Bilan livresque et films de septembre

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Peu de livres en ce mois de septembre : quatre seulement mais tous les quatre de très haute tenue :

Cassandra au mariage de Dorothy Baker qui évoque, de façon originale et psychologique, le destin de jumelles dont l’une se marie ;

-Je m’appelle Lucy Barton de Elizabeth Strout, un roman touchant, délicat et sobre qui parle d’une renaissance grâce aux pouvoirs de l’écriture ;

Les douze tribus d’Hattie d’Ayana Mathis, premier roman marquant et bluffant qui raconte l’histoire d’une femme noire au travers du destin de ses enfants ;

-Le chemin des âmes de Joseph Boyden qui entrecroise formidablement l’histoire de la famille Bird et celle de son dernier descendant, Xavier, indien Cree engagé dans la première guerre mondiale aux côtés des troupes canadiennes.

Ces quatre romans ont conclu magnifiquement mon mois américain et je remercie les nombreux participants qui se sont encore une fois enthousiasmés pour la littérature américaine.

Le mois de septembre fut très riche en films :

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Un réalisateur réalise un film consacré à Barbara. On suit la réalisation des scènes, l’actrice qui travaille son personnage, répète les chansons. Mathieu Amalric ne réalise pas un simple biopic de Barbara. Son film ne présente pas de manière linéaire la vie de la dame en noir. Il s’agit plus ici d’une évocation, Barbara est une présence insaisissable tout au long du film. Mathieu Amalric mélange les images d’archive à son film de manière tellement intime que l’on a parfois du mal à distinguer Jeanne Balibar de Barbara. La vie de la chanteuse est évoquée par petite touches, Barbara est tour à tour attachante, fragile, autoritaire, drôle, fantasque et poétique. Je ne suis pas une spécialiste de Barbara mais j’ai été envoûtée par le film de Mathieu Amalric et l’incroyable incarnation de la troublante Jeanne Balibar. L’admiration de Amalric et Balibar est palpable mais elle n’étouffe jamais le film.

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Pierre a repris la ferme de ses parents et il s’occupe seul de ses vaches. Il n’a rien d’autre dans la vie que son exploitation, il lui donne tout son temps et toute son énergie. Pierre n’a pas de vie amoureuse et garde un contact lointain avec ses amis. La seule personne qui le côtoie régulièrement est sa sœur vétérinaire. Lorsqu’une de ses vaches semble avoir contracté les premiers symptômes d’une épidémie, Pierre est prêt a tout pour que son troupeau ne soit pas abattu. La thématique n’est peut-être pas tentante à première vue. Mais le réalisateur est lui-même fils d’éleveur et tout sonne juste dans son film. Ce dernier n’est d’ailleurs pas un pis-aller au documentaire, l’histoire de Pierre se transforme en véritable suspens. Sa volonté de protéger son troupeau se transforme en obsession, en véritable paranoïa. Les deux acteurs principaux sont remarquables : Sara Giraudeau qui interprète la sœur et Swann Arlaud qui captive le spectateur par sa présence inquiète et fiévreuse.

Et sinon :

-« The party » de Sally Porter : Janet a invité ses meilleurs amis pour fêter le plus grand moment de sa carrière : elle a été nommée ministre de la santé. La soirée, qui devait être joyeuse, se transforme vite en jeu de massacre. Les ressentiments, les angoisses et la violence remontent rapidement. Et une invitée brille par son absence : Marianne, l’assistante de Janet qui est tant appréciée et louée. Ce huis-clos est court, vif et imprégné d’ironie. Les dialogues sont ciselés et cruels. Et le film de Sally Porter est servi par une pléiade d’acteurs brillants et justes : Kristin Scott Thomas, Cillian Murphy, Timothy Spall, Bruno Ganz, etc… « The party » est un très réjouissant et réussi film noir.

-« Good time » de Josh et Benny Safdie : Connie sort de force son frère aîné de l’hôpital psychiatrique. A cours d’argent, Connie décident de braquer une banque avec l’aide de son frère. Malheureusement, le frère déficient se fait prendre par la police. Connie va tout mettre en oeuvre pour le sortir de prison. Le film est la cavalcade de Connie qui cherche à aider son frère mais aggrave leurs situations. On suit les péripéties du héros au plus près, caméra à l’épaule, musique électronique qui illustre la frénésie de ce que se passe à l’écran. Robert Pattinson excelle dans ce rôle de loser qui ne sait plus se sortir de ses problèmes et s’y enfonce.

-« Le redoutable » de Michel Hazanavicius : Jean-Luc Godard vient de tourner « La chinoise » et il est en couple avec Anne Wiazemsky. Le cinéaste est totalement absorbé par son maoisme et par mai 68, au point d’en oublier totalement sa jeune compagne. Il en devient jaloux jusqu’à l’obsession. Le film de Michel Hazanavicius réalise un pastiche, une fantaisie autour de Jean-Luc Godard. C’est sympathique, drôle mais un peu creux. Heureusement, regarder Louis Garrel incarner Godard est tout à fait réjouissant.

