Fantin-Latour au musée du Luxembourg

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L’exposition du musée du Luxembourg offre à Henri Fantin-Latour (1836-1904), ce peintre peu connu, une mise en lumière qu’il mérite amplement.

Le peintre est essentiellement connu pour ses portraits de groupe :

  • L’atelier des Batignolles qui regroupe, autour de la figure centrale de Manet, toute l’avant-garde de l’époque, les futurs impressionnistes (Renoir, Monet, Bazille),
  • L’hommage à Delacroix, peintre étudié et vénéré par Fantin-Latour où l’on aperçoit le peintre anglais Whistler ou Baudelaire,
  • Le coin de table est sans doute le plus connu puisque l’on y voit Rimbaud et Verlaine au bout de la table.

img_4325Le coin de table, 1872

Mais ces trois impressionnantes œuvres révèlent et cachent ce qu’était réellement l’intérêt du peintre. Certes, ce dernier aimait les portraits mais sa sphère de prédilection était celle de l’intime, des petits et moyens formats. L’exposition s’ouvre sur le début de ses études. Les portraits sont ceux de ses deux sœurs notamment en train de lire ou de coudre. Les cadrages sont serrés et les décors dépouillés. Les personnages ne semblent pas remarquer qu’ils ne sont pas seuls. Cette incommunicabilité est la marque de fabrique de ce peintre misanthrope. Elle sera présente dans tous ses portraits, les trois grands formats comme dans ceux où il peindra sa femme et sa famille. Toutes les personnes semblent absentes, ailleurs, empreintes d’une tristesse, d’une mélancolie.

img_4364La lecture, 1877

A côté des portraits de ses sœurs se trouvent, dans l’entrée de l’exposition, de nombreux autoportraits. Lorsque l’on a des problèmes avec les modèles, quoi de mieux que sa propre physionomie pour étudier le visage ? A la manière de Rembrandt ou de Delacroix, Fantin-Latour peindra une cinquantaine d’autoportraits en trente ans. Ils évoquent aussi le réalisme du maître de Fantin-Latour : Gustave Courbet qui le forma dans son atelier.

img_4294Autoportrait, la tête légèrement baissée, 1861

Pour palier aux problèmes d’argent, Fantin-Latour se met à peindre un autre type de portraits : des natures mortes. Les anglais en raffolent et Fantin-Latour se rattache à la tradition hollandaise du XVIIème siècle et à Chardin pour réaliser ces compositions. Elles sont simples, le décor est une nouvelle fois minimaliste mais les couleurs y sont éclatantes. Fantin-Latour s’y amuse en jouant notamment beaucoup sur les reflets et les contenants en verre. Le peintre a une véritable passion pour les plantes, la nature. Le plus saisissant de ses « portraits » floraux est le tableau représentant des capucines doubles en 1880 : le cadrage est serré, le fond est neutre pour sublimer les fleurs et leur splendide rouge orangé flamboyant. Fantin-Latour va à l’essentiel et touche son spectateur avec peu d’effet.

img_4349Capucines doubles, 1880

La fin de l’exposition m’a moins intéressée, après la découverte du vaisseau fantôme de Wagner, Fantin-Latour veut rendre hommage au musicien et sa peinture prend une tournure plus lyrique, plus emphatique.

L’exposition du musée du Luxembourg permet de découvrir un peintre atypique et discret, loin des courants d’avant-garde de son époque. Un peintre qui aimait l’intériorité, la solitude, la précision et les fleurs. Se dégagent de ses œuvres beaucoup de douceur, de mélancolie et un charme indéniable.

img_4332Les roses, 1889

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