Bilan livresque et films de mars

mars

Le mois de mars m’aura offert une belle pépite, un OLNI : « Le séducteur » de Jan Kjaerstad que je vous encourage vivement à ouvrir. Malheureusement, il faudra être très, très patient pour découvrir la suite qui n’est pas encore traduite. J’ai renoué avec le roman noir grâce à l’excellent « 911 » de Shannon Burke sélectionné pour le Prix du polar SNCF, avec Péneloppe Bagieu et le premier tome de sa bande-dessinée féministe, avec la charmante et drôle Agatha Raisin, avec mon cher Jérôme Attal dont je vous parle très rapidement et avec Irène Nemirovsky et son grinçant « Bal ».

Une belle moisson de films pour ce mois de mars :

Mes coups de cœur :

Un saut dans une piscine pas assez remplie fait basculer la vie de Ben qui se retrouve « tétraplégique incomplet ». On le suit de son réveil à l’hôpital au centre de rééducation. Fort heureusement, Ben va recouvrir petit à petit de la mobilité. Mais lui, qui rêvait de s’inscrire en STAPS, devra dire adieu à ses ambitions sportives. Ben c’est bien entendu Fabien Marsaud alias Grand Corps Malade. Le film est tiré de son livre. « Patients » sonne extrêmement juste. Grand Corps Malade et Mehdi Idir réussissent à éviter l’apitoiement, le voyeurisme et le mièvre. Mieux, ils nous font rire de l’infortune de cette bande de jeunes handicapés. La vanne est monnaie courante, chacun n’hésitant pas à chambrer les copains. « Patients » est un film d’une grande humanité qui rend également hommage au personnel médical qui accompagne au quotidien ces accidentés de la vie.

A Santa Barbara, en 1979, Dorothea éprouve des difficultés à élever son fils, Jamie, qui a 14 ans. Elle l’a eu tard, a maintenant la cinquantaine et est divorcée. Son fils lui reproche de se complaire dans sa solitude. Dorothea ne vit pourtant pas tout à fait seule, elle loue des chambres dans sa maison en rénovation : Abbie, une artiste trentenaire atteinte d’un cancer, William, l’homme à tout faire encore hippie. Il y aussi Julie, une voisine qui s’incruste régulièrement. Dorothea va demander à tout ce petit monde de l’aider à élever Jamie. « 20th century women » est le récit d’un changement d’époque, fini l’insouciance des années 70, le libéralisme va bientôt s’installer. C’est surtout un magnifique portrait de femme, Dorothea, qui est aussi émouvante qu’agaçante, aussi permissive que strict. Une femme complexe qui tente de donner la meilleure éducation possible à son fils et qui est magnifiquement interprétée par Annette Bening. Tout le casting est d’ailleurs parfait, les acteurs incarnent avec justesse ce patchwork de personnalités.

Et sinon :

