintre a une véritable passion pour les plantes, la nature. Le plus saisissant de ses « portraits » floraux est le tableau représentant des capucines doubles en 1880 : le cadrage est serré, le fond est neutre pour sublimer les fleurs et leur splendide rouge orangé flamboyant. Fantin-Latour va à l’essentiel et touche son spectateur avec peu d’effet.

img_4349Capucines doubles, 1880

La fin de l’exposition m’a moins intéressée, après la découverte du vaisseau fantôme de Wagner, Fantin-Latour veut rendre hommage au musicien et sa peinture prend une tournure plus lyrique, plus emphatique.

L’exposition du musée du Luxembourg permet de découvrir un peintre atypique et discret, loin des courants d’avant-garde de son époque. Un peintre qui aimait l’intériorité, la solitude, la précision et les fleurs. Se dégagent de ses œuvres beaucoup de douceur, de mélancolie et un charme indéniable.

img_4332Les roses, 1889

Albert Marquet, peintre du temps suspendu au Musée d’Art Moderne

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 Le musée d’Art Moderne de la ville de Paris a eu la très bonne idée de mettre à l’honneur un peintre malheureusement peu connu du grand public : Albert Marquet. Ami de Matisse, Camoin ou Manguin qu’il rencontra aux Beaux-Arts dans la classe de Gustave Moreau, Marquet participa au Salon d’automne de 1905 où le fauvisme s’affiche et s’affirme au grand jour. Sa discrétion, sa palette chromatique le placeront toujours un peu à l’écart et dans l’ombre de Matisse.

3866489643La plage de Fécamp, 1906

Contrairement aux autres, Albert Marquet est un fauve à la palette chromatique adoucie. Les couleurs ne sont pas criardes, sauf dans « Affiches de Trouville », Albert Marquet cherche la nuance, les variations. Ses coups de pinceau sont vifs, rapides, fluides et ses paysages montrent une grande économie de moyens. Ses toiles sont toujours le fruit du premier jet et de la spontanéité du geste du peintre. Une simplicité  apparente qui est servie par un grand talent de dessinateur, toujours visible dans les toiles puisque les formes sont toujours soulignées d’un trait noir caractéristique du Fauvisme. Se dégage des œuvres de Albert Marquet une tranquillité, un apaisement et comme l’annonce le titre de l’exposition, ce sont des moments suspendus et intemporels.

honfleurHonfleur, 1911

Albert Marquet était un peintre prolixe mais ses tableaux montrent une étonnante continuité stylistique. Très tôt, il trouve son style et son travail est une recherche de la nuance, de la déclinaison. Le thème récurrent de son travail est l’eau. Marquet a beaucoup voyagé et il rapporta de son voyage des œuvres sur ce même thème. L’eau peut être fleuve, rivière, lac, océan et elle permet les reflets, les aplats colorés et la création de la perspective. Le côté obsessionnel de Marquet à représenter le même thème est proche de celui de Monet et il est très visible dans la série de vue de Paris qu’il peint depuis la fenêtre de son appartement.

ob_93cb3a_img-6071Bords de rivière (Le pêcheur à la ligne à Varenne-Saint-Hilaire), 1913

La construction des toiles de Marquet souligne également la grande cohérence de l’œuvre. Comme pour sa série parisienne, il a souvent peint ce qu’il voyait de sa fenêtre, nous avons dès lors de nombreuses vues plongeantes sur les paysages souvent organisés autour d’une diagonale forte, d’un horizon marqué et de points verticaux (cheminée, phare, réverbères, mât de bateaux, arbres) pour animer la construction. Dans ce cadre qui pourrait sembler monotone, la couleur peut s’exprimer et c’est bien elle qui domine et enchante dans l’œuvre de Marquet.

