Le parfum des fraises sauvages de Angela Thirkell

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« Rushwater House était une vaste demeure de style plus ou moins néogothique, qui avait été construite par le grand-père de Mr Leslie. Son aspect extérieur avait pour seul mérite de ne pas être encore plus laid qu’il ne l’était. L’intérieur avait le mérite d’être assez spacieux, et de comporter un large couloir qui allait d’un bout à l’autre de l’étage supérieur, où les enfants pouvaient être maintenus hors de vue et hors de portée d’oreille, et semer la pagaille tout leur soûl. » C’est dans cette demeure que la famille Leslie passe ses vacances d’été autour de Lady Emily et de son mari Henri. Leurs deux fils John et David font des aller-retours entre leurs obligations professionnelles à Londres et la campagne. Leur sœur Agnès, ravissante idiote, reste auprès de ses parents avec ses enfants pendant que son mari travaille en Argentine. Se rajoute à cette compagnie Martin, le fils du frère aîné des Leslie, décédé durant la première Guerre Mondiale. Mary Preston, la nièce du mari d’Agnès, est  une jeune femme sans fortune qui est invitée à passer l’été avec la famille à Rushwater House. Elle tombe immédiatement sous le charme de David alors que John tombe sous le sien.

« Le parfum des fraises sauvages » est le deuxième tome de la série Barsetshire et il fut écrit en 1934 par la très prolifique Angela Thirkell, enfin traduite en France. Le roman est une comédie de mœurs, une étude de caractères. L’auteur semble prendre beaucoup de plaisir à donner vie à cette famille fantasque. Le personnage le plus emblématique est celui de Lady Emily, son arrivée à la messe avec sa tribu ouvre le roman et est un moment divinement comique. Emily n’arrive jamais à l’heure, est étourdie, a des lubies obsessionnelles, ses conversations ne sont faites que de digressions interminables. Elle donne le ton à la famille et au livre puisque celui-ci est irrésistiblement drôle et rempli d’ironie. Angela Thirkell se moque de ses personnages et de leurs travers comme ceux de Mary Preston, jeune femme aveuglée par ses fantasmes, ses rêves d’un romantisme échevelé. Mais le regard de l’auteur n’est jamais cruel ou méchant, il est même plutôt emprunt d’une certaine tendresse. Il sait aussi se faire mélancolique, doux-amer lorsque les absents sont convoqués : le fils aîné disparu ou Gay, la femme décédée de John à laquelle il pense à de nombreuses reprises.

« Un parfum de fraises sauvages » est une comédie pétillante, délicieusement ironique où le temps semble suspendu durant cet été de l’entre deux guerres.

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11 réflexions sur “Le parfum des fraises sauvages de Angela Thirkell

    • Malheureusement non, je voulais tenter la version anglaise mais mon manque de temps a eu, pour le moment, raison de mon envie. Celui ci m’a au moins permis de constater que cet auteur me plaisait beaucoup.

  1. J’avais beaucoup aimé Pomfret Towers de cet auteur (je t’assure: tu peux le lire sans soucis en anglais). Et ce que tu dis de ce titre là me fait très envie.

  2. Pingback: A year in England 2016 – Récapitulatif | Plaisirs à cultiver

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