Une autre saison comme le printemps de Pierre Pelot

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François Dorall est un auteur de polars à succès. Il vit aux États-Unis et revient en France pour un festival à Metz. Un soir, après une conférence, un homme l’attend au bar de l’hôtel. Il lui demande de le suivre pour lui faire rencontrer quelqu’un. François obtempère et a la surprise de retrouver Elisa, une ancienne amie d’enfance. Celle-ci lui demande de retrouver son fils qui a été kidnappé.  François Dorall est spécialiste des disparitions mystérieuses mais uniquement pour ses livres. Peut-être pour échapper à ses souvenirs douloureux, peut-être par goût de l’aventure, François accepte d’aider Elisa. Il se lance sur les traces du jeune garçon. Il découvre assez vite que le ravisseur ressemble étrangement au père de l’enfant. Le problème c’est que ce dernier est mort un an auparavant.

Pierre Pelot mélange les genres dans ce court roman qui a été initialement publié en 1995. Nous sommes tout d’abord plongés dans un véritable roman policier avec kidnapping, morts suspectes et atmosphère sombre et pesante. Comme souvent dans les romans policiers contemporains, l’enquêteur est aussi mal en point que ceux pour qui il travaille. François Dorall a un passé douloureux hanté par deux morts brutales. Les morts qui ne nous quittent pas est bien le thème central du roman de Pierre Pelot et c’est avec celui-ci qu’il nous entraîne à la lisière du fantastique. Les hommes, les animaux décédés récemment semblent revenir à la vie. Bien sûr cette histoire évoque celle de l’excellente série « Les revenants » et malheureusement cela fait perdre un peu d’originalité au livre de Pierre Pelot. Le lecteur d’aujourd’hui est sans doute moins surpris que celui de 1995.

Mais la langue de Pierre Pelot est à elle seule une raison de lire son roman. Elle est très plaisante à lire, très inventive et poétique : « Il lui avait fallu un peu de temps pour s’habituer aux grimaces des routes départementales du Doubs enlisées dans la grisaille et les averses intermittentes, ainsi qu’à la conduite pour le moins osée des autochtones. » ; « La pluie tombait en crachin. Dès que Dorall eut arrêté les essuies-glaces, le pare-brise s’opacifia, recouvert de moirures et d’irisations qui estompaient les reflets lumineux provenant d’une lampe d’éclairage public, devant le portail du cimetière, à cent mètres. » ; « Les scintillements tombés des lustres dansaient dans les bulles de son gin tonic. »

« Une autre saison comme le printemps » est un roman plaisant dont l’écriture m’a beaucoup plu mais dont j’ai compris rapidement le ressort central.

Merci aux éditions Héloïse d’Ormesson pour cette lecture.

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