  • Citoyen d’honneur de Mariano Cohn et Gaston Duprat : Le romancier Daniel Mantovani reçoit le prix Nobel. Son discours de remerciements n’en est pas vraiment un puisqu’il regrette ce qui prix qui signifie qu’il est devenu académique et respectable. Pour essayer de retrouver les origines de son écriture, il décide de retourner dans son village natal en Argentine où il n’avait pas remis les pieds depuis quarante ans. Son village compte célébrer dignement le retour de l’enfant prodigue. Rapidement, on comprend pourquoi Daniel n’était jamais revenu. Le village semble peuplé de personnages grotesques, hargneux et jaloux qui reprochent à l’écrivain sa réussite mais aussi les livres qu’il a écrit sur son village natal. Entre drôlerie et cruauté, le voyage de Daniel finit par tourner au cauchemar et au règlement de compte.
  • L’autre côté de l’espoir de Aki Kaurismäki : Deux destins se croisent dans le dernier film d’Aki Kaurismäki : Khaled qui fuit la Syrie et les bombardements d’Alep et Wikström qui fuit sa femme et sa vie de vrp de chemises. Tous deux reprennent tout à zéro. Khaled demande le droit d’asile à la Finlande. Wikström rachète un restaurant. C’est là que les deux hommes vont se côtoyer. On retrouve avec plaisir le charme rétro de l’univers de Kaurismäki, son humour pince-sans-rire, son économie dans les dialogues, le burlesque et son amour pour les vieux rockeurs finlandais. Ce qui est au centre de « L’autre côté de l’espoir », c’est l’humanité et l’entre-aide. La terrible situation de Khaled est balayée d’un revers de main par l’administration, il est impossible d’accueillir tous les réfugiés et c’est bien l’altruisme qui peut encore nous donner de l’espoir.
  • Chez nous de Lucas Belvaux : Pauline est infirmière dans le nord de la France , près de Lens. Son quotidien se déroule dans la précarité, la solitude de ceux qu’elle soigne à domicile. A l’approche de l’élection locale, Pauline est approchée par l’ancien médecin de la ville. Ce dernier lui propose de se présenter sous les couleurs du Bloc Patriotique, le parti populiste. Le film de Lucas Belvaux démonte les fonctionnements de l’adhésion à ce type de parti. Les mécanismes sont bien visibles, compréhensibles. Ils le sont peut-être un peu trop. Le côté pédagogique enlève du romanesque au film. Il n’en reste pas moins que « Chez nous » est un film nécessaire surtout au vue des différents sondages annonçant les résultats du premier tour de l’élection présidentielle.
  • Rock’n’roll de Guillaume Canet : Guillaume Canet se pose des questions sur son âge et sa vie tranquille après que sa nouvelle partenaire de tournage lui ait avoué qu’elle le trouvait plutôt dépassé et pas du tout rock’n’roll. L’acteur remet alors toute sa vie en question et commence à ausculter ses rides avec fièvre. Il fallait oser réaliser un film aussi proche de son quotidien où l’on se traite avec autant de férocité. Guillaume Canet se malmène, n’a pas peur du ridicule et n’hésite pas à nous faire rire à ses dépends. Il fustige cette mode de la jeunesse qui nous culpabilise tous lorsqu’une ride ou un cheveu blanc apparaissent. Marion Cotillard est extrêmement drôle dans son rôle d’actrice obsessionnelle et perfectionniste. Le seul défaut du film est que Guillaume Canet semble avoir du mal à l’achever, la fin possède certaines longueurs qui gâchent un peu le reste du film.
  • Le secret de la chambre noire de Kiyoshi Kurosawa : Jean arrive dans une grande maison de la banlieue parisienne. Il s’agit de son nouveau lieu de travail. Il doit seconder Stéphane, un photographe de mode. Celui-ci réalise également des portraits, inspirés du 19ème siècle, grandeur nature en daguerréotype mais uniquement de sa fille Marie. La photo parfaite demande de très longs et harassants temps poses. Une atmosphère inquiétante et mystérieuse entoure le père et la fille. L’ambiance spectrale est sans doute la plus grande réussite du film. Ce qui ne se voit pas est ce qui effraie le plus et Kiyoshi Kurosawa maitrise cela à la perfection. Mais le film est trop long (2h10), beaucoup trop long et on se lasse de cette histoire de fantômes qui n’en finit pas. De même, l’idée des portraits grandeur nature était très belle mais elle ne me semble pas être exploitée jusqu’au bout.

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Bilan livresque et films de février

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Un mois de lecture qui fut bien rempli avec le formidable nouveau roman de Tanguy Viel, la découverte de deux auteurs italiens (Vitaliano Brancati et Marco Balzano) et de deux jeunes auteures françaises dont je vous reparle vite (Blandine Rinkel et Julia Kerninon), mon cher et malicieux Donald Westlake était également au rendez-vous ainsi que deux de mes auteurs favoris : Henry James et Virginia Woolf vue par Léonard.

Beaucoup de films très intéressants et originaux mais finalement un seul coup de cœur :

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Buster Moon doit sauver le théâtre que son père lui avait offert. Il a dédié sa vie à la scène et est prêt à tout pour continuer. Il a alors l’idée d’un grand concours de chant pour trouver de nouveaux talents et monter un spectacle qui le sauvera de la ruine. La scène du casting est bien entendu drôlissime puisque le spires numéros défilent. Heureusement pour Buster, certains ont un talent fou : une jeune porc-épic rock’n’roll, un gorille fatigué de jouer les cambrioleur dans la bande de son père, une maman cochon qui veut être plus qu’une mère au foyer, une souris talentueuse et arrogante et surtout une éléphante adolescente et timide (je vous laisse faire la connaissance de Gunther, le deuxième cochon de la bande dont les prestations valent le détour !). Les personnages sont attachants, drôles. Le film est rythmé, enjoué et on s’y amuse beaucoup.

Et sinon :