-« Gabriel et la montagne » de Fellipe Barbosa : Gabriel Buchmann, étudiant brésilien, a raté son entrée à Harvard. Pour se changer les idées, il décide de voyager à travers le monde en vivant au plus près des habitants. Le film reconstitue les soixante-dix derniers jours du jeune homme qui est mort d’hypothermie sur le mont Mulanje au Malawi. Fellipe Barbosa est l’ami d’enfance de Gabriel et il réalise un film à la forme originale. Gabriel et sa petite amie, qui le rejoint pendant un temps, sont joués par de véritables acteurs mais toutes les personnes, croisées par Gabriel, sont ceux-là même que le véritable Gabriel croisa. Nous sommes donc à la croisée du film et du documentaire qui se transforme en un bel hommage à un ami disparu. Gabriel est un personnage complexe, aussi agaçant que désarmant et on finit par s’attacher à lui  et à sa folle curiosité pour le monde.

-« Patti cakes » de Geremy Jasper : Patti est habité par flow endiablé. Elle se rêve en star du rap. Mais la réalité est beaucoup satisfaisante. Elle vit avec une mère alcoolique, une grand-mère malade et est serveuse dans un rade. Mais Patti peut toujours compter sur son meilleur ami pour lui remonter le moral. Elle fait également la connaissance d’un jeune musicien asocial. Les trois amis vont commencer à composer des chansons avec les paroles détonantes de Patti. « Patti cakes » est un feel good movie qui donne la parole aux perdants de l’Amérique, ceux qui n’ont aucune chance de réussir. Danielle Macdonald interprète une Patti survoltée et totalement sympathique.

 

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Bilan livresque et films d’août

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Ce mois d’août marque la fin des vacances mais il est également sous le signe du mois américain. Cinq livres à mon compteur qui seront tous chroniqués en septembre. Mes préférés sont « L’homme de la montagne » de Joyce Maynard, « Un travail comme un autre » de Virginia Reeves qui avait obtenu le prix Page des libraires l’année dernière et « Tribulations d’un précaire » de Iain Levison que la ministre du travail ferait bien de lire avant d’attaquer notre code du travail.

Trois films sortent du lot :

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Au début des années 90, Act up met en place des actions frappants l’opinion publique afin de faire sortir de l’ombre les malades du sida. Les réunions hebdomadaires servent à planifier et à débriefer ces actions. S’y rencontrent Thibault, le leader du mouvement, Sean, séropositif vindicatif et radical et Nathan, jeune homosexuel ayant échappé à la maladie. Sean et Nathan débutent une histoire d’amour sous le signe de la maladie. Leurs histoires personnelles se mélangent à la vie du collectif et c’est la grande force du film de savoir parfaitement entrelacer les deux. C’est un film politique qui montre tous les enjeux de la lutte d’Act Up pour la prévention et le traitement de la maladie. C’est également un film sur le plaisir, la joie d’être en vie et d’en profiter tant que cela est possible. De bout en bout, le film de Robin Campillo est remarquable de justesse, d’intelligence. Les acteurs contribuent à cette belle réussite : Nahuel Pérez Biscayart, Arnaud Valois et Antoine Reinartz pour ne citer que le trio de tête. Le Grand Prix du dernier festival de Cannes était très largement mérité.

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En Virginie, pendant la guerre de Sécession, le caporal John McBurney est un soldat nordiste blessé. Une enfant le découvre et l’emmène dans son pensionnat de jeunes filles dirigée par Miss Martha qui est secondée par Edwina, l’institutrice. Les deux femmes et les jeunes filles soignent le caporal et tombent sous son charme. Celui-ci doit tout faire pour qu’elles ne le livrent pas aux sudistes et n’a aucune envie de repartir sur le front. Les jalousies commencent à poindre. « Les proies » avaient déjà été adaptées par Don Siegel en 1971 avec le charismatique Clint Eastwood. Ici, nous sommes bien dans un film de Sofia Coppola, ce qui l’intéresse le plus ce sont les jeunes filles. Et c’est leur point de vue qui est privilégié, leur frustration, la convoitise qui couve le corps du caporal. Nicole Kidman est magistrale, ses regards se font de plus en plus inquiétants, de plus en plus pervers.  Colin Farrell joue plus sur la vulnérabilité de McBurney, sur l’émotion alors que Clint Eastwood était tout en magnétisme. Sofia Coppola a su parfaitement adapter ses propres obsessions à cette histoire et  lui donner une tonalité différente de celle du film de Don Siegel.

