Le Festival America c’est déjà fini…

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C’est armée d’un plan bien établi que je suis arrivée vendredi au Festival America, et que j’y ai retrouvé mes copines Cryssilda et Delphine. Mon week-end était basé sur différents noms : Nicole Krauss et Jonathan Dee dont j’admire le talent, Adam Ross, Louise Erdrich, Vendela Vida, Jennifer Egan dont les livres me tentent énormément. Bien entendu, je n’ai pas manqué d’aller voir la grande invitée de ce festival : Toni Morrison.

Mes admirations ont été totalement confirmées par les différentes interventions auxquelles j’ai assisté. Nicole Krauss est brillante, passionnante à écouter. Elle écrit pour pouvoir vivre plusieurs vies et nous donner l’occasion de faire de même. Son maître-mot est l’empathie qu’elle ressent pour ses personnages. L’écriture est un travail solitaire dont elle ne mesure pas toujours l’impact mais qui lui semble toucher à l’essentiel, à ce qui fait l’humain. Je n’avais pas encore de blog lorsque j’ai lu « L’histoire de l’amour » mais ce fut un gros coup de cœur que je vous encourage à lire.

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J’ai eu la chance d’entendre par trois fois Jonathan Dee sur des thèmes variés : « In the city », « Que reste-til du rêve américain ? » et « Le bûcher des vanités ». C’est un auteur en prise avec son temps, son pays. Le potentiel fictionnel évident de New York l’a beaucoup inspiré pour « Les privilèges » et l’énergie de la ville marque son écriture. Comme New York, son récit avance sans regarder en arrière. Et ses deux livres traduits en France (« La fabrique des illusions » vient de sortir) traitent du rêve américain. Le premier dissèque la terrifiante ascension sociale d’un couple. Le deuxième montre un entrepreneur cherchant à revenir aux sources du rêve en s’installant à Charlottesville, la ville de Thomas Jefferson. J’ai hâte de lire le deuxième tant la parfaite construction du premier m’avait séduite (surtout le chapitre 1… ce qui n’a pas échappé à Cryssilda !).

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Les écrivains américains restent très ancrés dans leur époque et l’évolution de celle-ci. C’est le cas du grand Russel Banks qui espère faire changer la société en commençant par ses marges. Un écrivain citoyen qui défend toujours les plus démunis, les laissés-pour-compte de la puissance américaine.

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Je ne vais pas tous les détailler sous peine de vous ennuyer profondément mais certains m’ont fait une impression durable : Adam Ross et son humour dévastateur, Jennifer Egan qui rend hommage à Marcel Proust dans « Qu’avons-nous fait de nos rêves ? » dont la construction m’intrigue, Chad Harbach et son air lunaire, la délicieuse Vendela Vida découverte grâce à François Busnel.

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Adam Ross se fait dédicacer le livre de Jennifer Egan !

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Deux grandes dames des lettres américaines étaient présentes : Louise Erdrich et Toni Morrison, toutes deux charmantes et souriantes. Louise Erdrich exprime ce qu’est l’essence de la littérature : raconter de  histoires tout en explorant les possibilités de la langue. C’est également une passeuse d’idées, de liberté à travers sa librairie BirchBack Books de Minneapolis. Oui Cryssilda, un jour nous irons !

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Ces deux grands écrivains ont beaucoup de points en commun dans leur manière d’envisager leur travail. Toni Morrison aussi sépare clairement son rôle de citoyenne engagée à travers ses essais et ses conférences, et son écriture qui n’a pas pour but de changer la société. Elle écrit tout simplement les livres qu’elle aimerait lire en tant que lectrice. Ses personnages et leurs voix s’imposent à elle au départ et elle doit parfois les contrôler, les faire taire ! Comme chez Louise Erdrich, la langue est essentielle, Toni Morrison travaille beaucoup la musicalité des mots et depuis quelques années elle cherche l’épure. Less is more ! Le lecteur est alors complètement acteur du livre puisque c’est à lui de combler les silences, les non-dits, grâce à son imagination. Écouter Toni Morrison fut passionnant, j’ai eu la chance de la voir à deux reprises. Elle fut d’ailleurs accueillie dignement par des standing ovation.

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Un week-end bien rempli avec des écrivains passionnés et passionnants, drôles, engagés, il ne reste plus qu’à se plonger dans leurs livres ! Et vivement 2014 pour retrouver le Festival America qui se penchera sur les relations entre la France et l’Amérique.

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11 réflexions sur “Le Festival America c’est déjà fini…

  1. J’y étais également vendredi et samedi et c’était vraiment intéressant et très sympa ! Et j’ai encore pleins de livres d’auteurs américains dans ma PAL et dans ma LAL à découvrir !

  2. C’est marrant, j’ai l’impression qu’on n’a pas tout à fait vu le même festival vu qu’on a fait des choses très différentes !
    Mais je note les auteurs que je n’avais pas forcément remarqués…
    J’étais bénévole donc je n’étais pas forcément libre quand je voulais mais j’en ai bien profité et l’ambiance était très sympa !

  3. Bon, on a passé dimanche matin dans le même endroit (moi j’étais au premier rang, avec deux autres blogueuses )(mais tu ne parles pas de Percival Everett! qui a complètement fait craquer l’une d’entre elles…))
    Je n’ai pris aucune photo exploitable, sans doute pas de billet, mais c’était drôlement bien, ce festival! Dommage qu’on ne se soit pas croisées quand même!

  4. Donc, j’ai ma réponse et je t’ai forcément vue car j’ai bien regardé les deux voisines de Cryssilda pendant l’entretien de Toni Morrison en me demandant si tu étais l’une d’entre elles. Donc oui.
    C’était vraiment un beau festival. Il faut que je trouve le temps de faire un billet.

  5. @A propos des livres : Oui c’était passionnant comme toujours. J’ai été forte et vertueuse : je n’ai acheté aucun livre ! En revanche ma LAL a poussé durant le week-end …

    @Manu : J’ai vu Teju Cole vendredi après-midi avec Jonathan Dee et Adam Ross. Il s’agissait d’une conférence sur l’influence de la ville. C’était très intéressant et il était très sympa. Il a beaucoup blagué avec Adam Ross. Si tu lis son livre, tu me diras ce que tu en penses.

    @Keisha : Je suis déçue de ne pas t’avoir vu. Et tu ne vas pas le croire mais j’étais au 2ème rang lors de la conférence !!! Oui j’aurais pu aussi parler de Percival qui était très bien mais je ne voulais pas trop étirer mon billet ! J’ai vu sa femme dans l’après-midi et elle est très intéressante aussi.

    @Touloulou : J’ai bien regardé à chaque fois que je changeais de salle pour voir si tu étais là. Mais apparemment je n’avais aucune chance puisque nous avons suivi des parcours bien différents. C’est aussi l’intérêt du festival que de montrer des visages variés du continent américain.

    @Mrs Figg : Pour dans deux ans ! Malheureusement il n’a lieu que tous les deux ans.

    @Valérie : Tu aurais du venir nous voir ! J’avais un pull rayé rose, on me voyait de loin !!! Oui c’est vraiment un régal ce festival, vivement dans deux ans !!!

    @Adalana : C’est un festival génial la programmation est très riche et présente vraiment tout le continent américain. Les auteurs y sont très accessibles.

    @Keisha : La tarée qui prenait sans arrêt des photos pour essayer d’en avoir une bonne, c’était moi !!!

  6. Bon tu dégaines plus vite que ton ombre pour écrire tes billets. Toujours en retard, mais pas pour ces rencontres. J’ai été ravie de partager certains moments avec toi :))

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