N’oublie pas les oiseaux de Murielle Magellan

magellan

Devant l’enthousiasme de George, L’irrégulière et Leiloona, j’ai eu envie de découvrir le dernier livre de Murielle Magellan « N’oublie pas les oiseaux ». Ce récit autobiographique est un hommage vibrant à l’homme slave, Francis Morane, le grand amour de sa vie.

A 17 ans, Murielle Magellan débarque à Paris pour entrer à l’École des chansons. L’un de ses professeurs est l’homme russe et elle est tout de suite subjuguée par son charisme et son intelligence. La jeune femme s’éprend de cet homme qui a plus du double de son âge. Celui-ci ne remarque pas tout de suite cette provinciale timide et effacée. Il faut dire qu’il ne manque pas de belles et jolies femmes dans son entourage, l’homme slave est un séducteur impénitent. Pourtant, il finit par se laisser séduire par Murielle et c’est une longue et orageuse histoire d’amour qui commence.

Je suis, comme George, peu friande d’autofiction mais j’ai été emportée par cette histoire. Il faut bien reconnaître que cette histoire d’amour est particulièrement romanesque et l’on comprend le besoin de Murielle Magellan de nous la raconter. L’homme slave sortait totalement de l’ordinaire et cherchait sans cesse à surprendre, à embellir le quotidien : il offre des bouquets de fleurs à 600 Fr ; ne paie pas ses impôts par principe ; organise un feu d’artifice pour le 14 juillet dans son jardin. Cet homme fantasque ne pouvait que captiver une jeune femme sortant tout juste de l’adolescence. Mais cette médaille brillante a son revers sombre. L’homme russe est un Don Juan, un goujat qui blesse profondément par désinvolture ou par peur d’un engagement. Cette histoire d’amour se déroule en huit mouvements, entre rupture et retrouvailles. Murielle Magellan apprend la puissance constructive aussi bien que destructrice d’un amour fou. Pendant vingt ans, elle ne pense qu’à cet homme, n’aime que lui et grandit personnellement et professionnellement grâce à lui.

Murielle Magellan décrit parfaitement le sentiment amoureux dans ses bonheurs comme dans ses affres. L’identification fonctionne pleinement.  Toute personne ayant connu ce sentiment, se souvient de l’angoisse de l’attente, des papillons dans le ventre au premier rendez-vous, de la joie de l’accomplissement, de la douleur infinie de la séparation. Murielle Magellan nous raconte son histoire d’amour sans étalage, sans voyeurisme. Une grande honnêteté se dégage de ce texte.

Une seule chose m’a gênée dans ma lecture, ce sont les extraits tirées des journaux intimes de Murielle Magellan qui ponctuent le texte. Elle semble vouloir nous prouver que ce qu’elle écrit aujourd’hui correspond bien à ce qu’elle pensait à l’époque. Ces passages me semblent redondants par rapport au texte principal. Et sa sincérité ne me parait pas avoir besoin d’être renforcée, elle est évidente dès les premières lignes.

Malgré ce petit bémol, « N’oublie pas les oiseaux » est un texte prenant, un hymne à la gloire d’un amour fou, un portrait magnifique et sensible de l’homme slave.

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20 réflexions sur “N’oublie pas les oiseaux de Murielle Magellan

  1. Parler de ce roman un 14 février, tu ne pouvais pas faire mieux 😉 !
    Je n’ai pas été gênée par cette redondance des extraits de son journal, je trouve qu’on perçoit dans ces extraits l’évolution de Murielle, dans son écriture, au cours des années ce que peut-être il est plus difficile de rendre dans une narration simplement rétrospective, là on a ses mots de l’époque. Mais ce n’est pas faux non plus de dire que ça peut paraître redondant.

    • C’était ma petit contribution à la St Valentin !Justement, je trouve que son évolution était bien rendue par le texte principal mais c’est vraiment un détail qui n’a pas énormément perturbé ma lecture.

  2. C’est vrai que c’est un magnifique roman ! Personnellement, les extraits des carnets ne m’ont pas gênée, au contraire, d’abord parce que parfois ils sont un peu en décalage avec le souvenir, et aussi à cause de certaines intuitions fulgurantes sur l’issue de leur histoire !

    • Lorsqu’elle nous dit dans le texte principal qu’elle savait comment certaines choses allaient se passer, je la crois ! Je n’ai pas besoin qu’elle me le prouve ! Mais c’est vraiment un détail qui ne m’a pas empêché d’aimer ce texte.

  3. Bien aimé les extraits des journaux car je m’intéresse énormément au processus d’écriture … Qu’est-ce qui fait finalement qu’on écrit ce livre plutôt qu’un autre …
    Un roman qui me suivra longtemps.

  4. Mon bémol à moi porterait surtout sur le fait de mettre cet homme à nu devant nu alors qu’il ne peut plus rien en dire. C’est toujours mon problème avec l’autofiction. Mais elle écrit bien, rien à redire à ce niveau.

    • Je comprends ta réserve mais cela m’a moins gêné que dans d’autre livre parce que malgré tout c’est un hommage magnifique à cet homme. Elle ne le rends pas méprisable ou elle ne le dénigre pas comme c’est le cas dans certains livres. Je pense qu’il aurait beaucoup aimé ce livre.

  5. Je comprends ton bémol même si moi j’ai trouvé que cela montrait à merveille sa prise de distance 😉

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