La femme comestible de Margaret Atwood

Marian est une jeune canadienne travaillant dans une société d’enquêtes. Elle vit en colocation avec Aisnley, totalement farfelue et foutraque. La vie de Marian semble sur des rails, elle fréquente Peter qui lui demande rapidement de l’épouser. Mais le comportement de la jeune femme déraille petit à petit à partir des fiançailles : elle quitte une soirée en courant, se cache sous un lit pour éviter Peter, cherche à revoir Duncan rencontré lors d’une enquête et surtout elle arrête de s’alimenter. Son organisme refuse toute nourriture et Marian est totalement perdue.

« La femme comestible » est le premier roman de Margaret Atwood et fut publié en 1969. La construction est habile et significative. La narration commence à la 1ère personne puis passe à la 3ème personne lorsque Marian se fiance, pour s’achever avec un retour à la 1ère personne. Elle suit le parcours de vie de Marian qui se perd pour finalement s’affirmer pleinement. Le roman de Margaret Atwood interroge bien entendu la place de la femme à la fin des années 60. Marian est autonome, elle travaille, loue un appartement. Mais les femmes sont loin d’être libres et le mariage est toujours nécessaire. Personne ne se voit vieillir en restant célibataire. Et il faut trouver la personne adéquate. L’amour entre Marian et Peter semble plus tenir de l’arrangement, du moins mauvais choix possible : « Elle piqua une olive noire dans sa salade et la dévora. Ce devait être ça. Il l’évaluait comme il aurait évalué un nouvel appareil photo, essayait de repérer le coeur des rouages et des minuscules mécanismes, les éventuels points faibles, le genre de performances qu’il pouvait escompter dans l’avenir : les ressorts de la mécanique. Il voulait savoir comment elle fonctionnait. » Dès les fiançailles, Marian démissionne de son travail, sa mission est simple : faire des enfants et créer un foyer. Devant cette pression sociale, devant la disparition de son être, Marian se rebiffe et son corps se bloque. Inconsciemment elle refuse de se faire manger par les autres et d’abdiquer sa personnalité. Elle cherche une autre voie pour s’épanouir, où elle aura de véritables choix.

Ce premier roman de la grande romancière canadienne est très dense, par moments un peu long, et militant. Margaret Atwood fait déjà preuve d’une grande maîtrise dans la construction de son intrigue et de son écriture.

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4 réflexions sur “La femme comestible de Margaret Atwood

    • J’avais aussi commencé à lire Margaret Atwood avec « Le tueur aveugle » que j’avais adoré. Celui-ci est dans un tout autre genre mais je crois que Margaret Atwood a écrit des choses très variées.

  1. Je n’ai jamais lu cet auteur, mais j’ai « Le dernier homme » dans ma PAL. Tu l’as lu ? Ce livre a l’air intéressant, mais peut-être pour une seconde découverte d’Atwood.

    • Non je n’ai pas lu le roman dont tu me parles. Je ne puis donc pas te dire s’il est bien même si je pense que Margaret Atwood est intéressante quel que soit le sujet.

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