  • Compte tes blessures de Morgan Simon : Vincent est chanteur dans un groupe de rock post-hardcore. Son dernier tatouage représente sa mère et son père. Depuis le décès de la première, les relations père-fils sont plus que tendues. Vincent reproche à son père de toujours le rabaisser. Les choses se compliquent encore plus lorsque le père emmène sa toute jeune petite amie chez lui. « Compte tes blessures » est l’histoire d’une émancipation brutale. Le film est violent dans les sentiments et les situations qu’il montre. Un vrai complexe d’œdipe qui s’achèvera dans une scène surprenante et qui met le spectateur mal à l’aise. Le film doit évidemment beaucoup à ses deux acteurs principaux : le toujours formidable et talentueux Kevin Azaïs et Nathan Willcocks qui joue ce père incapable de gérer ses sentiments envers son fils.
  • Dans la forêt de Gilles Marchand : Benjamin et Tom sont invités à passer des vacances en Suède chez leur père qu’ils n’ont pas vu depuis un an. D’emblée, le père paraît étrange. Assez mutique, il révèle à Tom qu’il ne dort jamais. Sur un coup de tête, il décide d’emmener ses deux fils en forêt dans un maison abandonnée. Le site est splendide mais l’atmosphère devient de plus en plus tendue et électrique entre les trois membres de la famille. Gilles Marchand joue ici avec nos peurs d’enfants : peur des bruits de la forêt, du noir, des cauchemars. Son intrigue fleurte sans cesse avec le fantastique :  le père dit à Tom qu’il possède un don pour lire dans les pensées ; un homme au visage troué apparaît comme un ogre au jeune garçon. L’atmosphère inquiétante est parfaitement bien rendue avec peu d’effets. Il faut également souligner les formidables prestations de Jeremy Elkaïm, terrifiant père de famille au psychisme troublé, et des deux enfants qui l’accompagnent.
  • Nocturnal animals de Tom Ford : Susan est une riche galeriste de Los Angeles. Sa vie professionnelle semble l’ennuyer, son enthousiasme s’est éteint. Au niveau personnel, elle ne fait que croiser son mari qui fatalement la trompe. Susan reçoit alors le manuscrit du premier roman de son ex-mari dont elle critiquait le manque d’ambition. La vie de Susan et l’intrigue du roman s’entrecroisent à l’écran. Comme dans « A single man », l’esthétique de Tom Ford est extrêmement travaillée, glacée ce qui correspond parfaitement au personnage superbement interprété par Amy Adams. Le portrait de femme est terrible. Susan est cynique et froide. Mais la lecture du roman va terminer de la briser. Le film est parfaitement maîtrisé, le casting est impressionnant (Jake Gyllenhaal, Michael Shannon) mais j’aurais préféré qu’il existe plus de liens entre la vie d’Amy et l’intrigue du roman, un peu plus d’interdépendance entre les eux aurait rendu le film plus fort.
  • Jackie de Pablo Larrain : Le 22 novembre 1963, à Dallas, J.F. Kennedy est assassiné. Les images sont gravées à jamais dans l’imaginaire collectif comme celles de son enterrement à Washington. Ce que montre le film du chilien Pablo Larrain, c’est l’envers du décor de ces deux événements. Jackie Kennedy construit en quelques jours la légende de son mari, de son couple. Le réalisateur restitue à l’aide d’images d’archives, de flash-back ces heures décisives dans la vie de Jackie. Natalie Portman interprète Jackie Kennedy, elle est de tous les plans, on ne la lâche pas une seconde. Sa prestation est étonnante et oscille sans cesse entre fragilité et force. Le film, peut-être un peu froid, montre bien la force des images et l’importance croissante de la communication en politique.

Bilan livresque et films de janvier

janvier

Des classiques de la littérature, des bandes dessinées, de la littérature jeunesse, des romans policiers, voilà une année 2017 qui débute sous de très bons auspices ! Ma PAL est au beau fixe, elle n’avait pas été aussi dodue depuis longtemps ! Je ne prendrai pas de bonnes résolutions, ne m’imposerai pas de défi pour la faire baisser, il semble que tout cela n’est pas beaucoup d’effet…Mais ce n’est pas pour autant que l’augmentation doit continuer !

L’année cinématographique commence également très bien :

Mes coups de cœur :

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Après le formidable « Whiplash », Damien Chazelle s’essaie à la comédie musicale. Dans son dernier film, il rend hommage à l’âge d’or des comédies musicales américaines mais également à Jacques Demy (ce qui est très visible dans la scène d’ouverture qui évoque celle des « Demoiselles de Rochefort »). A Los Angeles, Mia (Emma Stone) et Seb (Ryan Gosling) voient leur vocation contrariée. La jeune femme est serveuse en attendant d’être repérée dans un casting. Seb est musicien de jazz, un puriste qui est incapable de jouer autre chose et qui se fait renvoyer systématiquement des clubs où il travaille. Il voudrait créer son propre club. Les deux vont se croiser, se disputer, s’aimer et s’éloigner. Le film de Damien Chazelle est un véritable tourbillon de couleurs, de chants et de musique.  Mais le jeune réalisateur n’en oublie pas la mélancolie, la désillusion que l’on trouvait chez Jacques Demy. Emma Stone et Ryan Gosling sont époustouflants et fragiles. Je suis ressortie enchantée de la projection.

