De grâce et de vérité de Jennifer Johnston

Sally est une actrice connue et reconnue. Après une longue tournée à jouer la Pegeen Mike du « Baladin du Monde Occidental », elle rentre chez elle à Dublin. Son retour ne se déroule pas tout à fait comme prévu. Son mari, Charlie, lui annonce qu’il la quitte. Cette rupture fait prendre conscience à Sally que sa vie n’a jamais été très heureuse et le douloureux passé refait surface. La mère de Sally s’est suicidée une fois sa fille adulte. L’actrice ne connaît pas le nom de son père, sa mère a tenu à garder son secret.

« Je suis allée à la préfecture. C’était là qu’il fallait se rendre pour obtenir un extrait de naissance. Il y a des années. 18 ans, c’est l’âge que je devais avoir alors. J’avais sans doute besoin d’un passeport. Elle ne voulait pas que j’y aille. Elle a tout fait pour m’en empêcher. (…) Elle ne voulait pas que je voie ce foutu extrait, voilà tout. De toute façon, c’était inscrit officiellement « père inconnu ». J’ai éprouvé un tel choc même si… en vérité c’était ce qu’elle avait toujours dit. « Tu n’as pas de père. » Je suis rentrée à la maison et lui ai posé la question à nouveau. Je lui ai montré le papier. Le lui ai fourré sous le nez. « Tu n’a pas besoin de savoir ! » a-t-elle hurlé. Mais j’en avais besoin. J’en avais réellement besoin. J’en ai toujours besoin. »

Ce nouveau drame dans la vie de Sally ravive la blessure, elle doit découvrir ses origines. Elle se tourne alors vers la seule famille qui lui reste, son grand-père, évêque bourru et totalement froid.

C’est un drame intime que nous livre Jennifer Johnston dans ce livre. Sally veut à tout prix découvrir la vérité, sa vérité, mais elle ne sait pas où elle met les pieds. C’est un terrible et lourd secret qui va lui être révélé. C’est une tragédie classique qui nous est contée, un drame des origines. Jennifer Johnston a l’élégance de ne pas en rajouter dans le pathos et son héroïne finit par être attachante. Le théâtre y joue un rôle important, Sally se fuit dans les rôles qu’elle interprète. Synge, Shakespeare et Becket sont notamment cités. Le théâtre, la fiction sont ici vus comme des thérapies, des moyens d’oublier sa réalité.

« De grâce et de vérité » se lit facilement, le style de l’auteur est fluide. Mais c’est loin d’être une lecture renversante, pas désagréable, mais l’intrigue n’est pas follement originale.

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11 réflexions sur “De grâce et de vérité de Jennifer Johnston

  1. Tu attise ma curiosité car j’ai lu et vu au théâtre la pièce de Synge : Baladin du Monde Occidental »

  2. J’avais été déçue par le seul livre de l’auteur que j’ai lu. J’en ai un autre dans la pile, alors peut-être qu’un jour je retenterai le coup!

  3. Il est dans ma PAL depuis des lustres mais j’ai lus quelques avis qui disent comme toi qu’il n’est pas indispensable et donc il reste à prendre la poussière.

  4. @Malice : Je ne connais pas du tout la pièce de Synge mais c’est la 2ème fois que j’en entends parler dans un livre cette année. Il va falloir que je me penche sur la question !

    @George : C’est un livre qui se lit bien, il est plaisant mais sans plus. C’est la 2ème fois que je lis cet auteur et je ne suis jamais totalement emballée.

    @Karine:) : C’est mon 2ème et j’ai eu le même sentiment à chaque fois. C’est plaisant, ça se lit bien mais rien non plus d’exceptionnel.

    @Lou : Je pourrais te le prêter si tu veux pour que tu te fasses ton avis. Je ne suis pas vraiment enthousiaste par rapport à Jennifer Johnston.

    @Manu : Non ce n’est pas un livre indispensable, je l’ai sorti de ma PAL pour le mois irlandais car cela faisait un moment qu’il prenait la poussière ! C’est mon 2ème livre de cet auteur mais je vais m’arrêter là je crois !!

  5. Je n’ai lu qu’un roman de Jennifer Johnston (dont je ne me rappelle plus le titre, mais qui est une histoire d’amour entre un homme qui a vu sa femme tuer par une bombe de l’IRA et une jeune femme qui a également vécu un drame): j’avais bien aimé, vraiment.
    Je n’ai pas lu celui-ci, mais Jennifer Johnston est très prolifique, donc évidemment, tous les livres ne doivent pas être d’égaux…

  6. @Maeve : Tu as sans doute raison, si Jennifer Johnston a beaucoup écrit, tout ne peut pas être de haut niveau. Il faudra que je réessaie puisque tu as aimé.

    @Choupynette : Je note le titre dont tu me parles, il doit être meilleur que celui-ci.

  7. @Céline : Je te remercie pour le compliment. J’ai toujours peur de ne pas savoir parler de mes lectures, de ne pas réussir à transmettre ce que j’ai ressenti. Je suis donc bien contente de savoir que tu aimes mes billets !

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