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Durant l’été caniculaire, à Madrid, une série de viols suivis de meurtres sur des vieilles dames a lieu. Deux flics sont chargés de l’enquête : un bègue et une tête brûlée. Torturés, violents, les deux policiers vont devoir lutter contre leurs démons pour affronter ce prédateur sexuel. « Que dios nos perdone » s’inscrit dans la réalité politique et social de l’Espagne. La crise est manifeste et le mouvement des indignés se met en place. Ces derniers croisent dans les rues les fervents catholiques venus assister à la visite de benoît XVI dans la capitale espagnole. Les meilleurs polars sont ceux qui réussissent à entremêler le contexte social et l’enquête policière et c’est bien le cas ici. L’atmosphère est sombre, plombée aussi bien par les fortes températures que par la perversité des crimes. Les apparences sont trompeuses et les pulsions les plus malsaines se cachent sous un visage d’ange. Un thriller extrêmement réussi.

Et sinon :

  • My cousin Rachel de Roger Michell : Philip, adopté par son oncle, apprend à distance le mariage puis la mort de celui-ci en Italie. Sûr que Rachel, la femme de son oncle, est à l’origine du décès, Philip compte se venger. Mais lorsque Rachel vient s’installer en Angleterre, la réaction de Philip est tout autre. Il tombe sous le charme de sa magnifique tante. Le point fort de cette adaptation du roman de daphné du Maurier est Rachel Weisz qui incarne divinement la vénéneuse tante de Philip. Les costumes, les images sont certes léchées mais la réalisation manque de relief. L’ambiguïté, au coeur du roman, en perd de sa force.

 

  • Une vie violente de Thierry de Peretti : Stéphane apprend, alors qu’il s’est réfugié à Paris, la mort d’un de ses amis avec qui il était entré dans le groupe Armata Corsa. Il décide alors de revenir en Corse même si cela signifie mettre sa vie en danger. Le film montre le parcours d’un jeune homme de bonne famille qui bascule dans la violence du nationalisme par idéologie. L’histoire de Stéphane ressemble aux drames antiques, son destin semble un engrenage inéluctable nourrit par les vendettas de l’île. Le jeune homme se perd dans la lutte collective. Dommage que, par moments, les enjeux entre les différentes factions, les personnages ne soient pas très compréhensibles pour le spectateur.

 

  • Djam de Tony Gatlif : Djam doit aller à Istanbul pour acheter une pièce de bateau russe pour son beau-père. La jeune femme, passionnée de musique traditionnelle, traverse la Turquie pour revenir ensuite sur son île de Lesbos. Elle croise sur sa route une jeune française paumée, des réfugiés, un grec au bord du gouffre à cause de la crise financière. La jeune femme est débordante de vie, fiévreuse et très intense. Elle est incroyablement libre et n’a pas froid aux yeux. A travers son road-trip, Tony Gatlif nous montre une Europe mal en point, en difficulté mais encore pleine d’humanité, de dignité. Daphné Patakia, qui incarne Djam, est sidérante de naturel et de fraîcheur.

Bilan livresque et films de juillet

Juillet

Un mois de juillet extrêmement bien rempli et qui fleure bon les vacances ! Parmi les onze livres que j’ai lu en ce mois estival, il y a du bon, du très bon et un chef-d’oeuvre ! « Le château » d’Edward Carey m’a absolument éblouie et j’ai vraiment hâte de découvrir le deuxième tome. Je vous reparle de toutes ces belles lectures très rapidement.

Du très bon également du côté du cinéma avec trois coups de cœur :

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Agnès Varda s’est trouvée un camarade de jeu pour son dernier film : le plasticien J.R. Comme dans « Les glaneurs et la glaneuse » ou « Les plages d’Agnès », le film prend la forme d’un journal intime, d’une flânerie. Les deux compères vont parcourir la France pour réaliser des installations. Certaines sont particulièrement émouvantes comme celle qui consiste à mettre, sur la façade de sa maison, la photo de la dernière habitante d’un lotissement autrefois dédié aux corons. Ils mettent des photos des habitants sur les murs de leur ville, mettent en valeur les femmes des dockers du Havre, etc… Comme toujours avec Agnès Varda, c’est plein d’humanité et de bienveillance envers l’autre. C’est aussi un film sur le temps qui passe, la vieillesse, les êtres que l’on a perdu (formidable séquence de la photo de Guy Bourdin sur un bunker normand), ceux qui se sont éloignés (Jean-Luc Godart qui fait pleurer Agnès Varda en raison de son absence). C’est touchant, drôle, malicieux, délicieusement fait de bric et de broc, bref du Agnès Varda tout craché !

