Une photo, quelques mots (188ème) – Atelier d’écriture de Leiloona

ribot© Julien Ribot

Elle est moins effrayante que ce que je m’imaginais. Ce n’est qu’une vieille baraque qui tombe en ruines. Le mur s’émiette, les plantes envahissent tout. La porte refuse de s’ouvrir, pas étonnant quand on voit l’état du bois et la rouille sur les gonds ! Pareil pour les volets, ils sont complètement bloqués. Y va falloir que je trouve un autre moyen de rentrer dans cette satanée maison. Je vais faire le tour, les autres ont bien réussi à y entrer, y a pas de raison que j’y arrive pas.

A l’arrière, je découvre un grand jardin totalement sauvage, abandonné depuis trop longtemps, bien avant ma naissance. Ma grand-mère se souvient des habitants de cette maison. Elle était jeune fille lorsqu’ils sont partis. Les Durance étaient de grands bourgeois possédant de nombreux terrains dans la région. Ils avaient une fille unique, Eléonore. Ma grand-mère m’a dit qu’elle était très belle. Elle la voyait parfois en ville dans de belles robes blanches. Tous les garçons étaient sous le charme mais les parents attendaient un bon parti. Mais Eléonore ne l’entendait pas de cette oreille. Elle était amoureuse du garde-chasse qui le lui rendait bien. Ils se voyaient en cachette. Mais ils n’ont pas été très prudents et Eléonore tomba enceinte. Une honte pour la famille. Ses parents voulurent la marier avec le fils d’un de leurs amis qui fut grassement payé pour accepter l’enfant. La situation était insupportable pour Eléonore et un matin ses parents la trouvèrent pendue dans sa chambre. Ma grand-mère m’a dit que ça avait fait un sacré scandale dans le coin. Les Durance décidèrent de quitter la région et la maison est restée fermée depuis. Impossible de la vendre.

La nuit commence à tomber, faudrait que je trouve un moyen de rentrer. La porte de derrière a l’air mal fermée. Un petit coup d’épaule et me voilà à l’intérieur. La porte ouvre sur la cuisine, la poussière recouvre tout. Voyons plus loin, salle à manger, salon, encore une autre pièce… waou ! C’est immense ici ! Si ma mère voyait ça, elle qui veut toujours plus de place, elle serait servie !

Je vais m’installer sous l’escalier, l’endroit n’est pas trop sale, je vais pouvoir y déplier mon sac de couchage. Ça va être du gâteau ce défi, les autres vont bien être obligés de m’accepter dans leur bande ! Une maison hantée, n’importe quoi !

Hé mais c’est quoi ce bruit ? Ne sois pas ridicule, c’est le bois qui craque ou le vent… non, ça a l’air de venir d’au-dessus… ça recommence, on dirait que quelqu’un marche à l’étage… ce sont forcément les chambres qui sont là-haut… ça serait donc vrai ? Eléonore est toujours là ? Le bruit ne s’arrête pas, il s’amplifie… Oh et puis merde, j’en trouverai d’autres des copains ! Je rentre à la maison !

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27 réflexions sur “Une photo, quelques mots (188ème) – Atelier d’écriture de Leiloona

  1. C’est rigolo 🙂 Je croyais que tu étais toi aussi partie vers la mélancolie, comme beaucoup d’entre nous, mais la fin tourne à ton avantage, bravo !

    • Je tombe facilement dans la mélancolie, la tristesse mais cette fois j’ai essayé de changer un peu, d’être plus originale. Merci beaucoup Estelle !

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