De vieux os de Louise Welsh

Le professeur Murray Watson enseigne la littérature à l’université de Glasgow. Souhaitant effectuer des recherches approfondies en vue d’un livre, il prend une année sabbatique. Le sujet de son travail est un poète écossais méconnu : Archie Lunan. Ce dernier n’a en effet écrit qu’un seul et unique recueil de poèmes. Lunan est mort noyé à 25 ans. Murray souhaite rédiger une biographie de Lunan et part à la recherche de ceux qui aurait pu croiser sa route. Les archives de la bibliothèque d’Édimbourg étant bien minces et les personnes interrogées restant dans le vague, Murray décide de se rendre sur l’île de Lismore où Lunan perdit la vie en mer. Il espère pouvoir y rencontrer Christie Graves, la petite amie de Archie Lunan au moment de son décès.

« De vieux os » allie deux genres littéraires qui me plaisent beaucoup : le roman universitaire à la David Lodge et le roman à suspense. Murray s’absorbe complètement dans ses recherches, la littérature est tout sa vie. On voit bien qu’il est perdu dans sa vie personnelle, il couche avec la femme de son responsable, il ne s’est toujours pas remis de la mort de son père et se dispute sans cesse avec son frère Jack. Se plongeant dans la vie d’Archie Lunan pour mieux oublier la sienne, Murray fait en réalité le point sur sa propre existence.

Et cette quête identitaire et littéraire se fait sous la forme d’une enquête. Murray (le Dr Watson, un joli clin d’œil qui m’a beaucoup amusé) interroge des témoins de la vie d’Archie, recoupe les différents évènements, épluche les archives et finit par explorer le lieu où le poète est mort. Cette manière de mener l’intrigue est très ludique et rend rapidement le lecteur captif du livre.

Louise Welsh a également un sens aigu de l’atmosphère. Elle sait rendre l’ambiance des différents lieux parcourus par Murray. Revenant moi-même d’Écosse, j’ai été particulièrement sensible au rendu des lieux. J’ai, par exemple, parfaitement retrouvé l’ambiance de la capitale écossaise durant son grand festival d’été. L’île de Lismore m’a évoqué l’île de Lewis chère à Peter May et  l’île de Skye. On y trouve plus de moutons que d’habitants, le vent et la pluie sont omniprésents et il n’y a même pas de pub pour se réchauffer !

Louise Welsh a l’art de raconter une histoire, son roman à énigme est parfaitement maîtrisé et une fois ouvert il est impossible de le lâcher. Une belle découverte littéraire que je dois à ma kiltissime copine Cryssilda.

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20 réflexions sur “De vieux os de Louise Welsh

  1. J’avais eu un avis un peu plus mitigé, même si j’avais beaucoup aimé le personnage et l’ambiance. La deuxième partie du roman m’avait plu davantage.

    • La plupart des membres du prix kiltissime était de ton avis. Pour ma part, j’ai été emballée par l’histoire, les personnages et les paysages. Je suis très university book !

  2. Comme méditéranéen, né en Tunisie et passant ma retraite dans le Roussillon, je serais sûrement interessé et dépaysé par une ambiance Ecossaise aussi opposée que possible au climat solaire d’ici, et une quête dans un passé lointain peut-être passionnante.
    En plus, elle sera tout à fait dans le ton du dernier Indridason où je suis plongé avec délices. Enfin, ce personnage bourré de problèmes devrait me plaire.
    Donc, je le note. Merci pour ce commentaire ironique.

    • Et est-ce que tu profites du soleil en ce moment Droopyvert ? Parce que si tu es comme nous, l’ambiance de « De vieux os » s’accordera parfaitement à la température !!

  3. Je ne compte plus les romans ayant pour décor l’Ecosse dont je note le titre … peut-être est-ce un signe lol ? En tout cas, ta présentation m’attire beaucoup, j’aime les histoires d’universitaires qui partent sur les traces d’un auteur méconnu (ça me rappelle « Possession » de AS Byatt que j’adore) !

    • Les écrivains écossais ont l’art et la manière de nous vanter les mérites de leurs paysages. A mon grand regret, je n’ai toujours pas lu « Possession » mais à te lire j’ai très envie de m’y mettre !

      • Concernant « Possession », je garde le souvenir d’un roman très dense (avec quelques longueurs) mais passionnant et avec certaines anecdotes sur l’Angleterre victorienne qui m’avaient ravie ! (cela dit, ma lecture date facilement de 10 ans …). Je pense en faire la relecture bientôt !

        • Angleterre victorienne ? Tu sais me parler toi ! Si tu fais une relecture, je veux bien t’accompagner. A condition que ce ne soit pas trop tôt parce qu’il faudra que je me remette de mon mois anglais !

  4. Je note aussi, mais peut être plutôt pour un emprunt à la bibli vu que les avis semblent partagés, mais en tout cas, le tien m’a convaincue ! Quel livre me conseillerais-tu pour commencer Lodge ? Parce qu’on m’en parle souvent, ça me tente bien, mais je ne sais pas trop par où commencer !

    • Oui les avis étaient souvent plus mitigés que le mien. Mais j’ai vraiment beaucoup apprécié ce livre. Pour David Lodge, je te conseillerais « La chute du British Museum » qui reflète bien son univers et j’ai beaucoup de tendresse pour « En sourdine » où il parle avec humour de ses problèmes d’audition.

  5. Roman universitaire + roman à suspense + Ecosse. Dis-moi tout de suite où signer pour l’emprunt !
    Ton billet -même s’il révèle quelques avis mitigés- me donne très envie de découvrir ce roman qui est disponible à la bibliothèque, je viens de vérifier.
    J’aime beaucoup l’univers de David Lodge, j’ai d’ailleurs en stock « Pensées Secrètes » et « Thérapie ». « La vie en sourdine » a été pour moi une révélation, mais il me semble que pour une plongée au coeur du milieu universitaire, il faut lire « Un tout petit monde ».

    Toujours dans cet univers que nous affectionnons, je viens d’acquérir « Les Débutantes » de J. Courtney Sullivan.
    L’as-tu lu ?

    Dernier petit point : j’ai terminé ce matin ma lecture de « Allmen et les libellules », et je suis totalement conquise, par l’auteur comme par le personnage ! Merci infiniment car ces belles découvertes sont rares. Je vais m’empresser de lire d’autres romans de Suter grâce à toi.

    Bonne journée 🙂

    • je vois que nous avons les mêmes goûts pour le roman universitaire et notamment ceux de David Lodge (je suis loin de les avoir tous lus). Je ne connais pas le roman de J. Courtney Sullivan dont tu me parles. J’attends donc ton avis !
      Je suis bien contente de savoir que tu as aimé « Allmen et les libellules », j’ai été comme toi conquise pour ce personnage nonchalant que j’ai été ravie de retrouver dans le 2ème tome. Il faudra que je découvre les autres oeuvres de Martin Suter, j’ai lu beaucoup d’articles positifs sur le dernier.

  6. Pingback: La fille dans l’escalier de Louise Welsh | Plaisirs à cultiver

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