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L’inspecteur Nourredine est un policier égyptien comme les autres. Il touche backchich sur bakchich. Le système est totalement corrompu et il en profite comme les autres. Mais deux choses vont faire bouger le système : les manifestations de la place Tahrir et le meurtre d’une chanteuse dans un palace. L’inspecteur Nourredine va révéler sa vraie nature à cette occasion : celle d’un véritable enquêteur, tenace et plus intègre qu’il n’y parait. « Le Caire confidentiel » a la noirceur de son homologue de Los Angeles. Le personnage central est désabusé, cynique mais il mettra sa vie en danger pour révéler l’identité du meurtrier. Et cette fois, pas de corruption ! L’autre personnage du film est la ville du Caire, mégalopole qui ressemble à un labyrinthe de ruelles sombres et oppressantes. « Le Caire confidentiel » est un polar politique, tendu, violent et donc parfaitement réussi.

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Armand et Leïla sont étudiants à la Sciences-Po, ils sont amoureux et prévoient de poursuivre leurs études à New York. C’était sans compter sur le frère aîné de Leïla, Mahmoud, qui revient radicalisé d’un séjour au Yémen. Il renie son passé, enferme sa sœur et veut la marier à un vrai musulman. Il lui confisque son passeport et ne veut plus entendre parler d’Armand. Ce dernier trouve un moyen de continuer à voir Leïla : il porte un niqab et se fait passer pour une femme pieuse ! Voilà une comédie très réussie qui ose aborder des thèmes d’actualité sous l’angle humoristique. On est proche de « Certains l’aiment chaud » de Wilder. La réalisatrice Sou Abadin nous donne à voir des scènes burlesques, des filatures, des courses poursuites, des quiproquos. C’est enlevé, sans aucun temps mort. Le casting est absolument parfait avec en tête le sémillant et charmant Félix Moati.

Et sinon :

  • Le dernier vice-roi des Indes de Gurinder Chadha : Lord Mountbatten est envoyé en Inde en mars 1947 pour être son dernier vice-roi et préparer le pays à l’indépendance. L’attendent de nombreux conflits religieux et la volonté des musulmans à créer leur propre pays : le Pakistan. L’Inde serait alors diviser mais comment procéder à la répartition des territoires ? Gurinder Chadha réalise une très belle fresque historique. La reconstitution est somptueuse. Cet épisode nous est peu connu. Lord Mountbatten vient pour la paix et il prend une décision (forcée, la main de Churchill est dans l’ombre) qui change le cours de l’histoire et créé des tensions parmi le peuple indien. La casting est irréprochable avec en tête Hugh Bonneville et la merveilleuse Gillian Anderson. Le seul reproche que j’ai à formuler concerne l’histoire d’amour entre un valet et une gouvernante qui est inutile et n’apporte rien à l’histoire.
  • KO de Fabrice Gobert : Antoine Lecomte dirige une chaîne de télévision. Il a beaucoup de pouvoir et en abuse. Il renvoie sèchement un animateur qui le menace. Il finit par lui tirer dessus. Lorsque Antoine se réveille à l’hôpital, il découvre qu’il n’est que le présentateur de la météo. L’idée de départ de ce film était très prometteuse. L’atmosphère est sombre, inquiétante et on navigue entre rêve et réalité. Le problème, c’est que le procédé se répète et que le spectateur a l’impression de tourner en rond. Le film ne semble jamais vouloir se terminer. Laurent Lafitte et Chiara Mastroianni n’ont rien à se reprocher, ils jouent parfaitement leurs rôles et apportent du mystère et de l’ambiguïté. C’est dommage, ce thriller à l’ambiance étrange et onirique avait beaucoup d’atouts dans sa manche.

Bilan livresque et films de juin

De belles lectures en juin avec le très beau « Les filles au lion » de Jessie Burton dont le talent de conteuse m’avait déjà séduite dans « Miniaturiste » ; je vous conseille également le nouveau roman de Melanie Benjamin qui parle de la gloire et la chute de Truman Capote au travers de sa relation avec ses amies de la haute société new new-yorkaise ; j’ai (enfin !) lu « Miss Charity » et je n’ai pas été déçue par ce délicieux roman ; « Mörk » de Ragnar Jonasson me prépare au prix du meilleur polar Points puisque son premier roman est dans la sélection ; enfin j’ai terminé le mois avec « Un roman anglais » de Stéphanie Hochet qui rend un joli hommage à Virginia Woolf. A propos de cette dernière, j’ai également lu une biographie très intéressante de Jane Dunn qui retrace le parcours de l’écrivain en parallèle de celui de sa sœur Vanessa Bell. Je ne désespère pas de vous en parler avant mon départ en vacances.

