Bilan livresque et films d’octobre

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Octobre fut bousculé pour des raisons professionnelles et je n’ai consacré que peu de temps à mon blog. J’ai néanmoins réussi à lire six livres (ridicules à côté des 20 d’Eva !). J’ai essayé de rattraper mon retard de lecture pour le prix du meilleur polar Points avec « Le fleuve des brumes » de Valerio Varesi et « Il était une fois l’inspecteur Chen » qui est plus le récit du début de carrière de l’inspecteur plutôt qu’un véritable polar. J’ai découvert, grâce à ma copine Emjy, Patrick de Witt avec « Heurs et malheurs du sous majordome Minor« , un univers décalé  et fantasque. j’ai eu le plaisir de lire deux formidables romans de la rentrée littéraire avec deux auteures que j’affectionne : « Point Cardinal » de Léonor de Récondo et « Souvenirs de la marée basse » de Chantal Thomas dont je vous parlerai la semaine prochaine. Et j’ai retrouvé la pauvre Gervaise ; la lecture de « L’assommoir » m’avait marqué au collège et je suis toujours impressionnée par la force de ce roman. Chapeau Monsieur Zola !

Et côté cinéma :

Mes coups de cœur du mois :

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Juste avant l’armistice de novembre 1918, une attaque inutile est lancée par le lieutenant d’Aulnay-Pradelle. Albert se retrouve enseveli avec un cheval et c’est Edouard qui réussit à le sortir de là. Mais une bombe explose et Edouard est défiguré. A la fin de la guerre, Albert prend soin de celui qui l’a sauvé. La France a du mal à accueillir ses soldats et les deux hommes ont du mal à joindre les deux bouts. Edouard a alors l’idée d’une arnaque d’envergure : concevoir et vendre des monuments aux morts qui ne seront jamais construits. Je n’ai pas encore lu le roman de Pierre Lemaître, j’ai donc découvert l’adaptation d’Albert Dupontel sans à priori. Ce film est une réussite. L’intrigue foisonnante est menée tambour battant et c’est une véritable fresque avec ses héros cabossés, son histoire d’amour, son méchant odieux. Et quel casting ! Nahuel Pérez Biscayart réussit à nous toucher uniquement avec le regard, Laurent Lafitte est impeccable en mièvre et lâche d’Aulnay Pradelle, Albert Dupontel est parfait en naïf et modeste comptable. Et il faudrait également citer tous les grands acteurs qui jouent ici des seconds rôles formidables. La réalisation, les costumes, les décors sont soignés et participent à la réussite du film.

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Mariam est une jeune étudiante tunisienne; Elle a organisé une fête avec son école. Elle s’est faite belle, elle veut s’amuser. Quelques heures plus tard, elle ère dans les rues, elle a été violée par des policiers. Le jeune homme, avec qui elle était sortie discuter, l’aide à porter plainte. Une longue nuit commence pour eux, entre hôpital, commissariat, menaces et brutalités. Il faudra beaucoup de courage à Mariam pour faire respecter ses droits. Le film de Kaouther Ben Hania dénonce avec force le machisme de la société tunisienne, le mépris que reçoit Mariam à chaque démarche fait froid dans le dos. Mais « La belle et la meute » n’est pas qu’une dénonciation, c’est un véritable thriller haletant où la tension grimpe au fur et à mesure. La jeune actrice Mariam Al Ferjani est de tous les plans, elle incarne avec ténacité et fragilité cette jeune femme en lutte. Le récit du film est malheureusement inspiré d’une histoire vraie.

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En Virginie Occidentale, la famille Logan est réputée pour sa poisse : l’aîné, Jimmy, était promis à une grande carrière de footballeur avant qu’il s’endommage le genou, le cadet, Clyde, a perdu un avant-bras en Irak. Jimmy vient de se faire licencier du chantier où il travaillait. Lui vient alors l’idée de proposer un casse à son frère : cambrioler le circuit automobile pendant l’une des courses les plus populaires de l’année. Pour les aider, il leur faut faire appel à un spécialiste des coffres-forts : Joe Bang. Le problème, c’est que celui-ci est en prison. « Logan Lucky » c’est « Ocean eleven » chez les rednecks. Soderberg réalise toujours avec beaucoup de malice et d’humour ces histoires de braquage. Ici, nous sommes bien loin de Las Vegas et les moyens du bord sont plus que limités (la bombe de Joe Bang en est un bon exemple !). Il n’y a pas de condescendance pour ces paumés de l’Amérique mais bien de l’empathie. Les acteurs semblent avoir pris beaucoup de plaisir et sont tous très convaincants. Mention spéciale à Daniel Craig qui joue une partition bien différente de celle de James Bond ! « Logan lucky » est un divertissement de qualité, drôle, espiègle et plein de surprises.