Pont NeufLe Pont Neuf, la nuit, 1935

Cette exposition fut pour moi un régal : l’originalité dans les variations sur le même thème, la douceur et la nuance infinie des couleurs, les instantanés intemporels m’ont convaincue du formidable talent d’Albert Marquet, « le Fauve tranquille » comme le nomme très justement Valérie Bougault dans le hors-série de Connaissance des Arts.

ok-fenetrePersienne verte, 1944-46

 

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Lore Krüger, une photographe en exil 1934-1944 au mahJ

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Après la redécouverte de l’unique livre de Françoise Frenkel, voici celle d’une photographe allemande qui exerça ses talents entre 1934 et 1944 de Berlin à New York lorsqu’elle fuyait le nazisme. Ce sont deux chercheuses berlinoises qui, en 2008, sont allées chez Lore Krüger et ont découvert une valise remplie d’une centaine de clichés. Étant donné la qualité du travail, elles décidèrent d’en faire une exposition à Berlin qui maintenant est à Paris au Musée d’Art et d’Histoire du judaïsme.

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Lore Krüger est née dans une famille bourgeoise qui sera durement frappée par la crise de 1929. La jeune femme se met à travailler comme sténographe mais elle sera renvoyée en 1933 car elle est juive. Elle comprend donc qu’il lui faut quitter son pays et son périple commença à Londres où elle emporta l’appareil photo que son père lui avait offert. C’est là qu’elle commence à devenir photographe. Par la suite, elle devra rejoindre ses parents à Majorque puis s’installe à Barcelone pour finalement atterrir à Paris.

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Dans la capitale française, elle fait une rencontre décisive, celle de Florence Henri dont elle suit les cours. La photographe française ouvre la jeune allemande aux possibilités de l’avant-garde, du Bauhaus. Florence Henri réalise de très beaux portraits de Lore Krüger, notamment celui qui sert d’affiche à cette exposition.

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Malheureusement l’exil de Lore Krüger ne s’achève pas à Paris. A l’arrivée des nazis en 1940, elle est internée au camps de Gurs avec sa sœur et son mari mais elle réussit à en sortir quelques mois après pour rejoindre Marseille. De là, elle se rend au Mexique et enfin à New York. Là-bas, elle et son mari travaillent pour un journal anti-fasciste. A la fin de la guerre, ils retournent à Berlin mais dans la partie est puisqu’ils étaient farouchement communistes.

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L’exposition présente le travail de Lore Krüger par villes où elle est passée et souligne la diversité de son travail. On y voit les expérimentations parisiennes avec des effets de matière dans les natures mortes, des photogrammes et des compositions très travaillées (la série avec le masque africain montre bien ses recherches formelles.)

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Mais il y a également tout un pan humaniste à son travail et qui est visible dès son passage à Majorque où elle photographie des pêcheurs et leurs familles. Les compositions sont très travaillées mais elle cherche avant tout à témoigner d’une actualité violente et douloureuse puisque l’armée franquiste avait attaqué Majorque. A Paris, elle immortalise la Tour Eiffel mais elle n’oublie pas ceux qui dorment sous les ponts. Les plus beaux portraits qu’elle réalise sont ceux des gitans durant leur pèlerinage à Saintes-Maries-de-la -Mer en 1936. Il y a beaucoup d’empathie, de respect et d’humanité dans le regard qu’elle pose sur eux.

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Malheureusement, Lore Krüger cesse d’être photographe vers 1946 suite à de graves problèmes de santé. L’exposition du mahJ montre à quel point elle aurait pu devenir une photographe essentielle du 20ème siècle.

Splendeurs et misères-Images de la prostitution, 1850-1910-Musée d’Orsay

Splendeurs et misères. Images de la prostitution 1850-1910, Musée d’Orsay Paris

L’exposition « Splendeurs et misères. Images de la prostitution, 1850-1910 » vient de fermer ses portes. Elle montrait la fascination des artistes, peintres et écrivains, pour cette thématique. Paris était d’ailleurs à l’époque la capitale mondiale de la prostitution.