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Restons dans la musique et le jazz avec ce biopic consacré au trompettiste Chet Baker. Los Angeles, 1966, Chet Baker se fait broyer la mâchoire par son dealer à qui il doit énormément d’argent. Grâce à l’amour d’une actrice, Chet réapprend à jouer de la trompette malgré son dentier, malgré la douleur. C’est le moment de sa résurrection, son obstination et son abstinence lui permettent de rejouer et d’enregistrer un disque. Mais il est loin du niveau qu’il voudrait atteindre, celui de Miles Davis ou de Dizzy Gillespie qu’il a vus jouer au Birdland de New York. Ethan Hawke est de tous les plans, il ne quitte jamais l’écran et il est habité par son rôle. Il sait rendre à merveille la fragilité, la fébrilité de cet homme qui semble être un ange déchu, cramé. Chet Baker sans l’héroïne, est-il toujours Chet Baker ? C’est la question qui lui revient sans cesse en tête.

Et sinon :

  • Paterson de Jim Jarmusch : Paterson (Adam Driver) est conducteur de bus à…Paterson ! Il est également poète. Il prend sans cesse des notes, écrit en vers libres sur son quotidien, sur ce qui l’entoure. Il est marié à Laura (Golshifteh Farahani) qui ne travaille pas mais passe ses journées à créer de nouveaux imprimés (en noir et blanc uniquement), de nouveaux cupcakes. Elle est prise par une frénésie de créativité qui la pousse également à apprendre la guitare. Il y a aussi Marvin, le bouledogue anglais, bourru et envahissant qui se dispute les attentions de Laura avec Paterson. Jarmusch nous montre une semaine dans la vie de ce couple, c’est lent, c’est beau comme un poème. Ce sont les infimes variations qui intéressent le réalisateur, les petits riens du quotidiens qui peuvent être sublimés dans une oeuvre d’art. « Paterson » est un film intemporel, doux et méditatif comme son personnage central.
  •  Ouvert la nuit de Edouard Baer : Luigi (Edouard Baer) dirige un théâtre à côté des Champs Elysées. L’argent manque, les techniciens décident de faire grève tant qu’ils n’auront pas été payés. Luigi va devoir aller quémander de l’argent mais également trouver un singe pour jouer dans la pièce de son metteur en scène japonais. C’est alors une véritable traversée de Paris que va effectuer Luigi accompagné d’une stagiaire du théâtre (Sabrina Ouazani). Ce film est à l’image des spectacles d’Edouard Baer : barré, foutraque, débordant d’énergie et d’humour. C’est un hymne à la vie en troupe (on retrouve d’ailleurs celle des spectacles), au hasard des rencontres, à la vie la nuit et à Paris. Le charme et le grain de folie d’Edouard Baer séduisent et nous emportent.
  • Neruda de Pablo Larrain : A la fin des années 40, Pablo Neruda (Luis Gnecco) est jugé comme traître par le gouvernement populiste en place au Chili. Il doit fuir. A ses trousses est lancé un policier étrange et fantasque (Gael Garcia Bernal). Pablo Larrain recrée la fuite du poète communiste de manière poétique et c’est bien un hommage à l’imaginaire de Neruda qui est rendu à travers ce film. Le poète se montre capricieux, jouisseur invétéré mais son charisme l’emporte toujours. Même si le projet est intéressant, je dois avouer être restée en dehors du film.

Bilan livresque et films de novembre

novembre

Novembre a été pourvoyeur de bonnes voire d’excellentes lectures. Sous les feuilles de l’automne, j’ai déniché une formidable odyssée de lapins qui est devenu un grand coup de cœur. Je réitère donc ici mon conseil : lisez « Watership down » ! Grâce au blogoclub de Sylire, j’ai enfin découvert un roman dont j’avais lu beaucoup d’excellentes critiques : « L’amie prodigieuse » de Elena Ferrante et je me joins au concert de louanges de mes petits camarades de la blogosphère. A venir, mes avis sur « Une autre saison comme le printemps » de Pierre Pelot qui a été réédité chez les éditions Héloïse d’Ormesson et sur « Les vies de papier » de Rabih Alameddine qui a reçu le prix Femina étranger.

Les films de novembre furent également de très hautes tenues et j’ai eu du mal à choisir mes coups de cœur :

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Daniel Blake est un charpentier veuf à Newcastle. Après une crise cardiaque, les médecins lui interdisent de travailler. Mais la plateforme de sécurité sociale locale n’est pas du même avis. Après un questionnaire ubuesque, Daniel est reconnu apte au travail et il ne peut toucher de pension d’invalidité. Il va donc essayer de toucher le chômage en prouvant qu’il cherche un travail qu’il ne pourra pas exercer vu son état de santé. Au pôle emploi, il rencontre Katie, une mère de famille tout aussi démunie devant le système et qu’il va tenter d’aider. Depuis toujours Ken Loach s’attache à montrer le quotidien des plus démunis, de la classe ouvrière si méprisée et oubliée. Ce dernier film m’a semblé beaucoup plus amer que les autres, il sonne presque comme un constat d’échec : rien ne bouge, pire la situation s’aggrave. Daniel et Katie sont confrontés à un système toujours plus absurde et déshumanisé. L’humour et l’entre-aide sont toujours présents mais c’est la noirceur qui l’emporte. La misère sociale s’aggrave, la scène de la banque alimentaire en est un exemple terrible. Ken Loach est en colère et il a effectivement toutes les raisons de l’être. Encore une fois, son scénario est servi par de formidables acteurs : Hayley Squires et Dave Johns qui est un acteur comique réputé en Angleterre.

