Bilan livresque et films de février

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Un mois de lecture qui fut bien rempli avec le formidable nouveau roman de Tanguy Viel, la découverte de deux auteurs italiens (Vitaliano Brancati et Marco Balzano) et de deux jeunes auteures françaises dont je vous reparle vite (Blandine Rinkel et Julia Kerninon), mon cher et malicieux Donald Westlake était également au rendez-vous ainsi que deux de mes auteurs favoris : Henry James et Virginia Woolf vue par Léonard.

Beaucoup de films très intéressants et originaux mais finalement un seul coup de cœur :

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Buster Moon doit sauver le théâtre que son père lui avait offert. Il a dédié sa vie à la scène et est prêt à tout pour continuer. Il a alors l’idée d’un grand concours de chant pour trouver de nouveaux talents et monter un spectacle qui le sauvera de la ruine. La scène du casting est bien entendu drôlissime puisque le spires numéros défilent. Heureusement pour Buster, certains ont un talent fou : une jeune porc-épic rock’n’roll, un gorille fatigué de jouer les cambrioleur dans la bande de son père, une maman cochon qui veut être plus qu’une mère au foyer, une souris talentueuse et arrogante et surtout une éléphante adolescente et timide (je vous laisse faire la connaissance de Gunther, le deuxième cochon de la bande dont les prestations valent le détour !). Les personnages sont attachants, drôles. Le film est rythmé, enjoué et on s’y amuse beaucoup.

Et sinon :

  • Compte tes blessures de Morgan Simon : Vincent est chanteur dans un groupe de rock post-hardcore. Son dernier tatouage représente sa mère et son père. Depuis le décès de la première, les relations père-fils sont plus que tendues. Vincent reproche à son père de toujours le rabaisser. Les choses se compliquent encore plus lorsque le père emmène sa toute jeune petite amie chez lui. « Compte tes blessures » est l’histoire d’une émancipation brutale. Le film est violent dans les sentiments et les situations qu’il montre. Un vrai complexe d’œdipe qui s’achèvera dans une scène surprenante et qui met le spectateur mal à l’aise. Le film doit évidemment beaucoup à ses deux acteurs principaux : le toujours formidable et talentueux Kevin Azaïs et Nathan Willcocks qui joue ce père incapable de gérer ses sentiments envers son fils.
  • Dans la forêt de Gilles Marchand : Benjamin et Tom sont invités à passer des vacances en Suède chez leur père qu’ils n’ont pas vu depuis un an. D’emblée, le père paraît étrange. Assez mutique, il révèle à Tom qu’il ne dort jamais. Sur un coup de tête, il décide d’emmener ses deux fils en forêt dans un maison abandonnée. Le site est splendide mais l’atmosphère devient de plus en plus tendue et électrique entre les trois membres de la famille. Gilles Marchand joue ici avec nos peurs d’enfants : peur des bruits de la forêt, du noir, des cauchemars. Son intrigue fleurte sans cesse avec le fantastique :  le père dit à Tom qu’il possède un don pour lire dans les pensées ; un homme au visage troué apparaît comme un ogre au jeune garçon. L’atmosphère inquiétante est parfaitement bien rendue avec peu d’effets. Il faut également souligner les formidables prestations de Jeremy Elkaïm, terrifiant père de famille au psychisme troublé, et des deux enfants qui l’accompagnent.
  • Nocturnal animals de Tom Ford : Susan est une riche galeriste de Los Angeles. Sa vie professionnelle semble l’ennuyer, son enthousiasme s’est éteint. Au niveau personnel, elle ne fait que croiser son mari qui fatalement la trompe. Susan reçoit alors le manuscrit du premier roman de son ex-mari dont elle critiquait le manque d’ambition. La vie de Susan et l’intrigue du roman s’entrecroisent à l’écran. Comme dans « A single man », l’esthétique de Tom Ford est extrêmement travaillée, glacée ce qui correspond parfaitement au personnage superbement interprété par Amy Adams. Le portrait de femme est terrible. Susan est cynique et froide. Mais la lecture du roman va terminer de la briser. Le film est parfaitement maîtrisé, le casting est impressionnant (Jake Gyllenhaal, Michael Shannon) mais j’aurais préféré qu’il existe plus de liens entre la vie d’Amy et l’intrigue du roman, un peu plus d’interdépendance entre les eux aurait rendu le film plus fort.
  • Jackie de Pablo Larrain : Le 22 novembre 1963, à Dallas, J.F. Kennedy est assassiné. Les images sont gravées à jamais dans l’imaginaire collectif comme celles de son enterrement à Washington. Ce que montre le film du chilien Pablo Larrain, c’est l’envers du décor de ces deux événements. Jackie Kennedy construit en quelques jours la légende de son mari, de son couple. Le réalisateur restitue à l’aide d’images d’archives, de flash-back ces heures décisives dans la vie de Jackie. Natalie Portman interprète Jackie Kennedy, elle est de tous les plans, on ne la lâche pas une seconde. Sa prestation est étonnante et oscille sans cesse entre fragilité et force. Le film, peut-être un peu froid, montre bien la force des images et l’importance croissante de la communication en politique.
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