La ballade et la source de Rosamond Lehmann

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Dans le voisinage de la maison de Rebecca, dix ans, revient s’installer Mrs Sybil Jardine. La vieille femme n’était pas revenue sur sa propriété depuis de nombreuses années. Mrs Jardine était très amie avec la grand-mère de Rebecca mais par la suite les liens furent rompus entre les deux familles. Rebecca est très intriguée par la vie de Mrs Jardine et elle est enchantée lorsqu’elle celle-ci l’invite avec sa sœur à lui rendre visite. Entre Rebecca et Mrs Jardine une affection mutuelle se développe. L’enfant devient la confidente de la vieille femme qui lui raconte les épisodes marquants de sa vie mouvementée. Dans le même temps, Rebecca devient amie avec la petite fille de Mrs Jardine, Maisie. Rebecca est totalement fascinée par l’histoire de la famille.

« La ballade et la source » est un roman très mélodramatique. Il y est question de suicide, de folie, possiblement d’inceste, d’abandon d’enfants. Le sceau du malheur s’abat sans cesse sur la famille de Mrs Jardine comme pour la punir de son péché originel : avoir quitté son mari pour un autre homme. Le personnage de Mrs Jardine est très fort. C’est une femme de caractère, indépendante qui sacrifie tout à sa liberté et est prête à en payer le prix. Mais c’est également un personnage ambigu. En tentant de récupérer sa fille, elle l’entrainera à sa perte. Mrs Jardine est une femme très manipulatrice grâce à son charme qu’elle exerce sur son entourage. Rebecca est totalement envoûtée et se retrouve, à dix ans, la confidente d’évènements terribles et souvent scabreux.

Malgré un personnage central complexe, mon avis est mitigé sur ce roman. L’histoire de Mrs Jardine, puis de sa fille Ianthé, est uniquement racontée par des dialogues. Au milieu du livre, le lecteur se retrouve à devoir ingérer plus de cinquante pages de dialogues entre Rebecca et Mrs Jardine. J’ai réellement peiné à en venir à bout, j’ai trouvé ce biais de narration assez indigeste. Et malheureusement la fin du roman reprend ce procédé entre Maisie et Rebecca. Un autre problème du livre me semble-t-il est justement le personnage de Rebecca. Elle n’existe que comme confidente, elle n’est qu’un prétexte à la narration et n’a aucune épaisseur. Il m’aurait paru intéressant d’étudier l’impact des révélations de Mrs Jardine sur une si jeune enfant.

« La ballade et la source » fut donc un rendez-vous manqué avec Rosamond Lehmann malgré le fort pouvoir d’attraction de son personnage principal.

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15 réflexions sur “La ballade et la source de Rosamond Lehmann

  1. J’attendais ton avis avec impatience ! Tes réserves me refroidissent un peu, je ne suis pas sûre de me laisser tenter. Je suis souvent partagée sur cet auteur au final (j’ai aimé Poussière et L’Invitation à la valse mais je me suis ennuyée à la lecture du Jour Enseveli) …

    • Je suis assez d’accord avec toi, je ne suis pas toujours enthousiaste à la lecture de Rosamond Lehmann. J’avais déjà noté « L’invitation à la valse » et je sais maintenant qu’il faut que j’évite « Le jour enseveli » !

    • Je te conseille « Poussière » qui est souvent cité comme le meilleur et que tu ne devrais pas avoir de mal à trouver. Elle n’est malheureusement plus édité en France. C’est un des auteurs préférés de Jonathan Coe qui lui avait rendu hommage avec son roman « La pluie, avant qu’elle tombe ».

  2. Je n’ai pas encore de Rosamond Lehmann dans ma PAL, mais je compte bien en découvrir un un jour, même si les avis sont souvent assez mitigés à son sujet.

    • Cela dépend vraiment des livres. Je ne suis pas toujours aussi mitigée avec elle. Mais c’est vrai qu’elle ne fera pas partie de mon Panthéon personnel !

  3. En commençant à lire ta chronique j’avais moi-même un avis mitigé… Si jamais une chronique surgissait sur un autre blog avec un avis plus positif, peut-être changerai-je d’avis.

  4. Je n’ai jamais lu de Rosamond Lehmann mais j’ai Poussière dans ma PAL et je crois que je commencerai plutôt par lui. Ce que tu dis de ce roman ne me fait pas du tout envie. Et je ne comprends vraiment pas pourquoi elle a opté pour les dialogues sans cesse.

    • Pour beaucoup de lecteurs, « Poussière » est son meilleur roman, tu as donc raison de commencer par celui-là. C’est vrai que le procédé est étonnant d’autant plus que tu découvres toute l’histoire d’un seul coup au milieu du livre. Bref, ce n’était pas une bonne pioche !

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  6. Je partage ton avis sur l’auteur (inégale), mais j’ai toujours « Poussière » qui m’attend…

    • J’ai eu beaucoup de mal avec « Poussière » lorsque je l’ai lu, il faudrait que je retente ce roman. Mais je suis rassurée de voir que tu la trouves, comme moi, inégale.

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