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Louise rate le dernier train de la saison et est obligé de rester en bord de mer où elle possède une maison. La ville s’est entièrement vidée et la voilà totalement seule. Elle espère au début que les autres habitants vont penser à elle et revenir la chercher. Mais non, elle est bel et bien seule. Au bout d’un certain temps, elle décide de se construire une petite bicoque en bord de mer. Elle y trouve un chien qu’elle appelle Pépère et qui devient le compagnon de ses balades quotidiennes. Louise explore son bord de mer, fait ses courses aux Galeries Lafayette, fait pousser un potager et repense à ses souvenirs d’enfance. Louise profite du calme, de la solitude. Ce film est un bonheur de délicatesse, de douceur rendue par un dessin pastel magnifique. Louise vit comme Robinson Crusoé, elle est totalement libre. Elle est nostalgique, joyeuse, curieuse et facétieuse. Louise se laisse porter par les flots, par les souvenirs, par ses forces. Et c’est un réel plaisir de la voir évoluer sur l’écran.

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Icare, surnommé Courgette, vit avec sa mère qui passe son temps à boire de la bière et à s’abrutir devant la télévision. Cette dernière fait une terrible chute dans l’escalier et Courgette devient orphelin. Il atterrit dans un foyer où d’autres enfants ont connu également des débuts difficiles dans la vie. Courgette y apprendra que les copains peuvent aussi former une famille. Ce charmant film d’animation a été réalisé en stop motion durant deux ans. Le scénario est de Céline Sciamma qui s’intéresse beaucoup à l’enfance et en parle merveilleusement bien. A travers ces marionnettes, elle parle de violences, de maltraitances, d’abandon. Mais le film n’est absolument pas sombre ou glauque. C’est l’optimisme qui domine, les enfants montrent leur capacité de résilience et les pouvoirs réparateurs de l’amitié. « Ma vie de Courgette » est un film très tendre et très attachant.

Et sinon :

  • Captain fantastic de Matt Ross : Ben vit avec ses six enfants dans une cabane au milieu des bois. Les enfants apprennent à se battre, à chasser, à cultiver des plantes mais ils reçoivent également une éducation scolaire poussée. Cette vie en autarcie, loin de la société de consommation dénoncée par leur père, est brusquement interrompue par la mort de leur mère qui était hospitalisée en raison de sa bipolarité. La famille va devoir confronter ses principes à ceux du reste de la famille et découvrir un monde consumériste bien loin de leurs habitudes. Le film pose la question des convictions, de l’idéalisme et de la manière dont cela se répercute sur les enfants. Viggo Mortensen est absolument sensationnel (comme d’habitude me direz-vous !) dans le rôle de ce père qui rêve d’un monde meilleur et plus authentique pour ses enfants.
  • Sing Street de John Carney : Conor vit à Dublin. Ses parents ne s’entendent plus, ils ont des problèmes d’argent. Conor est obligé de changer de lycée et a du mal à s’y adapter. En face de son nouvel établissement, il croise la route d’une charmante jeune femme, tout juste plus âgée que lui. Il en tombe amoureux et pour la séduire il décide de monter un groupe de rock. « Sing street » est un récit initiatique fort sympathique, plein d’énergie et plein d’humour (les changements de style vestimentaire du groupe sont cocasses ; le grand frère de Conor est une sorte de Tanguy ébouriffé et passionné de musique). La fin est un peu mièvre mais dans l’ensemble c’est un petit film tout à fait divertissant.
  • Tour de France de Rachid Djaïdani : Farouk, un jeune rappeur parisien, se retrouve en conflit avec un concurrent. Ce dernier utilise plus facilement les armes que les mots et Farouk est obligé de se faire oublier. Pour ce faire, il devient le chauffeur de Serge, le père de son producteur. Serge est un ancien ouvrier, bourru et raciste. Il est devenu peintre du dimanche et souhaite faire le tour des ports de France pour reproduire les tableaux de Joseph Vernet. Les premiers temps sont électriques, tendus. Mais au fur et à mesure du voyage les opposés se découvrent, se rapprochent. L’idée du film est simple : si l’on apprend à se connaître, les barrières tombent et le racisme s’efface. C’est sans doute un peu naïf mais un peu d’optimisme et de générosité ça ne fait pas de mal ! Gérard Depardieu est égal à lui-même, un ogre qui dévore l’écran, mais face à lui le rappeur Sadek fait le poids. Le film de Rachid Djaïdani est un peu répétitif mais il est surtout bourré d’humanisme.

