Lewis Hine à la Fondation Cartier-Bresson

La fondation Cartier-Bresson présente jusqu’au 18 décembre le travail d’un photographe américain que je ne connaissais pas : Lewis Hine (1874-1940). L’exposition comprend 150 tirages originaux en noir et blanc qui couvrent l’ensemble de l’oeuvre de cet artiste. Les thématiques traitées sont les suivantes : portraits d’immigrants à Ellis Island, les enfants au travail, la construction de l’Empire State Building, les taudis, les hommes et la machine, l’Europe à la fin de la 1ère guerre mondiale.

 Gamin de Paris (1918)

        

                                                 Enfant des rues (1910)

Lewis Hine fut un précurseur de la photographie sociale. Réaliser des photos est pour lui un moyen de défendre des causes. La révolution industrielle qui a déferlé sur l’Amérique a laissé beaucoup de gens sur le côté. Les conditions de vie des ouvriers sont devenues plus difficile et le libéralisme ne fait qu’accentuer la pauvreté. Les familles vivent dans de véritables taudis, les enfants sont obligés d’aller travailler pour aider leurs parents.

      Intérieur pauvre, New York

                                     Enfants trieurs de charbon (1912)

Lewis Hine était un véritable humaniste cherchant à mettre dans la lumière les délaissés du rêve américain. A l’époque, la révolution industrielle et sa croissance faisaient venir d’Europe un grand nombre d’immigrants à la recherche d’une vie meilleure. Ils débarquaient à Ellis Island pleins d’espoir et de rêves. Mais c’est bien souvent la misère qui les attend au bout du voyage. Lewis Hine veut redonner de la dignité à tous ces pauvres gens en les photographiant. Le but est de faire prendre conscience aux spectateurs de la rudesse des conditions de vie des travailleurs, des immigrants, des enfants.

                                  L’ascension vers l’Amérique (1905)

                               Une femme slovaque (1905)

La volonté de frapper les esprits pousse Lewis Hine à mettre en scène ses photos. Il ne cherche pas à faire de la photo documentaire, le but est réellement de faire changer les choses et de venir en aide aux personnes photographiées. Au fil du temps, Lewis Hine va aller vers encore plus d’esthétisme dans ses photos. C’est très visible dans deux séries de clichés : celle concernant la construction de l’Empire State Building et celle sur les hommes et les machines. Le photographe veut alors glorifier, magnifier le monde du travail. 

                     Icare au sommet de l’Empire State Building (1931) 

                              Mécanicien à la pompe à vapeur dans une centrale électrique (1920)  

« J’ai voulu montrer ce qui devait être corrigé, j’ai voulu montrer ce qui devait être apprécié. » Voilà qu’elle était la motivation de Lewis Hine. Ces photos montrent ceux que l’Histoire oublie, ceux que le rêve américain a délaissés. Empreinte d’une grande humanité, l’oeuvre de Lewis Hine ne peut laisser indifférent. Les situations, les visages sont touchants, profonds et parfois cocasses. Un photographe politique à découvrir.

Ramasseurs de quilles dans un bowling (1909)
 

 

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5 réflexions sur “Lewis Hine à la Fondation Cartier-Bresson

  1. Je ne connais que quelques photos de ce photographe mais j’aime beaucoup sa manière de montrer la pauvreté, la marginalité, mise en valeur par des cadres parfaits : je trouve que c’est un peu le zola du monde de la photo.

  2. Mmh c’est intéressant, j’aime bien les photographies choisies ici. J’ai aussi très envie de me rendre à l’expo Diane Arbus (j’ai acheté aujourd’hui le magazine qui lui est consacré, Art Photo si je me souviens bien). Si la promenade te/vous tente, je serai ravie d’y aller accompagnée 🙂

  3. @Maggie : Tu as raison de le comparer à Zola, l’engagement envers les classes ouvrières est très semblable. Les photos de Hine sont vraiment splendides, je crois que je préfère les premières moins esthétisantes.

    @Lou : Si tu aimes les photos, cette exposition est vraiment très intéressante et la Fondation cartier-Bresson est un fort bel endroit. Je ne sais pas encore si j’aurai le temps d’aller voir l’exposition de Diane Arbus, j’ai des expos en retard depuis le début de l’année… 😉

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