Seulement quatre films au compteur pour ce mois de juin :

Mon coup de coeur :

La bande-dessinée de Benjamin Renner avait été un coup de cœur et j’ai eu le même plaisir à voir le film. En plus de notre renard-maman-poule, nous faisons la connaissance d’autres personnages qui font l’objet de deux histoires : un cochon raisonnable et pragmatique qui tente de rattraper les bêtises des ces fantasques amis lapin et canard. Nos trois compères vont tour à tour jouer le rôle de la cigogne livreuse de bébé et du père Noël. On retrouve dans les trois histoires, qui composent le film, ce qui faisait la réussite de la bande-dessinée : un mélange d’humour et de tendresse. Les aventures de ces différents animaux de la ferme sont hilarantes, burlesques mais sont aussi empreintes d’humanité et d’amitié. C’est donc un régal qui s’adresse aussi bien aux petits qu’aux grands.

Et sinon :

  • Les fantômes d’Ismaël d’Arnaud Desplechin : Carlotta (Marion Cotillard), la femme d’Ismaël (Matthieu Amalric), a disparu il y a vingt ans. Ce dernier met du temps à se remettre de sa supposée mort. Il finit par rencontrer Sylvia (Charlotte Gainsbourg) avec qui il redécouvre la vie. Mais un jour, Carlotta refait surface et elle veut reprendre sa place. Le dernier film d’Arnaud Desplechin est un condensé de ce qu’il a fait précédemment et un hommage à ses maîtres. Les échanges verbaux brutaux, fiévreux font penser à Bergman. Carlotta est un clin d’œil à « Sueurs froides » d’Hitchcock. Le tournage de film dans le film (Ismaël est cinéaste) évoque « La nuit américaine » de Truffaut. On retrouve également des rappels des autres œuvres du cinéaste : le nom de Dedalus était celui de Mathieu Amalric dans « Comment je me suis disputé… » ; le fantôme du conjoint renvoie à « Rois et reine », la ville de Roubaix, où est né le cinéaste, était le cadre de « Trois souvenirs de ma jeunesse », l’histoire d’espionnage (qui m’a semblé totalement superficielle) évoque « La sentinelle ». Le film aurait peut-être gagné à se resserrer sur le trio amoureux mais Desplechin aime les narrations multiples, les personnes excessifs et il semble s’être follement amusé à réaliser ce film que je conseillerais en priorité aux amateurs du cinéaste.

 

  • L’amant double de François Ozon : Chloé (Marine Vacth) a des douleurs aigües au ventre. La médecine n’ayant pas pu la soulager, elle prend un rendez-vous chez un psy (Jérémie Renier). Tous les deux tombent amoureux et se mettent ensemble. Chloé doit trouver un autre psy. Au détour d’un trajet en bus, elle découvre que Paul a un frère jumeau, psy également. François Ozon est clairement sous l’influence de David Cronenberg. On retrouve ici le thème de la gémellité, traité dans « Faux semblants » par le cinéaste canadien, et de la monstruosité.  François Ozon l’a déjà prouvé dans ses films précédents, il sait distiller le malaise, le trouble. Il réalise ici un film splendide esthétiquement mais dont l’élégance froide m’a mise à l’écart, à distance.

 

  • Le vénérable W de Barbet Schroeder : Avec ce documentaire, Barbet Schroeder termine sa trilogie du mal (« Général Idi Amim Dada : autoportrait » et « L’avocat de la terreur »). Le réalisateur part en Birmanie où il rencontre le vénérable Wirathu. Le bonze est un fou fanatique qui s’est mis en tête de faire exterminé la minorité musulmane des Rohingyas. Barbet Schroeder n’apporte aucun commentaire. Il laisse s’écouler le flot de paroles du bonze et ses propos sont tellement monstrueux et ignobles qu’il n’est effectivement pas la peine d’en rajouter. Le cinéaste montre à travers son documentaire la puissance incendiaire des mots. Ce sont ceux qui sortent de la bouche du bonze qui feront commettre les pires actes à des bouddhistes. Cette religion de la paix est ici responsable de violences, d’incendies de maisons, d’exécutions. Le documentaire de Barbet Schroeder est glaçant et souligne bien qu’il ne faut jamais laisser la haine de l’autre se propager.

 

 

Bilan livresque et films de mai

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Un mois de mai sous le signe du polar avec le réaliste et inquiétant « Pur » d’Antoine Chainas mais aussi avec la toujours surprenante Joyce Carol Oates dont le dernier roman « Valet de pique » est un hommage au genre et aux romans fantastiques. J’ai retrouvé deux auteurs que j’affectionne : Ian McEwan dont j’ai découvert le « Délire d’amour » pour le blogoclub du 1er juin et Maggie O’Farrell dont le dernier roman est paru récemment. J’ai saupoudré le tout d’un peu d’âge d’or des Pays-Bas et par la poursuite de ma lecture des Rougon-Macquart.

