La maison du Marais de Florence Warden

Violet Christie est une jeune femme de milieu modeste qui cherche une place d’institutrice. Manquant d’expérience en la matière, l’annonce qu’elle découvre dans le Times est inespérée. Une jeune institutrice est recherchée pour l’éducation d’une petite fille dans la propriété des Sureaux. Violet se précipite sur le poste. Son arrivée dans la maison de Mr et Mrs Rayner est quelque peu glaçante : « Un effroyable sentiment de solitude s’empara de moi. Mr Rayner, qui pendant le trajet s’était complètement absorbé dans la lecture de son courrier, était rentré dans la maison et m’avait tout simplement oubliée. La servante avait disparu avec ma dernière caisse ; au lieu de suivre cette femme, je restai à la même place, suivant des yeux le dogcart de Mr Reade, qui bientôt disparu, jusqu’à ce que je fusse tirée de ma rêverie par une voix rêche. » La pauvre Violet fait connaissance de l’étrange famille Rayner. La maîtresse de maison est totalement fantomatique, mutique et murée dans la mélancolie. Haidée, dont Violet a en charge l’éducation, déteste cordialement son père. Mona, la deuxième fille, est une sauvageonne qui passe son temps dans les marais environnants et est perpétuellement couverte de boue. Heureusement pour Violet, il y a Mr Rayner, séduisant musicien qui est dévoué à sa triste femme. Mais qu’a-t-il bien pu arrivé à ce couple ? Et pourquoi la servante nommée Sarah haît tel tant Violet ?

« La maison du marais » est un roman à suspense dans la veine de Mary Elizabeth Braddon. Florence Warden parvient à créer une ambiance inquiétante à souhait. Le cadre s’y prête naturellement. En raison des marais, la maison est très humide, malsaine et perpétuellement noyée dans le brouillard. La galerie de personnages est intéressante, notamment l’opposition de caractère entre Mr Rayner et sa femme, l’un est brillant et charmeur alors que l’autre est terne et apathique.

Mais l’intrigue m’a posé deux problèmes. Tout d’abord, la résolution du mystère est par trop évidente. On devine presque dès les premiers chapitres le canevas de l’histoire. Il est vrai que j’ai lu un certain nombre de romans du même type et les intrigues finissent par beaucoup se ressembler. Le deuxième problème c’est le personnage principal. Je suis plutôt tolérante avec les héroïnes victoriennes, oies blanches s’il en est. Mais Violet dépasse les limites de ma patience. Tant de naïveté est désespérant. D’ailleurs, à ce niveau, ce n’est plus de la naïveté mais de la bêtise.  Alors que les indices se multiplient, Violet ne voit rien, ne comprend rien à ce qui se passe autour d’elle. Mais rassurez-vous quant au destin de notre jeune péronnelle, elle trouvera quand même un mari !

« La maison du marais » est l’archétype des romans à suspense victoriens : un lieu inquiétant, des personnages mystérieux et une jeune femme innocente au cœur d’un complot. Pas déplaisant à condition de ne pas avoir abusé du genre auparavant !

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8 réflexions sur “La maison du Marais de Florence Warden

  1. Je l’avais repéré chez Lou il y a quelques mois, et j’ai très envie de le lire depuis. Je n’ai pas abusé du genre, et devrais donc être séduite. 😉

  2. @Miss Léo : Lou était très enthousiaste à la lecture de ce livre. J’ai été agacée au bout d’un moment par l’héroïne qui vraiment ne comprend rien à rien alors que l’évidence s’impose ! Mais tu devrais quand même passer un bon moment.

  3. Je l’ai acheté après avoir lu le billet deLou : je pense que je suis très indulgente avec ce genre de romans ( comme dans la dame en noir que j’ai apprécié ) mais c’est vrai que j’ai fait overdose avec sans nom (roman mammouth, j’ai abandonné à cause de l’héroïne, mais je vais le reprendre avant la fin de mes vacances)…

  4. @Maggie : Il faut effectivement y aller à petites doses sinon on va se lasser des romans à suspense victoriens ! J’avais bien aimé « La dame en noir » où il n’y avait pas d’héroïne pleurnicharde. Je n’ai pas encore lu « Sans nom » mais je sais qu’il est très épais !

  5. J’ai abusé du genre et aimé 🙂 Mais je t’accorde que toutes les faiblesses que tu mets en avant sont tout à fait avérées… seulement j’ai bien aimé le vilain de l’histoire, le lieu et l’ambiance. En matiere d’héroïne insupportable j’avais eu beaucoup de mal avec « la dame en blanc » par exemple 🙂

  6. @Lou : Je sais que tu as adoré ce livre et je suis effectivement moins enthousiaste que toi ! C’est vraiment le personnage féminin qui m’a agacé avec son manque de discernement. Mais j’ai beaucoup aimé l’ambiance !

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