Le cadeau de Eliane Girard

Félicien a pris une matinée de RTT pour trouver un cadeau à sa petite amie Laure. Il arrive sûr de lui aux Galeries Lafayette et se dirige vers une veste en tweed repérée par Laure. Plus de taille 38 sur les portants, et plus non plus en réserve. Félicien commence à avoir peur d’autant plus que sa deuxième idée échoue également. Il n’a pas d’autres idées et l’anniversaire de Laure a lieu le lendemain. Il tourne dans les rayons du grand magasin et là ils les voient : « Fuselées, d’une ligne et d’une texture attirante. Des bottes d’un beau brun profond évoquant le chocolat le plus pur, au moins 85% de cacao. Des bottes magnifiquement galbées, hautes mais pas trop, pointues mais pas trop, sexy mais pas trop. Laure méritait ces bottes, elles étaient faites pour elle et ses jambes parfaites. Il en était tout excité. Son cadeau était là.  » Le seul hic c’est leur prix : 869.95 euros, le prix du loyer de Félicien, plus de la moitié de son salaire. Mais il n’a pas d’autre idée, le temps presse, l’angoisse monte, Félicien finit par acheter les bottes Kucci. Il le regrette immédiatement et ses ennuis commencent alors.

Eliane Girard nous narre, dans ce court roman, la folle et drolatique journée de Félicien. Tout va aller de mal en pis au fur et à mesure des heures. Félicien tente tour à tour de justifier son achat (l’amour ça n’a pas de prix, Laure vaut bien un tel sacrifice financier, les bottes font marcher un artisanat ancestral en Italie), de trouver des solutions pour compenser la perte d’argent (arrêter de fumer, ne plus sortir le soir et le plus beau : demander à Laure de vivre avec lui pour diviser le loyer par deux !) et de culpabiliser. Félicien devient totalement obnubilé par les bottes et leur prix démentiel. Il imagine que les autres le jugent notamment au travail, on va le penser plus riche qu’il n’est. La panique gagne Félicien, il ne sait plus quoi faire de son cadeau et fait donc n’importe quoi !

Ce petit livre est réjouissant et porte un regard ironique sur notre rapport à l’argent et sur la valeur des choses. L’obsession de l’argent, de l’apparence vont faire perdre pied à Félicien qui ne procrastinera plus pour acheter ses cadeaux !

Un grand merci aux éditions Buchet-Chastel et à Bénédicte pour ce délicieux moment de lecture.

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