Encore une fois, l’éclectisme l’emporte au niveau cinématographique avec deux coups de cœurs extrêmement différents :

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Ce documentaire montre un groupe d’étudiants qui va participer à au concours Eloquentia qui récompensera le meilleur orateur de Seine St Denis. C’est passionnant de voir ces jeunes gens prendre possession de la langue, apprendre à jouer avec. C’est également émouvant de découvrir leurs parcours souvent douloureux et difficiles. Leur préparation pour Eloquentia semble une respiration, un moyen de s’évader de leur quotidien. Et ils sont absolument bluffants. Les joutes oratoires du concours sont d’un très haut niveau, j’admire leur maîtrise de la langue et leur formidable imagination. On rit, on est ému, épaté, bref un documentaire à voir absolument.

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Un couple part en vacances dans une communauté zadiste en Ardèche où un ancien ami s’est établi. Le campement a été construit pour empêcher la construction d’un complexe aquatique. L’acclimatation du couple est un peu délicate : pas de portable ou de tablette, ateliers portant par exemple sur les règles, enfant sans prénom afin qu’il ne soit pas figé dans une identité sexuelle. Tout se complique lorsque le groupe découvre qu’une pandémie a décimé le reste de la planète. Si, comme moi, vous avez aimé « Platane », vous allez vous régaler avec « Problemos ». Eric Judor utilise encore son personnage odieux, dragueur et de mauvaise foi. Son humour est souvent absurde et régressif. Il est bien épaulé par les autres acteurs notamment la formidable Blanche Gardin qui a également écrit le scénario. Ça change de comédies franchouillardes avec Christian Clavier et au moins on se marre franchement !

Et sinon :

  • A quiet passion de Terence Davies : Le dernier film de Terence Davies nous montre la vie de la poétesse Emily Dickinson, de son adolescence à sa mort. On la voit évoluer au sein de sa famille essayant de résister à la pression sociale et religieuse. Elle cherche à exprimer son originalité, sa singularité par le biais de ses mots. Le film est esthétiquement splendide, la reconstitution est soignée. Il montre une Emily Dickinson dans tout la complexité de son âme : ses joies, ses souffrances (morales et physiques), ses doutes, son talent. Le personnage n’est pas embelli, elle est parfois difficile à comprendre tant elle est torturée. C’est un personnage à la Brontë : passionnée, étouffée par des carcans dont elle ne peut s’extirper par loyauté envers sa famille. Le film souffre de quelques longueurs mais la performance de Cynthia Nixon est remarquable.

 

  • Get out de Jordan Peele : Un jeune homme noir va faire la connaissance de la famille bourgeoise de sa fiancée blanche. Le weekend commence mal puisque le couple a un accident avant d’atteindre l’immense demeure familiale. Il percute un cerf et le couple le regarde agoniser sur le bas de la route. La famille se montre accueillante, trop pour être parfaitement honnête. Petit à petit, l’atmosphère devient de plus en plus étrange. « Get out » est un thriller étonnant, presque fantastique. Le scénariste retourne les clichés habituels sur le racisme, les blancs envient les qualités physiques du jeune fiancé noir et veulent se les approprier. Le film est bien mené, la tension et le malaise s’insinuent lentement pour s’achever de manière surprenante.

 

  • Braquage à l’ancienne de Zach Braff : Trois amis de longue date, bientôt octogénaires, sont mis en grande difficulté lorsque leurs pensions de retraite sont suspendues. L’un d’eux a l’idée saugrenue de braquer une banque après avoir lui même assisté à un braquage. L’âge des protagonistes donne l’occasion de revisiter les scènes de mise en place du braquage. Le film est un divertissement sympathique qui nous donne le plaisir de revoir à l’écran Michael Caine et Morgan Freeman.

Bilan livresque et films d’avril

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Deux très jolies découvertes en ce mois d’avril dont j’ai eu l’occasion de vous parler : « Broadway limited » de Malika Ferdjoukh et « Miss Buncle’s book » de D.E. Stevenson. J’ai poursuivis deux séries totalement différentes : celle des Rougon-Macquart de Zola que je lis et relis dans l’ordre et celle d’Agatha Raisin avec le troisième volet qui m’a accompagné lors de ma semaine à Oxford. Malheureusement, je n’ai pas trouvé le temps de vous parler de la splendide BD « Pereira prétend » adapté d’Antonio Tabucchi mais je vous la conseille vraiment, de même que l’album d’India Desjardins et Pascal Blanchet : « Le noël de Marguerite » qui est un délice vintage.

