Le jardin blanc de Stephanie Barron

9782841115440

Jo Bellamy, une jeune paysagiste américaine, est chargée de copier le jardin blanc de Sissinghurst dans le Kent pour un riche client, Gray Westlake. La propriété de Sissinghurst avait appartenu à Vita Sackville-West, ses descendants et le National Trust continuent à en prendre soin. Avant son départ, Jo fait part de sa joie de travailler au jardin blanc à son grand-père qui malheureusement se suicide le jour suivant. Dans ses papiers, Jo découvre qu’il a vécu à Knole où Vita Sackville-West a grandi et qu’il n’avait pas su protéger une mystérieuse Dame. Le voyage dans le Kent est l’occasion pour Jo d’enquêter sur la jeunesse de son grand-père. En cherchant dans la remise des jardiniers, elle découvre un vieux cahier, un journal intime qui commence le 29 mars 1941. La lecture de ce document fait irrémédiablement penser à Virginia Woolf mais comment cela serait-il possible puisqu’elle s’est suicidée le 28 mars 1941 ?

Stephanie Barron aime à écrire des romans policiers dont les héros sont des auteurs célèbres puisque avant « Le jardin blanc » elle avait fait de Jane Austen un détective. Ici, elle part d’un fait réel, à savoir le laps de temps entre la disparition de Virginia Woolf et la découverte de son corps dans l’Ouse. Imaginer que Virginia ne s’est pas suicidée le 28 mars 1941 mais avait juste quitté Léonard est tout à fait séduisant. Le concept du jardin entièrement blanc pour lui rendre hommage l’est également. L’intrigue construite par Stephanie Barron fonctionne plutôt bien car elle s’est bien documentée sur l’entourage de Virginia Woolf et sur la guerre en Angleterre. On retrouve en effet dans le roman tout le groupe de Bloomsbury, on visite la maison de Vanessa Bell à Charleston, celle des Woolf à Rodmell et on se balade à Oxford et Cambridge. L’auteur fait également des efforts dans la partie journal intime pour retrouver l’esprit et les idées de Woolf, même si faire entendre véritablement sa voix est quasiment impossible. L’histoire (que je ne peux vous dévoiler plus) tient la route et est rythmée par de nombreuses découvertes et péripéties de notre héroïne-jardinière.

Bien sûr il y a des faiblesses dans ce roman. Les découvertes et les raisonnements se font trop facilement, tout s’enchaîne sans peine. Et la vie sentimentale de l’héroïne ne m’a pas beaucoup intéressée. Faut-il obligatoirement rajouter des scènes romantiques pour plaire à un lectorat féminin ? Pas très woolfien comme idée… La scène où nous faisons connaissance avec Gray Westlake est assez calamiteuse mais Stephanie Barron limite quand même par la suite ses élans de sentimentalisme.

Malgré quelques facilités, Stephanie Barron nous offre un divertissement honnête et dans l’ensemble bien construit qui nous promène en Angleterre et fait revivre l’immense Virginia Woolf et la très talentueuse Vita Sackville-West.

Merci à Christelle et aux éditions Nil pour cette lecture.

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23 réflexions sur “Le jardin blanc de Stephanie Barron

  1. Ce roman m’a bien plu également. La grande faiblesse reste quand même l’intrigue… Sinon j’ai vraiment aimé les descriptions du jardin et la découverte du groupe de Bloomsbury.
    Bon weekend! 🙂

    • Oui c’est un roman agréable à lire, un divertissement qui donne envie d’aller dans le Kent ! Mais l’intrigue reste assez facile, je suis bien d’accord.

    • J’aime beaucoup également, surtout quand les personnages sont vraiment travaillés. Ce n’est pas tellement le cas dans la série de Stephanie Barron sur Jane Austen. Ici il y a quand même plus de recherche.

  2. J’avais noté le 26 pour le billet 🙂 Bon je renonce à m’y retrouver avec les dates, mon billet paraîtra demain… j’ai passé un moment très agréable, on se laisse prendre au jeu…

    • C’était le 26 au départ mais finalement nous avons été autorisées à publier le jour de la sortie. Sorry, j’aurais du t’envoyer un message pour te prévenir. Oui on se laisse prendre au jeu, les visites s’enchainent et la promenade est charmante.

  3. Comme je l’ai dit chez Lou, ce livre a l’air tout à fait sympathique, mais pas pour tout de suite. Pour la question de la nécessité d’une intrigue amoureuse, je crois malheureusement que beaucoup pensent que c’est le cas, au risque de créer un truc artificiel qui prend trop de place.

    • Il ne faut chercher plus qu’un divertissement dans ce livre, ça se lit bien en vacances ! La présence des histoires d’amour donnent vraiment l’impression d’un livre écrit spécifiquement pour un lectorat féminin voire de midinettes. C’est quand même dommage de limiter son lectorat ainsi. Je reconnais néanmoins que cela ne prend finalement pas trop de place, c’est juste assez maladroitement écrit.

  4. Je l’ai lu, j’ai aimé, même si j’ai trouvé l’intrigue un peu trop convenue, et un rythme d’écriture un peu trop lent. Mais les paysages, les belles demeures et beaux jardins donnent très envie d’une ballade dans le Sud de l’Angleterre !

    • Je suis bien d’accord avec toi sur la faiblesse de l’intrigue et sur le fait qu’il donne vraiment envie de se balader dans cette partie de l’Angleterre. J’aimerais voir ce fameux jardin blanc.

  5. Billet laborieux. Tu t’en sors très bien ! Je l’ai lu en juillet et j’ai été obligée de le relire un peu pour la chronique. La traduction m’a beaucoup gênée.

    • Au final, nous avons presque le même ressenti sur ce livre. J’ai été un peu plus clémente grâce aux visites dans les différents lieux qui sont bien agréables. Mais je ne vais pas en garder un souvenir impérissable !!

  6. Pingback: Le jardin blanc | Thé, lectures et macarons

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