L’exposition m’a semblé très complète sur le thème abordé, les mouvements artistiques l’illustrant et les médiums exposés. Les œuvres présentaient en effet les différents aspects de la prostitution :

  • la prostituée occasionnelle en raison de fins de mois difficiles et d’une pauvreté galopante (les tableaux soulignent d’ailleurs l’ambiguïté de cette position comme le montre le tableau de James Tissot ou « L’attente » de Béraud)
TissotLa demoiselle de magasin-James Tissot
  • celle qui fait ce métier à plein temps et travaille dans la rue ou dans une maison close
the-salon-de-la-rue-des-moulins-1894Le salon-Toulouse-Lautrec
  • la cocotte ou demie-mondaine, les œuvres qui illustrent cette partie sont présentées dans un véritable boudoir recouvert de tapisserie et agrémenté de meubles ayant appartenu à l’une de ces prostituées de luxe.
Mlle de LanceyMlle de Lancey-Carolus Duran

Mais l’exposition n’en oubliait pas les conséquences ou les raisons de la prostitution. « La prune » de Manet ou « L’absinthe » de Degas montrent bien la tristesse, la désespérance de ces femmes.

degas.absinthe-2L’absinthe-Degas

« La mélancolie » de Picasso illustre le volet consacré à la prison de St Lazare où étaient enfermées les filles de rue. La prison servait également d’hôpital puisque les maladies vénériennes sont rapidement devenues un problème de salubrité publique.

mélancolieLa mélancolie-Picasso

L’exposition montrait un bel éventail d’artistes avec des peintres moins connus comme Beraud, Gervex, Valtat ou Forain et des grands noms comme Manet, Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Picasso, Munch ou Van Dongen. Outre les tableaux, de nombreux objets étaient présentés comme le fauteuil de volupté du Prince de Galles, des cartes de visite promettant des massages thérapeutes, une canne de flagellation, un pique-couilles ou des préservatifs. Pour compléter l’ensemble, à l’abri de lourds rideaux rouges étaient présentés des photographies et des films pornographiques d’époque.

f1b3c432-fd48-11e4-88cc-06fdc3d62260Les jarretières violettes-Van Dongen

Manquant un peu d’homogénéité dans sa muséographie et d’un point de vue fort,  « Splendeurs et misères » reste une exposition intéressante abordant le sujet de la prostitution au travers de petits et grands maîtres et de nombreux objets émoustillant l’imaginaire des visiteurs.

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Philippe Halsman au musée du Jeu de Paume

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Son nom ne vous est sans doute pas familier et pourtant vous avez forcément déjà vu l’une de ses photos. Philippe Halsman, originaire de Lettonie, arrive à Paris dans les années 1930 et il y commence sa carrière en autodidacte. Rapidement, il se spécialise dans les portraits de personnalités. Mais il travaille également dans le milieu de la publicité et collabore à de grands magazines comme Vogue ou Harper’s Bazaar. Son travail sur les portraits montre déjà une forte originalité et une volonté de caractériser les personnes qu’il photographie. Son portrait de Winston Churchill dans un parc en est un exemple significatif. L’homme d’état est photographié de dos, sa carrure imposante et reconnaissable dominant le parc.

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A partir des années 40, il fuit l’Europe pour New York. Il continue son travail sur les portraits qui lui apporte une très forte notoriété. Il réalisera une centaine de couverture pour le magazine Life. C’est par le biais de ce magazine qu’il fit la connaissance de Marilyn Monroe en 1949, elle était alors une jeune actrice et il la photographia jusqu’en 1959. Les nombreuses photos présentent dans l’expo montrent l’évolution de l’actrice, de la starlette timide à la star glamour.

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Son humour, sa fantaisie amenèrent Philipe Halsman à inventer un genre très particulier de portraits à partir des années 50 : la jumpology. Il propose à de très nombreuses personnalités de les prendre en photo en train de sauter. Halsman estimait que les modèles se concentraient sur leur saut et laissaient ainsi transparaître leur personnalité avec plus de naturel. Et il est vrai que chacun saute d’une manière bien particulière. Audrey Hepburn exprime la joie et la fraîcheur, Dean Martin et Jerry Lewis laissent exploser leur folie, Grace Kelly reste sophistiquée, le duc et la duchesse de Windsor ne s’affranchissent pas du protocole et de leur rang, etc…

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C’est aux côtés de Salvador Dali que s’exprime au mieux l’imaginaire de Philippe Halsman. Leur collaboration était placée sous le signe de l’expérimentation, de la folie et de l’humour. Certaines œuvres sont directement inspirée de tableaux de Dali comme Dali Atomicus qui a demandé 28 prises pour que le cliché soit parfait. L’exposition montre également la série de clichés autour de la moustache de Dali où le célèbre attribut du peintre répond à des questions posées par le photographe.