Un tout mois cinématographique sans coup de cœur :

  • La colère d’un homme patient de Raùl Arévalo : Le film débute par un braquage d’une bijouterie qui se termine par l’arrestation du chauffeur qui attendait les cambrioleurs. Le réalisateur nous présente ensuite le quotidien de José, un homme en apparence très calme, réservé qui passe beaucoup de temps dans un petit bar de la banlieue madrilène. Son côté chien battu séduit Ana qui travaille dans le bar et n’a pas eu une vie facile. Son homme, Curro, est en prison suite au braquage de la fameuse bijouterie. Les deux histoires se croisent alors et on découvre que José ne vient pas au bar pour les beaux yeux d’Ana. Il attend la libération de Curro. Le film de Raùl Arévalo montre la violence des deux hommes. Les comptes se règlent de façon brutale, implacable. On prend les deux hommes en pitié pour les détester la minute suivante. « La colère d’un homme patient » est un thriller sous forme de road-movie qui sait jouer avec les codes et avec les spectateurs.

 

  • Cessez-le-feu de Emmanuel Courcol : Après plusieurs années en Afrique, Georges revient en France. Il avait fui la France après son retour de la guerre de 14-18. L’attendent sa mère qui a perdu son benjamin au front et Marcel qui ne parle plus depuis son retour du front. Ce dernier a commencé à apprendre la langue des signes avec Hélène ce qui est vu comme un renoncement par Georges. Il s’agit du premier film de Emmanuel Courcol qui réussit une jolie chronique de l’après-guerre : l’effervescence des années folles mais également la douleur incomprise et ignorée de ceux qui sont revenus. Deux présences habitent et illuminent le film : celle de la toujours parfaite Céline Sallette et celle de Romain Duris qui prend de plus en plus d’épaisseur au fil du temps.

 

  • Corporate de Nicolas Silhol : Émilie Tesson-Hansen a été embauchée comme responsable des ressources humaines pour se débarrasser des salariés les plus âgés, les moins performants. Ce qu’elle avait oublié, c’est qu’elle ne gère pas des matricules mais bien des humains. L’un d’eux la harcèle pour avoir une explication. Trouvant un mur devant lui, il se suicide dans la cour de l’entreprise. Une enquête va être ouverte et une inspectrice du travail va interroger les salariés. C’est elle qui peu à peu va faire ouvrir les yeux d’Émilie. La mise au placard afin de mener au départ de salariés est un sujet malheureusement d’actualité. « Corporate » montre bien où mène l’ultra-libéralisme, la rentabilité passe avant l’humain. En ce sens, le film est nécessaire et utile. Peut-être aurait-il fallu un peu plus de nuances dans le scénario qui est un peu trop prévisible. Encore une fois, Céline Sallette est remarquable et son jeu est d’une grande subtilité.

Bilan livresque et films de mars

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Le mois de mars m’aura offert une belle pépite, un OLNI : « Le séducteur » de Jan Kjaerstad que je vous encourage vivement à ouvrir. Malheureusement, il faudra être très, très patient pour découvrir la suite qui n’est pas encore traduite. J’ai renoué avec le roman noir grâce à l’excellent « 911 » de Shannon Burke sélectionné pour le Prix du polar SNCF, avec Péneloppe Bagieu et le premier tome de sa bande-dessinée féministe, avec la charmante et drôle Agatha Raisin, avec mon cher Jérôme Attal dont je vous parle très rapidement et avec Irène Nemirovsky et son grinçant « Bal ».

Une belle moisson de films pour ce mois de mars :

Mes coups de cœur :

Un saut dans une piscine pas assez remplie fait basculer la vie de Ben qui se retrouve « tétraplégique incomplet ». On le suit de son réveil à l’hôpital au centre de rééducation. Fort heureusement, Ben va recouvrir petit à petit de la mobilité. Mais lui, qui rêvait de s’inscrire en STAPS, devra dire adieu à ses ambitions sportives. Ben c’est bien entendu Fabien Marsaud alias Grand Corps Malade. Le film est tiré de son livre. « Patients » sonne extrêmement juste. Grand Corps Malade et Mehdi Idir réussissent à éviter l’apitoiement, le voyeurisme et le mièvre. Mieux, ils nous font rire de l’infortune de cette bande de jeunes handicapés. La vanne est monnaie courante, chacun n’hésitant pas à chambrer les copains. « Patients » est un film d’une grande humanité qui rend également hommage au personnel médical qui accompagne au quotidien ces accidentés de la vie.

A Santa Barbara, en 1979, Dorothea éprouve des difficultés à élever son fils, Jamie, qui a 14 ans. Elle l’a eu tard, a maintenant la cinquantaine et est divorcée. Son fils lui reproche de se complaire dans sa solitude. Dorothea ne vit pourtant pas tout à fait seule, elle loue des chambres dans sa maison en rénovation : Abbie, une artiste trentenaire atteinte d’un cancer, William, l’homme à tout faire encore hippie. Il y aussi Julie, une voisine qui s’incruste régulièrement. Dorothea va demander à tout ce petit monde de l’aider à élever Jamie. « 20th century women » est le récit d’un changement d’époque, fini l’insouciance des années 70, le libéralisme va bientôt s’installer. C’est surtout un magnifique portrait de femme, Dorothea, qui est aussi émouvante qu’agaçante, aussi permissive que strict. Une femme complexe qui tente de donner la meilleure éducation possible à son fils et qui est magnifiquement interprétée par Annette Bening. Tout le casting est d’ailleurs parfait, les acteurs incarnent avec justesse ce patchwork de personnalités.