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Bilan livresque et films de septembre

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Et voici un mois américain qui se termine, il aura passé bien vite et il me reste beaucoup de billets à découvrir. A un jour près, j’ai tenu ma liste de lectures : 9 romans lus durant ce mois de septembre et de bien belles lectures. S’il ne fallait en garder que trois, je choisirais : « Derniers feux sur Sunset » de Stewart O’Nan, « Peyton Place » de Grace Metallious et « Prête à tout » de Joyce Maynard. Mais le choix est difficile car je me suis vraiment régalée et je n’ai été déçue par aucun des romans que j’ai lus pour ce mois américain. Cette année encore, j’ai été enchantée d’assister au Festival America de Vincennes qui n’a fait qu’augmenter ma wish list ! Merci à tous les participants pour leurs nombreux billets et leur enthousiasme, je vous retrouve l’année prochaine pour notre voyage de l’autre côté de l’Atlantique !

Décidément le mois de septembre fut réjouissant au niveau culturel avec quatre très bons films vus :

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Deux frères décident de braquer des banques suite au décès de leur mère. Ils doivent rembourser le prêt énorme que celle-ci avait contracté pour sa ferme. La dette étant due aux banques autant régler la note en les cambriolant, c’est ainsi que le plus jeune frère décide son aîné qui vient de sortir de prison. A leur poursuite, deux Texas rangers dont l’un va bientôt prendre sa retraite. Deux duos d’hommes, deux amitiés viriles se développent en parallèle durant le film. Les quatre personnages sont extrêmement attachants, poignants tant ils semblent totalement égarés et las. Les deux frères sont à l’image de ce fin fond du Texas qui croule sous les dettes et se désertifie. Il ne semble plus y avoir que des banques et un diner improbable dans les patelins paumés traversés par les quatre hommes. Le scénario est parfaitement écrit, il nous tient en haleine durant tout ce western atypique. Les acteurs sont impeccables avec une mention spéciale à Chris Pine qui mériterait plus de rôles de cet acabit et au toujours formidable Jeff Bridges.

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En 1919 en Allemagne, la jeune Anna vient fleurir tous les jours la tombe de son mari Frantz, tombé au front. Elle vit avec ses beaux-parents qui ont bien du mal à se remettre du décès de leur fils. Un jour, Anna découvre un jeune homme en pleurs devant la tombe de Frantz. Celui-ci se présente comme un ami du défunt. Anna réussit à le faire inviter chez ses beaux-parents. Le jeune français prénommé Adrien leur délivre ses souvenirs de Frantz. Adrien et Anna rêvent de changer leurs vies : le passé pour l’un, l’avenir pour l’autre. Chacun compte sur l’autre pour le faire. Ces deux solitudes, ces deux désespoirs ont besoin de l’autre pour évoluer, pour s’évader. François Ozon montre bien l’ambiance délétère, le deuil infini qui suivent la première Guerre Mondiale. L’amertume, la haine de l’ennemi sont sur toutes les lèvres. Les pères pleurent les fils qu’ils ont envoyés au front. Pour montrer le contraste entre les aspirations d’Anna et d’Adrien et la tristesse du quotidien, François Ozon fait un choix esthétique très réussi. Le film est en noir et blanc et il se colore lorsque sont évoqués les souvenirs, les moments heureux qui redonnent vie à chacun. Le film est tout en délicatesse, en douleurs rentrées, en doux lyrisme et je tiens à souligner le parfait duo d’acteurs : Pierre Niney et Paula Beer que l’on découvre et qui est infiniment touchante.

Et sinon :

  • Le fils de Jean de Philippe Lioret : Mathieu apprend à 33 ans la mort de son père qu’il n’a jamais connu. Celui-ci était québecois, médecin et avait deux autres fils. Mathieu décide de partir au Canada pour l’enterrement et rencontrer ses frères. Il est accueilli par le meilleur ami de son père qui lui demande de garder le secret sur ses origines afin de ne pas bouleverser sa nouvelle famille. Ce qui intéresse Philippe Lioret, film après film, c’est l’humain et ses émotions. Son cinéma est simple, sans effet fracassant mais il construit son travail avec beaucoup d’empathie, de finesse et de douceur. Le réalisateur ne verse jamais dans la mièvrerie, dans les larmes ou la sensiblerie. Il est au plus près de ses personnage, de ses acteurs avec simplicité et pudeur.  Un très joli film sur les liens familiaux.
  • Victoria de Justine Triet : Victoria est avocate, mère célibataire de deux enfants et totalement dépassée par les évènements. Tout se complique lorsqu’elle doit défendre un ami accusé d’avoir agressé sa femme. Elle croise également la route de Sam qu’elle avait défendu lorsqu’il était dealer.  Ce dernier lui demande conseil pour devenir avocat et finit par s’installer chez elle et lui sert de baby-sitter. « Victoria » est une comédie qui va à cent à l’heure comme la vie mouvementée de son héroïne qui mélange personnel et professionnel et finit par s’y perdre. Victoria n’arrive plus à tout gérer, sa belle maîtrise se fendille au fur et à mesure. C’est dynamique, excessif, fantaisiste et porté par une Virginie Efira parfaite entre confiance de soi et faiblesses.

