Le triomphe de l’oeuf de Sherwood Anderson

Sherwood Anderson (1876-1941) est un écrivain américain méconnu en France mais qui a inspiré des auteurs comme Steinbeck, Hemingway ou Faulkner. Son parcours  est atypique. Issu d’une famille rurale pauvre, il réussit à devenir directeur d’une usine. Mais il quitta tout, travail aussi bien que famille, du jour au lendemain pour se consacrer à l’écriture. Il est essentiellement connu pour ses nouvelles dont le plus célèbre recueil est « Winesburg, Ohio ». « Le triomphe de l’œuf »  se compose de presque trente nouvelles tirées de recueils différents allant de 1921 à 1947. A travers elles, on retrouve les thématiques chères à l’auteur.

Témoin des bouleversements dus à l’industrialisation croissante de la fin du 19ème siècle jusqu’au début de la 2ème Guerre Mondiale, Sherwood Anderson est très attentif aux laissés-pour-compte de la croissante économique. Il donne vie à de petites gens, d’origines modestes broyés par la misère. C’est la cas dans « La mort dans les bois » où une vieille femme est obligée de mendier pour nourrir sa famille pendant que son mari se saoule.

Deux mondes s’opposent clairement dans les nouvelles. Celui de la campagne qui incarne une pureté originelle, une liberté et qui est symbolisé par le cheval (« Je voudrais savoir pourquoi », « Je suis un imbécile », « L’homme qui devient femme », etc… où le cheval et l’hippodrome ont une place centrale). Face à cela, il y a la ville qui représente l’industrialisation, une forme de modernité écrasante. Et pourtant la nécessité oblige les personnages de Sherwood Anderson à s’y rendre, c’est le cas dans « Dans une ville étrangère » ou dans « Les trompettistes tristes ». C’est alors la solitude, le désespoir qui s’abattent sur eux.

Les femmes ne sont pas très bien traitées chez Anderson. Leurs rôles se limitent souvent à deux positions : elles sont soit intimidantes comme dans « Je suis un imbécile » ou castratrices comme dans « Le tiroir de sa commode » où une femme envahit progressivement tous les espaces occupés par son mari. Une petite pointe de misogynie qui est néanmoins tempéré par de beaux portraits de femme comme dans « Telle une reine » où il est question d’une femme qui a marqué tous les hommes qui ont croisé sa route.

Sherwood Anderson brasse d’autres thèmes comme celui de l’artiste à la recherche de l’œuvre parfaite ou celui de l’adolescent ayant du mal à devenir adulte. Le recueil est dense et j’avoue n’avoir pas apprécié toutes les nouvelles. Certaines m’ont laissé perplexe mais cela m’arrive  toujours avec les recueils de nouvelles ! En revanche, d’autres m’ont beaucoup plu. Mes deux préférées sont « Ma sœur, la mort » et « L’œuf ». Elles sont extrêmement différentes : la première touchante parle d’un enfant malade et la seconde est très drôle avec un personnage que l’ascension sociale rend fou.

« Le triomphe de l’œuf » rend compte d’un changement de société à travers ceux qu’il touchera le plus. Il témoigne également de la naissance de la littérature américaine moderne et vaut le coup d’être ouvert pour ces deux raisons.

Ainsi pour approfondir vos connaissances sur la littérature américaine, je vous propose de gagner trois exemplaires du livre de Sherwood Anderson.  Deux conditions pour participer au concours : avoir déjà déposé au moins un commentaire sur ce blog et répondre à la question suivante :

-Quel est le titre du livre dont j’ai vanté à plusieurs reprises le premier chapitre ?

J’attends vos réponses à l’adresse mail suivante d’ici à la fin de la semaine : lemoisamericain@yahoo.fr

Bonne chance à tous !

Logo mois américain

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7 réflexions sur “Le triomphe de l’oeuf de Sherwood Anderson

  1. @Valérie : Surveille mon blog en début de semaine prochaine, je vais sûrement vous proposer un autre concours. Je suis un peu comme toi, j’hésite toujours un peu devant un recueil de nouvelles.

  2. Je ne connais absolument pas cet auteur. Hé-hé, j’ai la réponse. NY n’était pas le seul sujet de ton inspiration vendredi, c’est certain 🙂
    Je me rends compte que le mois de septembre est quasi terminé et contrairement à ce que je m’étais promis, je n’ai pas participé ni à ton « Mois américain », ni au « Mois Québécois ». Shame on me ! Quand je dis que je suis toujours en retard. Pffft !!!

  3. @Cartons d’Emma : C’est dommage mais tu as encore une chance de gagner des livres dimanche pour fêter la fin du mois américain !

    @Un coin blog : Tu ne connaissais pas Sherwood Anderson mais ça ne va plus tarder !!! Tu n’as pas participé au mois américain ou au mois québécois mais toi au moins tu as lu George Eliot…on ne peut pas tout faire !!!

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