Le bois du rossignol de Stella Gibbons

9782757840986

Viola Wither se retrouve veuve à 21 ans. Sans ressources, elle doit aller vivre chez ses beaux-parents,  propriétaires d’un manoir dans la campagne de l’Essex. La famille Wither vit une vie monotone et austère. Le père est uniquement intéressé par l’argent et la manière de le placer. Il impose aux autres membres de sa famille une vie réglée, régie par la pendule et ne supporte aucun retard. Les deux filles de la maison ne sont pas mariées : Madge se consacre au sport et à son désir d’avoir un chien, Tina attend toujours l’homme providentiel et le trouve dans le chauffeur de son père. Viola s’ennuie donc ferme parmi les Wither. Elle, si frivole, ne rêve que de la vie des voisins : les Spring qui organisent fêtes sur fêtes. Viola tombe d’ailleurs sous le charme du fils de la famille, Victor, qui malheureusement vient de se fiancer. Va-t-il enfin advenir quelque chose dans la vie de Viola ?

« Le bois du rossignol » est un roman très caustique, so english, qui évoque ceux de Jane Austen. Ce sont en effet les femmes qui en sont le cœur. Stella Gibbons nous en offre toute une galerie. Dans cette société conventionnelle et traditionaliste, ce sont elles qui font bouger les lignes. Viola est issue d’un milieu populaire, son père était propriétaire d’un magasin de mode. Son mariage ne plaisait absolument pas à Mr Wither, une mésalliance pour lui. Il devra en subir une autre avec l’amour de Tina pour le chauffeur. Chez les Spring aussi, c’est une femme qui veut révolutionner les habitudes. Il s’agit de la cousine orpheline de Victor, Hetty. Elle voudrait faire des études à l’université, être indépendante et passe son temps à lire de la poésie. « À présent, Hetty devait s’y consacrer en cachette, sous peine de provoquer les moqueries puis les commentaires acerbes de sa tante et son cousin, ils n’appréciaient pas la singularité et l’intelligence chez les jeunes filles. De telles créatures, incapables de faire carrière malgré leurs dons, étaient des inadaptées. Si, comme Hetty, elles ne montraient aucun talent pour les fêtes, l’équitation, le tennis, le ski, l’avion, la voile et le golf, elles étaient une épreuve, un constant sujet d’irritation pour les Spring. » Hetty rêve du calme et de la vie monacale des Wither ! Elle aussi va à l’encontre du modèle féminin traditionnel et espère pouvoir enfin choisir sa vie.

« Le bois du rossignol » est un roman plein d’esprit qui nous livre des portraits de femmes très modernes et très justes. Une jolie découverte.

Un grand merci aux éditions Points pour ce roman.

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21 réflexions sur “Le bois du rossignol de Stella Gibbons

  1. Je viens justement de découvrir l’ironie austenienne (enfin!). Ton avis ne peut que me tenter de replonger dans cet univers féminin caustique so british !

  2. Très jolie couverture du reste ! Je me laisserai bien tenter pour l’humour et l’ambiance british dont tu parles…

  3. ça se passe de nos jours ?
    Je ne suis pas très tentée, je trouve qu’il y a beaucoup de romans dans cette veine en ce moment et je ne te sens pas assez enthousiaste pour le coup (en plus trop de femmes tuent la femme je trouve, je suis dans une phase où j’ai besoin d’hommes en littérature).
    (ce commentaire a été écrit alors que j’étais sobre et clean)

    • Non, ça se déroule plutôt dans les années 50. C’est vrai que c’est vraiment un livre de femmes (et pas uniquement pour femmes) car ce sont elles qui font évoluer les mœurs. C’est ce côté-là qui m’a plu. Après, je n’ai pas non plus sauté au plafond, j’ai passé un délicieux moment mais je garde mon enthousiasme débordant pour de plus grands moments de littérature. Tu étais sobre et clean ? Ma pauvre !!!

  4. J’ai vraiment adoré la plume e Stella Gibbons, qui transforme toute petite observation de ces contemporains en description un peu acide. J’ai ri à plusieurs reprises. Je serai heureuse e la retrouver ! Et pour une fois, je trouve effectivement qu’on peut comparer à Jane Austen. Elle prend une histoire qui pourrait être banale, mais la façon dont elle la décrit fait que l’histoire devient drôle et intéressante.

    • Tu as vu qu’un nouveau roman venait de paraître ? « Westwood » qui se passe à Londres en 1940, j’espère que nous y retrouverons l’humour du « Bois du rossignol ».

      • Oui j’ai vu, mais vu la période, je ne suis pas sûre que l’humour prédomine et il me tente moins. Mais je l’achèterai sans doute s’il sort en poche. J’attends surtout la traduction de Cold comfort farm qui est réputé pour être son meilleur.

  5. Pingback: Le célibataire de Stella Gibbons | Plaisirs à cultiver

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