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Bilan livresque et films d’août

Août

Un mois d’août qui se tourne déjà vers le mois américain et qui ne comporte aucune fausse note. La série de livres de qualité continue et je me régale !

Deux très jolis films durant ce mois d’août :

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Marie et Boris se séparent. En attendant que Boris ait les moyens de se reloger, il vit toujours dans leur maison avec Marie et leurs jumelles. Les parents ont institué des règles sur les soirées passées avec les filles, sur la division du frigo, sur les achats faits aux enfants.  Mais comment réussir à faire une garde partagée lorsque l’on vit sous le même toit ? Et la situation ne sera réglée que lorsque Boris aura obtenu la moitié du prix de la maison ce que Marie lui refuse. Celle-ci, d’un milieu aisé, a apporté les fonds pour acquérir la maison mais Boris y a fait de nombreux travaux ce qui pour lui a autant de valeur. Joachim Lafosse piège ses personnages dans un huis-clos, on ne sort quasiment pas de la maison au cœur des disputes du couple. Le délitement du couple de Marie et Boris passe par des discussions d’argent mais c’est la place de chacun dans le couple qui est véritablement interrogée mais aussi le sens des responsabilités de chacun face aux enfants. Bérénice Béjo et Cédric Kahn incarnent à la perfection ce couple à la dérive et sont l’un des grands intérêt de ce film. Moins réussi que « A perdre la raison », Joachim Lafosse excelle néanmoins encore dans ce film à explorer les failles, les points de rupture.

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Après avoir fui son pays en 1934 et vécu à Londres, Stephan Zweig arrive au Brésil en 1936. Il y est accueilli en grandes pompes avec sa deuxième femme Lotte. La réputation de l’écrivain est immense et il sera invité à différents endroits du pays pour faire des conférences. Il va également à New York en 1941 où il retrouve sa première femme et quelques amis. Il finit par s’installer à Petropolis où il fêtera ses 60 ans, son tout dernier anniversaire avant son suicide en février 1942. Maria Schrader, la réalisatrice, choisit de nous montrer quatre moments de l’exil de Stephan Zweig, quatre chapitres où l’on voit l’auteur épuisé, à bout de force. Le Brésil ne pouvait l’accueillir mieux, l’auteur l’appelle le pays de l’avenir mais on sent qu’il est resté là-bas en Europe. La scène de la découverte des corps de l’écrivain et de sa femme, tout en jeu de miroirs,  est admirable d’émotion et de délicatesse. Josef Hader incarne l’écrivain avec une mélancolique prégnante, un détachement saisissant.

Et sinon :

  •  Guibord s’en va-t-en guerre de Philippe Falardeau : Le Canada doit-il rentrer en guerre au Moyen Orient ? Le parlement doit en décider et suite à la défection de l’un de ses membres, la décision finale revient à un élu d’une petite province et ancien joueur de hockey : Guibord. Il décide d’organiser un referendum auprès de ses administrés.  Il sera aidé par Souverain, un  nouveau stagiaire venu d’Haïti. Le pauvre Guibord voit rapidement le débat national se perdre dans les intérêts locaux de chacun. Lui-même n’est pas complètement au clair sur la décision à prendre. Le film de Philippe Falardeau est une comédie caustique sur les enjeux du pouvoir, la corruption, la complexité du système politique canadien. Le film est rythmé et porté par Patrick Huard au mieux de son talent comique.
  • Florence Foster Jenkins de Stephen Frears : Florence Foster Jenkins ne sait pas chanter, c’est même la plus piètre des cantatrices. Et pourtant elle organise des récitals et va même se produire à Carnegie Hall. La musique est la passion de sa vie. Le biopic de Stephen Frears observe les dernières années de la vie de ce personnage qui avait également inspiré Xavier Giannoli pour « Marguerite ». Beaucoup plus sage et classique que le film du français, le film de Stephen Frears est néanmoins plaisant à regarder. Cela est essentiellement du aux deux hommes qui entourent la cantatrice : son mari magistralement interprété par Hugh Grant qui allie sens du comique et émotion et son pianiste qui révèle le talent de Simon Helberg. Tous les deux volent sans conteste la vedette à Meryl Streep.
  • Moka de Frédéric Mermoud : Diane a perdu son fils qui a été renversé par une voiture. Depuis, elle n’a qu’une idée en tête : retrouver le chauffard qui abandonna son enfant au bord de la route. Rien à reprocher aux deux actrices en tête d’affiche, Emmanuelle Devos et Nathalie Baye sont comme toujours parfaites. C’est d’ailleurs leurs prestations qui nous tiennent pendant le film car pour un thriller, « Moka » manque singulièrement de suspens. Le film manque de rythme et la dernière scène lacrymale au possible aurait pu être évité. Pas désagréable mais néanmoins pas indispensable.

