Week end de Peter Cameron

Lyle, critique d’art, part en week-end chez ses vieux amis Marianne et John. Ces derniers possèdent une splendide demeure au nord de l’État de New York au bord d’une rivière. Lyle n’y est pas venu depuis un an, depuis la mort de son compagnon Tony qui était le demi-frère de John. Il est d’ailleurs décédé dans la maison auprès de ses proches. Tony reste le lien qui unit Lyle à Marianne et John, même si leurs affinités intellectuelles sont fortes. Lyle ne vient pas seul passer le week-end chez ses amis. Il est accompagné de Robert qu’il vient à peine de rencontrer. Probablement un moyen de montrer qu’il a surmonté son chagrin. Mais la présence de cet inconnu va perturber les retrouvailles des trois amis.

C’est grâce à In Cold Blog et son billet sur le dernier roman de Peter Cameron (« Coral Glynn ») que j’ai découvert cet auteur américain. C’est avec beaucoup de délicatesse qu’il nous décrit ce week-end à la campagne. Chacun des participants est précisément décrit, ses sentiments sont mis à nu au fur et à mesure du séjour. Chacun est mal dans sa peau, plongé dans des émotions complexes et tourmentés. Marianne et John ont arrêté de travailler, leur richesse leur permet une totale oisiveté. Mais que font-ils réellement ? Marianne est dépressive, angoissée perpétuellement par ses réactions et celles des autres. John semble vouloir fuir les autres et se complait dans son jardin. Lyle ne s’est bien entendu pas remis de la mort de Tony, il ne pense qu’à lui et revit les moments passés avec lui. Malgré l’accueil cordial de Marianne, Robert ne sent pas à sa place. Il sait qu’il n’est qu’un pis-aller à Tony, un moyen d’équilibrer les forces en puissance. Toutes ces névroses ne peuvent qu’assombrir l’ambiance du week-end qui finira fort mal.

L’écriture de Peter Cameron est très belle, très lyrique. Je trouve qu’il déploie son talent dans les descriptions des paysages, des instants de vie sublimés par la nature. « Elle n’aurait pas dit que l’aurore était la plus belle heure de la rivière, dans le calme du soir, parfois, lorsque l’eau se teintait de violet, semblait presque cesser de couler, et reposait comme une meurtrissure au bas de la pelouse, Marianne se sentait au bord des larmes. Tandis que le matin, l’émotion n’entrait pas en jeu. Le flot était profond, froid, déterminé, plus limpide et doté d’un effet curatif. Elle remontait le cours jusqu’à un coin discret où des arbres tombés avaient créé un bassin tranquille, au fond sablonneux ». La nature paraît ample et paisible ce qui contraste singulièrement avec l’âpreté des sentiments de ses habitants.

Peter Cameron est un fin psychologue de l’âme humaine, se dégage de son œuvre beaucoup de tendresse et de subtilité.

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20 réflexions sur “Week end de Peter Cameron

  1. C’est un roman (et un auteur) que je ne connais pas mais je suis très tentée car j’aime beaucoup lorsque se mêlent sentiments -mêmes les plus complexes, les plus sombres- et nature. Les descriptions de paysages et les secrets de l’âme humaine se marient si bien. Et si tu parles de subtilité et de tendresse, je ne peux qu’adhérer davantage.
    Je note cette lecture sans doute aussi belle qu’intéressante.

    • In Cold Blog a fait plusieurs billets sur cet auteur si tu veux te faire une idée plus précise. J’ai beaucoup apprécié la manière dont il décrivait la nature.

  2. Cela pourrait me plaire, j’aime beaucoup les romans psychologiques. Ce n’est pas ce dont j’ai envie en ce moment, mais peut-être plus tard 🙂

    • Je suis très tentée également par son dernier livre et c’est In Cold Blog qui m’a donné envie ! L’envie passe de blog en blog !

  3. J’aime bien les sortes de huis-clos psychologiques, surtout si ça finit mal (on a le droit d’être malsain en littérature hé hé), donc je retiens ce nom, si jamais je venais à le croiser dans une librairie…

    • J’aime bien aussi quand ça tourne mal, un week-end qui semblait idéal et qui fait remonter toutes les rancœurs. Tu croiserais peut-être son dernier roman mais j’ai l’impression qu’il n’est pas très connu en France.

  4. Je ne connaissais pas cet auteur. Tu en parle très bien. Et quelle jolie couverture. Je note le titre en vue d’une prochaine « descente » en librairie.

    • Merci pour le compliment, je ne connaissais pas non plus avant le billet d’In Cold Blog. Heureusement que les blogs existent pour combler nos lacunes.

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