Une photo, quelques mots (228ème) – Atelier d’écriture de Leiloona

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Dès que j’avais franchi le seuil de la librairie, j’avais été attiré par cette étrange couverture. Je suis allé feuilleter d’autres livres mais rien n’y faisait, je me sentais comme attiré par ce roman. Ce fut le seul que j’achetai ce jour-là.

Le soir, je m’installai pour commencer ma lecture. Au fil des pages, j’étais envahi par une drôle de sensation. Je me sentais engourdi, plongé dans un flou, un brouillard dense. Et après plusieurs heures de lecture, j’étais totalement incapable de dire ce que racontait le roman. Etait-il ennuyeux au point de m’assommer ?

Je stoppai ma lecture et décidai d’aller me coucher. Mon sommeil était agité. Je me tournais et me retournais dans mon lit. Je me réveillai en sursaut, couvert de sueur et avec la certitude que quelqu’un était dans la chambre avec moi. J’allumai, fouillai la pièce, l’appartement. Personne. J’avais du faire un cauchemar. Ce roman avait dû influencer mon imaginaire, il était finalement plus puissant qu’il en avait l’air.

Ma journée du lendemain se déroula normalement. Le soir vint et je décidai de ne pas rouvrir le livre. Inutile de passer à nouveau une mauvaise nuit. Je me couchai et le sommeil vint rapidement. Mais comme la veille, je me réveillai en pleine nuit, le cœur battant. Elle était là, je le sentais. Entourée de son halo de brouillard, elle s’approchait de moi. Son corps frôlait le mien, sa bouche murmurait à mon oreille des mots incompréhensibles. Sa voix était irrésistible, envoûtante. J’arrivai à atteindre l’interrupteur, je voulais la voir. Encore une fois, la pièce était vide. Je restai perplexe, assis dans mon lit. Jamais je n’avais fait de tels rêves, jamais ils ne m’avaient semblé aussi réels. Cette fois, je ne pus me rendormir. Je pris le livre, scrutai la couverture, pourquoi étais-je aussi obsédé par cette image ?

Le jour suivant était interminable. Je me sentais impatient, fébrile. J’attendais la nuit. J’attendais de la retrouver, qu’elle soit réelle ou virtuelle, peu m’importait. Ce soir arriva enfin et je sombrai rapidement dans un sommeil que j’espérais plein de rêves. Et elle vint. Elle se rapprocha de moi, m’ensorcela avec ses mots étranges. Je pouvais la toucher, la caresser. Je me sentais euphorique, léger, heureux presque douloureusement. Je ne voulais pas que le temps s’arrête. Je me laissais porter par sa voix. Elle était à moi, rien qu’à moi. Je… je… je…

Le lendemain matin, les pompiers forcèrent la porte de M. Vaneuse suite à l’appel d’un voisin qui l’avait entendu hurler. Ils trouvèrent son corps inanimé dans son lit, les yeux exorbités, le visage couvert de trace de rouge à lèvres.

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20 réflexions sur “Une photo, quelques mots (228ème) – Atelier d’écriture de Leiloona

  1. Ton texte manie très bien les codes du fantastique ! La fin me fait penser à la Vénus d’Ille 🙂 Bises

  2. Comme le lecteur de ton histoire, on est aspiré, on veut savoir qui est cette femme, mais on espère bien ne pas finir ainsi!

  3. Donato Carrisi aurait-il des pouvoirs magiques ?…Fait-il le même effet à tous ses lecteurs ?….Serait-il responsable de bien des décès inexpliqués ?…..Je ne suis pas sure que j’ai hyper envie d’aller lire le livre moi !!!!!…..Bravo pour ton imagination un brin angoissante je l’avoue !!!

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