La grande panne de Hadrien Klent

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Dans le sud de l’Italie, l’explosion, accidentelle ou volontaire, d’une mine de graphite sème la panique. En effet, un immense nuage s’en est échappé et risque de s’enflammer au contact des lignes à haute tension. Il est donc décidé de plonger le pays dans le noir. En France, c’est le branle-bas de combat puisque le nuage se déplace vers le nord. Le black-out s’impose également pour la population française. Un seul endroit conservera l’électricité grâce à un générateur : l’île de Sein. Et c’est là que le gouvernement va venir s’installer durant toute la durée de la coupure. Tous les conseillers, le président et les ministres débarquent sur cette île paisible. L’un de ses habitants n’est pas enchanté par cet envahissement. Normand, ancien conseiller du premier ministre devenu président, est venu vivre sur l’île pour fuir la vie politique et écrire un livre. Il est d’autant plus agacé que dans les conseillers se trouve Alexandrine, son ancienne petite amie. Mais d’autres se réjouissent de ce futur blackout. Un journaliste décide d’éditer un journal à l’ancienne et d’être la seule voix durant la coupure, une belle façon de relancer sa carrière. Jean-Charles, un activiste de l’ultra-gauche, veut lancer une nouvelle Commune sur les collines de Belleville et va profiter du noir total pour prendre possession des lieux. Le blackout sera-t-il synonyme de chaos en France ?

Sur un mode humoristique, Hadrien Klent nous présente une situation parfaitement plausible et tout à fait d’actualité. Entre les attentats et les pénuries possibles de carburant, « La grande panne » fait totalement écho à notre quotidien. Avec légèreté, l’auteur épingle les travers de notre époque. Les conseillers du président n’ont aucune réflexion profonde sur le long terme. Leur but est uniquement la communication, l’image du président qui en a bien besoin pour faire oublier qu’il est cyclothymique. La panne aura peut-être la vertu d’ouvrir les yeux des français  sur les absurdités de notre société et sur nos délires technologiques. Sans le courant, les français réapprennent à vivre sans toutes les nouvelles technologies et finalement ils s’en sortent très bien. Ils prennent le temps, ralentissent le rythme de leurs vies. Et c’est exactement ce que Normand est venu faire sur l’île de Sein, même s’il n’ose pas l’avouer à l’hyperactive Alexandrine lorsqu’elle lui demande ce qu’il a fait de sa vie pendant tout ce temps : « Cette fois-ci, il ne répondra pas, non plus. Même Normand, même l’autre Normand, celui qui ne baissait jamais la garde, même celui-ci ne pourrait répondre, n’oserait répondre : rien. Rien du tout. Je n’ai rien fait, juste le temps a glissé sur moi et c’était bon. » Presque une philosophie  de vie qu’il est décidément fort plaisant de lire dans un roman.

Roman catastrophe, réflexion sur la société contemporaine, histoires d’amour et d’amitié, « La grande panne » de Hadrien Klent est tout ça à la fois et exploite différents types de narration. C’est drôle, réaliste, intelligent, un roman qui donne envie de ralentir et de couper le courant.

Merci aux éditions tripode pour cette lecture.

4 réflexions sur “La grande panne de Hadrien Klent

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