Et sinon :

  • « L’atelier » de Laurent Cantet : Antoine, jeune homme solitaire de La Ciotat, participe à un atelier d’écriture avec d’autres jeunes en insertion. Ils doivent écrire un roman noir avec l’aide d’Olivia, une romancière parisienne. Rapidement, Antoine se démarque des autres, les provoque. Olivia est intriguée par ce jeune homme intelligent et inquiétant. Comme dans « Entre les murs », Laurent Cantet filme l’adolescence et il sait parfaitement choisir ses acteurs. Le groupe de l’atelier montre des jeunes gens de milieux modestes, criant de vérité. Mais l’intérêt du film est le duel entre Antoine et Olivia. Cet affrontement intellectuel et social amène de la tension au film. La relation entre Antoine, proche des idées nationalistes, et Olivia, bob parisienne, devient ambiguë, trouble. Un film qui démarre comme une chronique réaliste pour s’achever en film noir.

 

  • « Espèces menacées » de Gilles Bourdos : Dans ce film, des destins s’entrecroisent. Joséphine et Tomasz viennent de se marier. La fête est à son comble jusqu’à ce que les époux se retrouvent seuls. La belle histoire vire alors au cauchemar. Les parents de Joséphine essaie d’aider leur fille. Mélanie annonce à ses parents qu’elle est enceinte d’un homme plus âgé que son père. Enfin, un étudiant lunaire revient vivre dans la maison de sa mère hospitalisée en psychiatrie. Le film de Gilles Bourdos est inspiré de nouvelles de l’écrivain américain Richard Bausch. La famille est au centre du film. Elle est destructrice, violente, fantasque. Les personnages sont touchants, trop humains. Cette mosaïque de relations humaines prend vie grâce au travail d’acteurs d’exception : Vincent Rottiers d’une intensité renversante, Eric Elmosnino qui joue un père à côté de ses pompes, Gregory Gadebois qui alterne faiblesse et rage, Damien Chapelle qui est une découverte.

 

  • « Confident royal » de Stephen Frears : 1887, la reine Victoria fête son jubilé d’or. Lors des cérémonies, elle tombe sous le charme d’Abdul, un jeune valet indien venu lui rendre hommage. Victoria ne veut plus quitter son jeune ami indien. Celui-ci lui parle de l’Inde, lui apprend sa langue. La reine renaît au contact d’Abdul, reprend goût à la vie. Et cela ne plaît guère à l’entourage royal. Stephen Frears a décidément une prédilection pour les reines anglaises. Après « The queen » sur Elizabeth II, il s’attaque cette fois à Victoria. Sous couvert d’un film classique et d’une luxueuse reconstitution, il en profite pour égratigner le pouvoir et la cour. Se faire voler leurs places par un indien est tout simplement insupportable pour les proches de la reine. Le film vaut également le détour grâce à la prestation de Judi Dench incroyablement juste.

 

  • « Nos années folles » de André Téchiné : André Téchiné reprend l’histoire vraie d’un couple pendant la première guerre mondiale. Après deux ans au front, Paul se mutile pour fuir l’horreur des tranchées. Ne voulant en aucun cas y retourner, il déserte. Sa femme, Louise, décide de travestir son mari en femme pour qu’il ne soit pas arrêté. Mais en 1925, au moment de l’amnistie des déserteurs, Paul ne veut pas redevenir un homme. le film de Téchnié peine à démarrer. La chronologie est embrouillée pour finalement s’éclaircir. Le début m’a un peu gâché le film qui avait tout pour me plaire. L’histoire du couple est fascinante (et déjà formidablement racontée dans la BD « Mauvais genre »), Céline Sallette et pierre Deladonchamps sont absolument formidables et la reconstitution historique est soignée. Un joli film malgré un début embrouillé.
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4 réflexions sur “Bilan livresque et films d’octobre

  1. J’ai beaucoup aimé Logan Lucky, très touchant et drôle avec une mention spéciale pour mon chouchou Adam Driver! J’ai bien envie de voir L’atelier également. Hier je suis allée voir Carbone, c’est plutôt pas mal et j’ai bien aimé retrouver le duo formé dans la série Marseille (Magimel – Depardieu)

  2. Logan Lucky me parait idéal pour ce week end, je vais de ce pas voir si il passe dans ma ville ! J’ai beaucoup aimé Au revoir là haut également …

  3. Pingback: Logan lucky par Athalie – Aleslire

  4. Coup de cœur partagé par Au-revoir là-haut!
    Six livres, c’est déjà pas mal, surtout dans le contexte où tu étais.
    Je n’ai jamais lu L’assommoir. C’est un des Zola qui me manquent et ce que tu en dis me fait diablement envie!

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