Et sinon :

  • Citoyen d’honneur de Mariano Cohn et Gaston Duprat : Le romancier Daniel Mantovani reçoit le prix Nobel. Son discours de remerciements n’en est pas vraiment un puisqu’il regrette ce qui prix qui signifie qu’il est devenu académique et respectable. Pour essayer de retrouver les origines de son écriture, il décide de retourner dans son village natal en Argentine où il n’avait pas remis les pieds depuis quarante ans. Son village compte célébrer dignement le retour de l’enfant prodigue. Rapidement, on comprend pourquoi Daniel n’était jamais revenu. Le village semble peuplé de personnages grotesques, hargneux et jaloux qui reprochent à l’écrivain sa réussite mais aussi les livres qu’il a écrit sur son village natal. Entre drôlerie et cruauté, le voyage de Daniel finit par tourner au cauchemar et au règlement de compte.
  • L’autre côté de l’espoir de Aki Kaurismäki : Deux destins se croisent dans le dernier film d’Aki Kaurismäki : Khaled qui fuit la Syrie et les bombardements d’Alep et Wikström qui fuit sa femme et sa vie de vrp de chemises. Tous deux reprennent tout à zéro. Khaled demande le droit d’asile à la Finlande. Wikström rachète un restaurant. C’est là que les deux hommes vont se côtoyer. On retrouve avec plaisir le charme rétro de l’univers de Kaurismäki, son humour pince-sans-rire, son économie dans les dialogues, le burlesque et son amour pour les vieux rockeurs finlandais. Ce qui est au centre de « L’autre côté de l’espoir », c’est l’humanité et l’entre-aide. La terrible situation de Khaled est balayée d’un revers de main par l’administration, il est impossible d’accueillir tous les réfugiés et c’est bien l’altruisme qui peut encore nous donner de l’espoir.
  • Chez nous de Lucas Belvaux : Pauline est infirmière dans le nord de la France , près de Lens. Son quotidien se déroule dans la précarité, la solitude de ceux qu’elle soigne à domicile. A l’approche de l’élection locale, Pauline est approchée par l’ancien médecin de la ville. Ce dernier lui propose de se présenter sous les couleurs du Bloc Patriotique, le parti populiste. Le film de Lucas Belvaux démonte les fonctionnements de l’adhésion à ce type de parti. Les mécanismes sont bien visibles, compréhensibles. Ils le sont peut-être un peu trop. Le côté pédagogique enlève du romanesque au film. Il n’en reste pas moins que « Chez nous » est un film nécessaire surtout au vue des différents sondages annonçant les résultats du premier tour de l’élection présidentielle.
  • Rock’n’roll de Guillaume Canet : Guillaume Canet se pose des questions sur son âge et sa vie tranquille après que sa nouvelle partenaire de tournage lui ait avoué qu’elle le trouvait plutôt dépassé et pas du tout rock’n’roll. L’acteur remet alors toute sa vie en question et commence à ausculter ses rides avec fièvre. Il fallait oser réaliser un film aussi proche de son quotidien où l’on se traite avec autant de férocité. Guillaume Canet se malmène, n’a pas peur du ridicule et n’hésite pas à nous faire rire à ses dépends. Il fustige cette mode de la jeunesse qui nous culpabilise tous lorsqu’une ride ou un cheveu blanc apparaissent. Marion Cotillard est extrêmement drôle dans son rôle d’actrice obsessionnelle et perfectionniste. Le seul défaut du film est que Guillaume Canet semble avoir du mal à l’achever, la fin possède certaines longueurs qui gâchent un peu le reste du film.
  • Le secret de la chambre noire de Kiyoshi Kurosawa : Jean arrive dans une grande maison de la banlieue parisienne. Il s’agit de son nouveau lieu de travail. Il doit seconder Stéphane, un photographe de mode. Celui-ci réalise également des portraits, inspirés du 19ème siècle, grandeur nature en daguerréotype mais uniquement de sa fille Marie. La photo parfaite demande de très longs et harassants temps poses. Une atmosphère inquiétante et mystérieuse entoure le père et la fille. L’ambiance spectrale est sans doute la plus grande réussite du film. Ce qui ne se voit pas est ce qui effraie le plus et Kiyoshi Kurosawa maitrise cela à la perfection. Mais le film est trop long (2h10), beaucoup trop long et on se lasse de cette histoire de fantômes qui n’en finit pas. De même, l’idée des portraits grandeur nature était très belle mais elle ne me semble pas être exploitée jusqu’au bout.

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