La magicienne de Robert Louis Stevenson

« La magicienne » est une nouvelle écrite par Robert Louis Stevenson à la fin de sa vie lorsqu’il vivait sur les îles Samoa. Lors d’une croisière, les invités devaient inventer une histoire à la façon du Decameron de Boccace et Stevenson écrivit « La magicienne ». La nouvelle fut donc rapidement rédigée, ce qui souligne le talent de Stevenson car l’histoire est excellente.

Le narrateur, Mr. Hatfield, est un jeune gentleman désargenté. Il est en France et a perdu tout son argent au jeu. Par désespoir, il décide de faire la manche. Il tombe alors sur une jeune femme, Miss Croft, qui semble prête à lui porter secours. Mais d’une bien étrange manière puisqu’elle lui propose rapidement de l’épouser.

Robert Louis Stevenson renverse totalement les rôles dans sa nouvelle. Le narrateur s’en rend d’ailleurs bien compte et c’est ainsi qu’il s’adresse à sa future épouse : « Mais vous en avez décidé autrement ; vous n’avez pas voulu demeurer inconnue et me voilà dans une drôle de posture, je n’aurais jamais cru pouvoir un jour m’abaisser à ce point ; vous êtes l’homme dans cette histoire, et moi la femme. Et que puis-je dire d’autre sinon Amen ! Vous avez ramassé un instrument Miss Croft ; que comptez-vous en faire ? Vous avez acheté un esclave ; j’espère que vous serez satisfaite de mes services. » Mr. Hatfield tombe sous le charme de Miss Croft, il est candide et romantique. La jeune femme est calculatrice et utilise le narrateur à des fins qui n’ont rien de sentimentales. Stevenson venge avec « La magicienne » toutes les femmes victoriennes ! Miss Croft sait utiliser les convenances de l’époque pour améliorer sa situation. L’ironie de l’histoire est qu’elle se marie pour se débarrasser du joug des hommes. Son cynisme est véritablement réjouissant, de telles héroïnes sont rares dans la littérature victorienne.

L’écriture de Stevenson est toujours aussi plaisante, les dialogues brillants. Cette magicienne est vraiment un petit bijou.

Lu dans le cadre du mois écossais organisé par Cryssilda et Lou.

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7 réflexions sur “La magicienne de Robert Louis Stevenson

  1. tu es très kiltissime en ce moment !En fait je connais très mal Stevenson et ton billet me redonne envie de lire cet auteur, j’en ai un dans ma PAL mais comme je le disais à Lou le titre « le club du suicide » n’est pas très engageant… mais je vais faire un effort pour le mois écossais…
    PS : j’ai mis mon nain de côté… mais je ne désespère pas !

  2. @Pascale :C’est une excellente petite nouvelle et je me suis régalée. Je ne peux que te la conseiller chaudement !

    @Keisha : J’aime beaucoup Stevenson et le mois écossais me permet d’approfondir mes connaissances. « La magicienne » va te plaire, j’en suis sûre !

    @Maggie : Je soutiens les copines et leur challenge écossais !! Il faut absolument que tu lises Stevenson ! Je sais que Lou n’est pas très fan mais personnellement je l’adore ! Je suis peinée d’apprendre que tu as délaissé mon cher nain écossais, il va falloir que je lui remonte le moral…

    @Lou : « La magicienne » est très courte et en plus la femme a le beau rôle. Tu n’as aucune excuse pour ne pas la lire… 😉

  3. @Céline : J’aime beaucoup Stevenson, notamment Jekyll et Hyde qui est extraordinaire même lorsque l’on connaît l’histoire. Cette magicienne est vraiment un régal. C’est une nouvelle originale, féministe alors je ne peux que te la conseiller !

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