Mari et femme de W. Wilkie Collins

Anne Silvester et Blanche Lundie sont amies d’enfance comme l’étaient leurs mères. Suite à l’annulation de son mariage, la mère d’Anne est morte de chagrin laissant la petite aux bons soins de la mère de Blanche. Les deux enfants grandissent ensemble et deviennent inséparables. Arrivée à l’âge adulte, Anne Silvester se met dans une position très délicate. Elle est tombée amoureuse de Geoffrey Delamayn, un sportif sans âme et sans moralité. La malheureuse Anne va rapidement se retrouver dans la même situation que sa mère : les lois écossaises iniques sur le mariage vont mettre sa vie en péril. Anne refuse de demander de l’aide à Blanche qui prépare elle-même son mariage. Mais cette dernière sera mêlée bien malgré elle aux problèmes de son amie.

Dans « Mari et femme », Wilkie Collins se lâche et dénonce fortement la société britannique. Son point de départ est le problème des lois sur le mariage totalement injustes envers les femmes. La mère d’Anne Silvester a été répudiée par son mari du jour au lendemain à cause de la loi irlandaise sur le mariage inter-religieux. Quant à Anne, elle se retrouve mariée sans le savoir à cause d’une loi écossaise ! Wilkie critique bien évidemment ces différentes lois. Mais ce qui le révolte le plus c’est l’apathie des Anglais face à cela. Il trouve parfaitement inacceptable que ses compatriotes acceptent de pareilles aberrations au sein de leur royaume. Il n’est pas tendre avec les Anglais et dénonce leur mode de vie et leurs goûts. Notamment celui qui les porte à admirer les sportifs. Wilkie Collins présente ces derniers comme de parfaits crétins, tous semblables et incapables d’ouvrir un livre. « Est-il besoin de les décrire ? Le portrait que nous avons donné de Geoffrey les caractérise tous. Il y a autant de diversité dans une réunion d’athlètes anglais qu’au sein d’un troupeau de moutons anglais. » Comme vous pouvez le voir, Wilkie est féroce ! Sa dénonciation de la société anglaise se fait, comme souvent chez lui, avec beaucoup d’ironie.

Au risque de perdre une amie, je dois vous avouer que j’ai connu un passage à vide vers la page 350. Wilkie prend vraiment son temps pour faire décoller son intrigue. Il annonce régulièrement en fin de chapitre qu’il va très bientôt se passer quelque chose de terrible mais 30 pages plus loin on en est toujours au même point ! Je sais bien que la publication en feuilleton l’obligeait à tenir son lectorat en haleine, mais lorsqu’on le lit d’un trait (784 pages en 6 jours…) c’est un peu agaçant… mais je ne lui en ai pas voulu bien longtemps. L’intrigue finit par repartir et il est alors impossible de lâcher le livre. Car une histoire ficelée par Wilkie Collins est toujours un attrape-lecteur (et je ne dis pas ça pour regagner les faveurs de l’amie citée plus haut !). Et celle-ci est pleine de rebondissements et de surprises.

Malgré ma petite réserve, « Mari et femme » m’a fait passer un moment agréable. Wilkie Collins y défend farouchement la liberté des femmes contre une société fascinée par le culte de la virilité. J’apprécie toujours autant son ironie féroce et son art des intrigues complexes. 

Je remercie Bénédicte et les éditions Phébus pour cette réédition qui m’a accompagnée pendant mes vacances.

Victoria

Le billet récapitulatif pour déposer vos liens est ici.

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8 réflexions sur “Mari et femme de W. Wilkie Collins

  1. J’ai hésité à me l’acheter car le titre ne m’attirait pas particulièrement mais je pense que j’ai tort… De toute manière, j’ai toujours un Wilkie dans ma PAL…

  2. Je crois que c’est le roman de Wilkie que j’ai lu le plus rapidement ! Et je ne me souviens d’aucun passage à vide ! (mauvaise langue!)
    J’avais trouvé ce roman bien en avance sur son époque du point de vue du féminisme.
    J’avais oublié ces remarques sur les sportifs… rien n’a vraiment changé depuis ! 😉

    (ça va, je ne te boude pas, mais attention, tu joues avec le feu ! 😉 )

  3. voilà un billet qui me donne très très envie de me replonger dans du Collins. Je l’ai découvert en octobre dernier avec La dame en blanc qui m’avait totalement emballée!

  4. Eh bien c’est une belle performance en six jours, malgré le passage à vide 🙂 Peut-être que comme moi tu aimeras aussi « l’hôtel hanté », beaucoup plus court (avant de lire de nouveau un de ses pavés)… je te le prêterai bien entendu à l’occasion 🙂 Bon anniversaire Wilkie !

  5. @Maggie : Je crois que tous les Wilkie sont bons à lire et il faut effectivement toujours en avoir un dans sa PAL !!

    @Cryssilda : Mais toi tu le lis avec les yeux de l’amour alors tu ne vois pas les défauts !!! Oui il balance beaucoup sur les sportifs, c’est très drôle. Il déteste aussi les paris en tout genre qui sont très appréciés des Anglais. C’est promis, la prochaine que je lis un Wilkie, je ne ferai un billet que si j’ai adoré !

    @Choupynette : Tu as commencé par un des meilleurs, j’avais adoré « La dame en blanc ». C’est ce livre qui m’avait donné envie de tout lire. « Pierre de lune » est absolument fabuleux.

    @Céline : L’intrigue est vraiment très bien ficelée et très originale aussi. J’ai beaucoup aimé sa manière de dénoncer la société victorienne et de défendre les femmes.

    @Lou : Il faut que je lises ton billet. J’ai téléchargé « L’hôtel hanté » sur ma liseuse pour pouvoir le lire prochainement. Happy birthday à notre Wilkie chéri !!!

  6. Si tu doutes de ta version je te passerai la mienne à la rescousse :o) En tout cas tout ça me donne follement envie de continuer à lire Wilkouni…

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