Bilan livresque et films de juillet

Juillet

Un mois de juillet extrêmement bien rempli et qui fleure bon les vacances ! Parmi les onze livres que j’ai lu en ce mois estival, il y a du bon, du très bon et un chef-d’oeuvre ! « Le château » d’Edward Carey m’a absolument éblouie et j’ai vraiment hâte de découvrir le deuxième tome. Je vous reparle de toutes ces belles lectures très rapidement.

Du très bon également du côté du cinéma avec trois coups de cœur :

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Agnès Varda s’est trouvée un camarade de jeu pour son dernier film : le plasticien J.R. Comme dans « Les glaneurs et la glaneuse » ou « Les plages d’Agnès », le film prend la forme d’un journal intime, d’une flânerie. Les deux compères vont parcourir la France pour réaliser des installations. Certaines sont particulièrement émouvantes comme celle qui consiste à mettre, sur la façade de sa maison, la photo de la dernière habitante d’un lotissement autrefois dédié aux corons. Ils mettent des photos des habitants sur les murs de leur ville, mettent en valeur les femmes des dockers du Havre, etc… Comme toujours avec Agnès Varda, c’est plein d’humanité et de bienveillance envers l’autre. C’est aussi un film sur le temps qui passe, la vieillesse, les êtres que l’on a perdu (formidable séquence de la photo de Guy Bourdin sur un bunker normand), ceux qui se sont éloignés (Jean-Luc Godart qui fait pleurer Agnès Varda en raison de son absence). C’est touchant, drôle, malicieux, délicieusement fait de bric et de broc, bref du Agnès Varda tout craché !

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L’inspecteur Nourredine est un policier égyptien comme les autres. Il touche backchich sur bakchich. Le système est totalement corrompu et il en profite comme les autres. Mais deux choses vont faire bouger le système : les manifestations de la place Tahrir et le meurtre d’une chanteuse dans un palace. L’inspecteur Nourredine va révéler sa vraie nature à cette occasion : celle d’un véritable enquêteur, tenace et plus intègre qu’il n’y parait. « Le Caire confidentiel » a la noirceur de son homologue de Los Angeles. Le personnage central est désabusé, cynique mais il mettra sa vie en danger pour révéler l’identité du meurtrier. Et cette fois, pas de corruption ! L’autre personnage du film est la ville du Caire, mégalopole qui ressemble à un labyrinthe de ruelles sombres et oppressantes. « Le Caire confidentiel » est un polar politique, tendu, violent et donc parfaitement réussi.

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Armand et Leïla sont étudiants à la Sciences-Po, ils sont amoureux et prévoient de poursuivre leurs études à New York. C’était sans compter sur le frère aîné de Leïla, Mahmoud, qui revient radicalisé d’un séjour au Yémen. Il renie son passé, enferme sa sœur et veut la marier à un vrai musulman. Il lui confisque son passeport et ne veut plus entendre parler d’Armand. Ce dernier trouve un moyen de continuer à voir Leïla : il porte un niqab et se fait passer pour une femme pieuse ! Voilà une comédie très réussie qui ose aborder des thèmes d’actualité sous l’angle humoristique. On est proche de « Certains l’aiment chaud » de Wilder. La réalisatrice Sou Abadin nous donne à voir des scènes burlesques, des filatures, des courses poursuites, des quiproquos. C’est enlevé, sans aucun temps mort. Le casting est absolument parfait avec en tête le sémillant et charmant Félix Moati.

Et sinon :

  • Le dernier vice-roi des Indes de Gurinder Chadha : Lord Mountbatten est envoyé en Inde en mars 1947 pour être son dernier vice-roi et préparer le pays à l’indépendance. L’attendent de nombreux conflits religieux et la volonté des musulmans à créer leur propre pays : le Pakistan. L’Inde serait alors diviser mais comment procéder à la répartition des territoires ? Gurinder Chadha réalise une très belle fresque historique. La reconstitution est somptueuse. Cet épisode nous est peu connu. Lord Mountbatten vient pour la paix et il prend une décision (forcée, la main de Churchill est dans l’ombre) qui change le cours de l’histoire et créé des tensions parmi le peuple indien. La casting est irréprochable avec en tête Hugh Bonneville et la merveilleuse Gillian Anderson. Le seul reproche que j’ai à formuler concerne l’histoire d’amour entre un valet et une gouvernante qui est inutile et n’apporte rien à l’histoire.
  • KO de Fabrice Gobert : Antoine Lecomte dirige une chaîne de télévision. Il a beaucoup de pouvoir et en abuse. Il renvoie sèchement un animateur qui le menace. Il finit par lui tirer dessus. Lorsque Antoine se réveille à l’hôpital, il découvre qu’il n’est que le présentateur de la météo. L’idée de départ de ce film était très prometteuse. L’atmosphère est sombre, inquiétante et on navigue entre rêve et réalité. Le problème, c’est que le procédé se répète et que le spectateur a l’impression de tourner en rond. Le film ne semble jamais vouloir se terminer. Laurent Lafitte et Chiara Mastroianni n’ont rien à se reprocher, ils jouent parfaitement leurs rôles et apportent du mystère et de l’ambiguïté. C’est dommage, ce thriller à l’ambiance étrange et onirique avait beaucoup d’atouts dans sa manche.
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4 réflexions sur “Bilan livresque et films de juillet

  1. Le Caire Confidentiel me tente beaucoup, les affiches dans le métro m’intriguent…
    Et Cherchez la Femme semble original et audacieux, très tentant également…

  2. J’ai loupé ce dernier Varda, séance de rattrapage obligatoire pour moi à la rentrée, tant j’aime cette réalisatrice, les plages d’Agnès, je ne m’en lasse pas

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