Festival America 2016 part one

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Déjà deux années écoulées de ce festival America 2016, entre café des libraires, grands débats et forum des écrivains, j’ai pu entendre des conférences sur des thèmes très variés :

  • Du réalisme en littérature où Ann Beatie a expliqué l’importance du style, des mots dans la construction de ses nouvelles ; où Alice McDermott a signifié l’importance du lieu et de l’époque  où elle a ancré le personnage principal de son roman « Someone », c’est-àdire l Brooklyn des années 30, celui du véritable melting-pot américain avec l’arrivée par vagues des immigrants ; et où Willy Vlautin a expliqué la genèse de « Ballade pour Leroy » entre colère, culpabilité et empathie.

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  • Un zeste d’humour qui s’est transformé en débat sur l’anticapitalisme, le sens de la démocratie et des élections avec trois écrivains passionnants et engagés : Sam Lipsyte, Iain Levison et Derf Backderf.

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  • Il était une fois en Amérique avec Alice McDermott, Virginia Reeves et Thomas H. Cook qui chacun ont choisi une époque très différentes comme cadre de leurs romans : les 30’s à Brooklyn pou « Someone », les 20’s en Alabama pour « Un travail comme un autre » et les 60’s dans une petite bourgade du sud pour « Sur les hauteurs du mont Crève-Coeur ». Chacun se sert de la fiction pour aller au-delà des faits historiques. Ce qui les intéresse en premier lieu c’est l’intériorité des personnages, c’est d’explorer l’âme humaine et les interactions entre les personnages face à des évènements, des situations de crise. Quitte à aller plus loin que les témoignages historiques, à imaginer de possibles situations comme Virginia Reeves qui raconte une amitié entre un propriétaire blanc et son voisin noir à une époque où cela semblait impossible.

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  • Du roman à l’écran aborde un thème très intéressant, celui de l’adaptation des romans avec Laura Kasischke, Stewart O’Nan et Marlon James. Chacun a eu ou va avoir (une série est en cours d’écriture pour « Brève histoire de sept meurtres » de Marlon James) une ou plusieurs adaptations de ses oeuvres. Tous trois étaient d’accord pour dire qu’il s’agit toujours d’une opportunité, d’une reconnaissance. Mais l’auteur ne doit pas participer à l’écriture de l’adaptation car ce sont deux médias trop différents, deux langages différents. La question de la simplification et de la fidélité ont été soulevées, Marlon James se félicite que son livre soit adapté en série puisque la durée évite la simplification et Laura Kasischke souligne l’importance de la fidélité à l’ambiance, à l’atmosphère de ses livres dans les adaptations. Le débat était passionnant et d’autres idées ont été évoquées comme la disparition des oeuvres originales face à leurs adaptations ce qui fut le cas pour le « Orange mécanique » de Burgess éclipsé par le film de Kubrick.

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  • Pour l’amour de l’art portait sur trois romans : « Vie et mort de Sophie Starck » de Anna North, « New York esquisses nocturnes » de Molly Prentiss et « Peindre, pêcher et laisser mourir » de Peter Heller, j’avoue avoir surtout été intéressée par les deux premiers que j’ai très envie de lire. Le débat interrogeait la manière dont les écrivains rendaient compte du travail des artistes et questionnait leur intérêt pour cette thématique. Pour leurs personnages, l’art est le moyen d’extérioriser leur douleur, de la matérialiser sous forme de peintures ou de films. La création s’accompagne d’une grande solitude que les oeuvres comblent en partie. ce n’est d’ailleurs pas seulement le cas pour leurs personnages puisque Molly Prentiss avoue avoir été très solitaire et que l’écriture était une compagne qui lui permettait de se sentir moins isolée.

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  • Fitzgerald le magnifique nous a offert une formidable conversation entre Stewart O’Nan et Liliane Kerjan sur l’écrivain Francis Scott Fizgerald sur les fêlures de la fin de sa vie, sur l’importance et la grandeur de « Gatsby le magnifique », sur la manière dont son oeuvre a été redécouverte en Amérique et sur la pauvreté des adaptations de ce roman (je n’étais d’ailleurs pas tout à fait d’accord puisque je trouve Robert Redford excellent en Gatsby). C’était passionnant à l’image de la vie de l’écrivain.

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24 réflexions sur “Festival America 2016 part one

  1. Tu sais déjà que nous avons un débat en commun. Il y a un tel choix de débats et de rencontres que c’est difficile de se déterminer, surtout lorsque l’on est limité par le temps. J’aurais aimé revoir Ian Levinson (entre autres)

    • Je suis bien d’accord avec toi, c’est très difficile de faire un choix et je regrette toujours d’avoir manqué certains auteurs. Cette année, je n’ai malheureusement pas pu voir Kevin Powers alors que j’ai adoré son roman.

  2. J’aurais beaucoup aimé voir la conférence sur Fitzgerald ! La conférence que j’ai vue sur le grand ouest m’a un peu déçue… Mais donné envie de partir m’installer quelques temps au Montana, signe que ce n’était pas si raté !😀

  3. Chouette compte rendu ! J’aurais vraiment aimé en être ! Une future année peut-être (quel dommage que la période de soit pas la plus propice de l’année…)

  4. Pingback: Le mois américain 2016 – Billet récapitulatif | Plaisirs à cultiver

  5. Je viens de lire tes deux billets : tu représente dignement le mois américain avec toutes ces conférences ! Nous ne nous sommes croisées à aucune d’entre elles, semble-t-il, ce sera pour une autre fois !

    • Et il en manque que je n’ai pas suivie en entier ! Il y a tellement de choix que l’on ne sait plus où donner de la tête ! Oui, j’espère que nous aurons l’occasion de nous voir une autre fois.

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