Ma brillante carrière de Miles Franklin

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Sybylla Melvyn grandit dans le bush australien, dans la ferme de son père à Bruggabrong. Garçon manqué et en admiration devant son géniteur, l’enfant s’épanouit dans la nature. Malheureusement Richard Melvyn se rêve une situation sociale plus avantageuse. Il décide de se lancer dans le commerce du bétail et pour ce faire déménage à Possum Gully, petite ville morne et ennuyeuse. Les affaires ne prennent pas et la famille doit se reconvertir dans la laiterie. Le travail est harassant et même les enfants doivent mettre la main à la pâte. La misère s’installe, l’alcool détruit le père et l’amertume la mère. Sybylla exècre cette vie de labeur. Elle est devenue une jeune femme passionnée ayant soif de culture, de nourritures intellectuelles : « Une troisième part en moi demandait à être nourrie. J’éprouvais un fort penchant pour la littérature. J’étais passionnée de musique. J’empruntais des livres dans le voisinage et pour les lire volais des heures de repos. Cela affectait ma santé et me rendait les tâches physiques plus dures encore qu’aux enfants de mon âge vivant autour de moi. Cette troisième part était prépondérante. En elle je vivais mes rêves, côtoyant des écrivains, des artistes, des musiciens.  » Le caractère emporté de Sybylla et son manque de beauté ne permettent pas à sa mère d’espérer la marier. Elle s’en débarrasse donc en l’envoyant chez sa grand-mère à Caddagat. Une nouvelle vie commence alors pour Sybylla.

A travers ce roman, Miles Franklin (1879-1954) parle de sa propre vie. L’amour de l’art et la volonté d’écrire de Sybylla sont les siens. Le récit de Miles Franklin fait penser à ceux d’Edith Wharton ou à ceux de Jane Austen. Sybylla est une jeune femme déterminée à conquérir sa liberté, son indépendance à l’instar des héroïnes de la grande romancière américaine. Le cadre de vie de  Sybylla  à Caddagat nous y fait penser également : de belles toilettes, des soirées avec piano et récital, bal. La jeune femme peut laisser libre court à son esprit artistique et à son raffinement. Elle y fait la connaissance d’Harold Beecham, propriétaire terrien qui s’intéresse fortement à elle. Mais Sybylla refuse de céder à ses avances et se méfie du mariage. Un petit goût austenien se fait sentir dans leur relation tumultueuse. Mais la fin de l’histoire sera assez loin des intrigues de la demoiselle de Bath et déjouera nos attentes.

Avec ces références, nous sommes en terrain connu et pourtant non. L’Australie se rappelle toujours à nous. Les invités ne se promènent pas dans le jardin à cause des serpents, la chaleur est sans cesse accablante et la nature omniprésente. Miles Franklin la décrit avec infiniment de poésie et de tendresse :  » La course lente de la rivière, le parfum des arbustes, l’or du soleil couchant, la musique fracassante des sabots sur la route de temps à autre, les bruits légers des pêcheurs, le plouf d’un ornithorynque s’ébattant au milieu du courant m’arrivaient comme le plus doux des élixirs dans ce recoin idéal, rêvé pour un poète, au milieu des rochers gris, roses à leur base, tapissés de mousse. » Ces descriptions sensibles nous transportent dans l’Australie sauvage de cette époque.

Un roman fort plaisant et dépaysant.

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8 réflexions sur “Ma brillante carrière de Miles Franklin

    • Oui je trouvais vraiment le décalage amusant, j’avais l’impression d’être dans un roman 19ème classique et puis l’Australie se rappelait à moi ! C’est une belle découverte, il faudra que je regarde si la suite a un jour été traduite.

  1. Hum je suis en train de lire « Le Pays d’en Haut » et j’etais persuadée que c’était la lecture du blogoclub… le pire c’est que je croyais que mon roman s’intitulait « Ma brillante carrière » mais je me suis dit ensuite que j’avais dû confondre. J’ai grand besoin de vacances !!! Enfin pour information ma lecture est très plaisir aussi 🙂

    • Et pourtant, c’est toi qui m’avait dit de voter pour « Ma brillante carrière » car tu avais envie de le lire ! Il faut effectivement te reposer de toute urgence !!

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