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Les photographies de Philippe Halsman sont particulièrement réjouissantes. Drôles, excentriques, étonnantes, elles respirent la légèreté et la joie de vivre. L’exposition rend hommage à ce grand photographe et nous permet de mettre un nom sur certains portraits très célèbres. Je ne peux que vous encourager à vous rendre au Jeu de Paume pour profiter de cette bulle de fantaisie.

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Challenge Lart dans tous ses états 2015

Portraits à la cour des Médicis au musée Jacquemart-André

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Le musée Jacquemart-André met à l’honneur le portrait à la cour des Médicis et plus précisément ceux peints par les artistes maniéristes comme Pontormo, Andrea del Sarto, Bronzino ou Salviati. Petit rappel sur ce mouvement artistique peu connu : le maniérisme suit la Renaissance et commence aux alentours de 1520. C’est un mouvement anti-naturaliste, qui pousse à l’excès les choix esthétiques de Raphaël mais surtout de Michel Ange ce qui se traduit par des figures allongées, des couleurs saturées et des poses tourmentées.

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L’exposition montre la correspondance entre l’Histoire et l’évolution du portrait mais également son développement à la cour des Médicis à partir de 1539, date du mariage de Cosme Ier et d’Éléonore de Tolède.  L’Histoire de Florence est à l’époque des plus mouvementée. L’exposition débute avec la 1ère République (1494). Le symbole de cette période est le moine Savonarole dont le portrait est présent dans l’exposition. Dominicain et grand prédicateur, il fit régner une terreur morale sur la ville et fut la cause de la disparition d’un grand nombre d’œuvres d’art notamment de Botticelli qui suivait ses préceptes à la lettre et brûla une partie de son travail. Les portraits aux couleurs sombres de la première salle soulignent bien l’austérité et la gravité  imposées par Savonarole.

savonarola_imagePortrait de Savonarole-Fra Bartolomeo-1498

La deuxième salle montre que le portrait servait de propagande et était porteur d’un projet politique. C’est le moment d’un bref retour de la famille Médicis à la tête de la ville, elle cherche à glorifier ses ancêtres, son passé par des portraits et particulièrement de personnages héroïques, en armure. La famille ne revient véritablement qu’en 1530 (en 1527, une deuxième République est instaurée) avec Alexandre puis Cosme Ier qui aura besoin du portrait pour asseoir son autorité. Il est en effet issu d’une branche secondaire de la famille.

06_-_salviati_-_portrait_de_jean_des_bandes_noiresPortrait de Jean des Bandes Noires (père de Cosme)-Salviati-1546-48

La suite de l’exposition montre la mise en place d’une cour et du développement de riches portraits d’apparat.  Ils sont également le moyen d’affirmer la dynastie avec des portraits des héritiers. Le peintre emblématique de cette période est Bronzino qui réalise de nombreux portraits de Cosme, de sa femme et de leurs enfants. Ces portraits affirment le pouvoir et l’essor du Grand Duché de Toscane.  Les portraits témoignent également de la volonté de mécène de Cosme et de la culture raffinée de sa cour. Cosme fut mécène des académies des belles-lettres et fondateur avec Vasari de l’Académie des arts et du dessin. Sont présents dans l’exposition, deux portraits inspirés par les poèmes de Pétrarque et plusieurs de musiciens (de luth principalement).

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La dernière salle est consacrée à de grands portraits officiels, des portraits d’état comme celui de Marie de Médicis par Santi di Tito. Ces portraits sont plus tardifs, ils datent de la fin du 16ème/début 17ème siècle. Ils n’ont plus rien de maniériste et se tournent vers le naturalisme, l’allégorie. Beaucoup plus froids, hiératiques et impersonnels, ces grands portraits ont l’avantage de montrer l’originalité, la fantaisie  du maniérisme à défaut de plaire à l’œil.

Même si je suis restée quelque peu sur ma faim, « Portraits à la cour des Médicis » a le mérite de mettre en lumière un mouvement artistique peu connu en France et donne à voir les différentes significations que pouvait avoir le portrait au 16ème siècle.

Challenge Lart dans tous ses états 2015