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Bilan livresque et films de juillet

Juillet

Comme le nombre de livres lus vous le fait présager, juillet était mon mois de vacances ! Treize livres lus et une seule vraie déception dont je vous ai déjà parlé : « L’été avant la guerre » de Helen Simonson. De très, très belles lectures et un coup de cœur dont je vais vous reparler rapidement, cette PAL estivale a comblé tous mes espoirs.

Un gros coup de cœur également au niveau cinématographique :

aquatique

Samir tombe sous le charme de la bourrue et grande gueule Agathe dans un bar. Pour reprendre contact avec elle, il s’inscrit pour prendre des cours de natation à Montreuil où elle est maitre-nageuse. Samir sait bien entendu parfaitement nager ce qu’Agathe finira malheureusement par découvrir. Ce film posthume de Solveig Anspach est un véritable bonheur. Le film est très drôle (notamment les scènes dans la piscine de Montreuil ou l’arrivée de Samir au congrès international des maitre-nageurs en Islande), tendre, délicat et absolument délicieux. Samir Guesmi et Florence Loiret Caille sont parfaits, il y a une alchimie visible entre eux. Ils étaient d’ailleurs tous les deux présents dans un film précédent de la réalisatrice « Queen of Montreuil ». C’est un film plein de charme et de légèreté que nous laisse en cadeau la réalisatrice, il est teinté également de tristesse lorsque l’on voit Solveig Anspach dans une scène à la piscine. Sa douceur et sa loufoquerie toute islandaise vont me manquer.

Et sinon :

  • « Irréprochable » de Sébastien Marnier : Constance est forcée de quitter Paris après son licenciement. Il revient contrainte et forcée habiter chez sa mère qui est à l’hôpital. Elle cherche à reprendre sa ancien travail dans l’agence immobilière locale. Mais le poste est attribué à une jeune femme. Constance décide de la côtoyer et de paver son chemin d’embûches. Ce premier film est vraiment très prometteur. D’une situation sociale catastrophique, Sébastien Marnier tire un thriller à l’ambiance parfaitement inquiétante et menaçante. Le malaise est tenu durant tout le film et au fur et à mesure que l’on comprend la véritable nature de Constance. Il faut saluer la prestation de Marina Foïs qui porte magistralement toute l’ambiguïté de son personnage.
  • « La tortue rouge » de Michaël Dudok de Wit : Un homme tente de se sauver de la noyade après une tempête et s’échoue sur une île. Il l’explore, la découvre et il semble bien que celle-ci soit totalement déserte. L’homme se construit un radeau mais une fois sur l’eau un mystérieux assaillant le fait couler. Cela se reproduit plusieurs fois sans que l’homme ne puisse voir qui l’attaque. Un jour, il découvre enfin celle qui l’empêche de partir : une énorme tortue rouge. De colère, l’homme la frappe, la retourne et l’abandonne à son triste sort. Lorsqu’il revient la voir, la tortue s’est changée en femme. Ce beau dessin-animé montre paisiblement, simplement le cycle de la vie. C’est un conte contemplatif qui évoque les réalisations des studios Gibli mais qui n’a pas résonné en moi comme ont pu le faire « Princesse Mononoké » ou « Le voyage de Chihiro ».
  • « Genius » de Michael Grandage : Le film raconte la relation entre Tom Wolfe et son éditeur Maxwell Perkins. Le premier sait qu’il a du succès et ne vit que pour l’écriture. Il amène à son éditeur des manuscrits de 5000 pages que celui-ci se doit d’élaguer pour la publication. Leurs relations se font alors passionnées, tourmentées et excessives. L’idée de montrer l’envers du décor de la publication d’un livre était très intéressante. Mais le traitement très hollywoodien et mélodramatique la gâche totalement. Rien à reprocher à Colin Firth qui interprète avec sobriété Maxwell Perkins. Je n’en dirais pas autant de Jude Law qui semble en roue libre sans direction d’acteur et n’est pas vraiment habité par le rôle. J’aurais aimé en revanche voir plus longuement Guy Pearce dans le rôle de Fitzgerald et Dominic West dans celui de Hemingway qui sont, en peu de scènes (une seule pour le pauvre Dominic West), parfaitement crédibles. Enfin, le film aurait mérité, comme les manuscrits de Tom Wolfe, d’une bonne coup d’une demi-heure !