L'abîme de Charles Dickens et Wilkie Collins

Walter Wilding est un jeune négociant en vin. Après une enfance dans un orphelinat, la chance lui a souri. Sa mère est venue le récupérer et lui a transmis son commerce. La réussite est telle que Walter prend un associé, George Vendale, afin d’agrandir son affaire. Mais le ciel s’obscurcit sur la tête de Walter. Après la mort de sa mère, un terrible secret lui est dévoilé : il n’est pas le véritable Walter Wilding. Notre héros décide alors de tout mettre en oeuvre pour retrouver Walter Wilding et lui rendre la vie qu’il lui a usurpée par erreur.

Charles Dickens et Wilkie Collins étaient d’excellents amis et ils décidèrent de mettre leurs talents en commun pour nous narrer les aventures de Walter Wilding et surtout celles de George Vendale. Car les deux compères nous amènent sur une fausse piste au début de cette courte histoire et c’est surtout George Vendale qui en est le héros.

On retrouve dans « L’abîme » les centres d’intérêt de nos deux écrivains. Le premier personnage de cette histoire, Walter Wilding, grandit dans un orphelinat et il est fort probable que cette idée nous vienne de Charles Dickens. De lui, on reconnaît également les longues descriptions caractérisant dans le moindre détail paysages et personnages : « C’était un homme a l’air simple et franc, le plus naïf des hommes, que Walter Wilding, avec son teint blanc et rose et son heureuse corpulence, étonnante chez un garçon de 25 ans. Ses cheveux bruns frisaient avec grâce, ses beaux yeux bleus avaient un attrait extraordinaire. Le plus communicatif des hommes aussi bien que le plus candide – jamais il ne trouvait assez de paroles pour épancher sa gratitude et sa joie quand il croyait avoir quelque motif d’être reconnaissant ou joyeux. »

La patte de Wilkie Collins se reconnaît dans l’intrigue à rebondissements. Comme je l’ai dit, on croit que Walter Wilding est le personnage central de « L’abîme » mais il meurt rapidement pour laisser la place à George Vendale. Ce dernier devra reprendre la quête du véritable Walter, démasquer un voleur, traverser les Alpes et se marier ! Il traverse toutes ces péripéties sourire aux lèvres car notre ami George est d’un naïveté confondante. Et c’est là mon gros bémol, George Vendale est agaçant, il ne se rend compte de rien, ne comprend rien à ce qui se passe autour de lui. Il facilite beaucoup le travail de son ennemi qui peut tenter de l’assassiner sans éveiller le moindre soupçon ! Ce maléfique personnage finit par lui dire ce que je pensais pendant ma lecture : « – Vous êtes un être stupide. J’ai versé un narcotique dans ce que vous venez de boire… Stupide, vous l’êtes deux fois. Je vous avais déjà versé de ce narcotique pendant le voyage pour en faire l’essai. Trois fois stupide, car je suis le voleur, le faussaire que vous cherchez, et dans quelques instants je m’emparerai sur votre cadavre de ces preuves avec lesquels vous aviez promis de me perdre. » Trop de bons sentiments peut nuire à la santé !

Malgré ce personnage trop confiant, « L’abîme » reste une oeuvre agréable où l’on retrouve l’ambiance caractéristique des romans de Wilkie Collins. Appréciant fortement les livres de Wilkie Collins et de Charles Dickens, je ne pouvais pas faire l’impasse sur ce petit livre mais je préfère ces deux auteurs séparément !

 

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14 réflexions sur “L'abîme de Charles Dickens et Wilkie Collins

  1. Mais tu me donnerais presque envie 😀 Il est dans ma pal mais j’avoue que ce n’est pas celui qui me fait le plus envie pour Dickens comme pour Collins.

  2. Je suis d’accord que Wilkie et Charlie ensemble ça fonctionne over moins bien que les deux séparés… mais oui, nous on a vraiment pas le droit de passer à côté d’un tel livre 🙂

  3. @Isil : Je comprends que tu n’aies pas très envie de t’y mettre, ce n’est bien entendu pas le meilleur de nos deux mais ! Mais ça reste une lecture agréable et indispensable puisque nous sommes fans !!!

    @Cryssilda : Il faut bien que nous connaissions tous les livres de nos deux chouchous ! Heureusement qu’ils n’ont écrit que celui-là ensemble…

    @Maggie : Oui il s’agit quand même de Dickens et Collins, ils ne connaissaient la médiocrité ces deux-là !

  4. j’avais été un peu déçue pour les mêmes raisons que toi mais aussi parce que le personnage principal n’est pas fixe, et que cela m’a perturbée !!

  5. Je suis vraiment intriguée par l’écriture à 4 mains, et j’aime beaucoup ton billet en ce qu’il souligne l’apport de l’un et de l’autre. Mais il faudrait que je lise du Dickens et du Collins avant de m’attaquer à ce titre je crois !

  6. @Paristempslibre : Je ne peux que t’encourager à lire Wilkie que j’adore. Je te conseille « La dame en blanc » ou « Pierre de lune ».

    @George : Charles Dickens et Wilkie Collins sont des petits fripons qui aiment tromper leurs lecteurs ! « L’abîme » est vraiment une oeuvre mineur, ils étaient capables de tellement mieux !

    @Pickwick : Ah oui il ne faut pas que tu commences ta découverte de ces deux auteurs par « L’abîme », tu risquerais d’être déçue ! Une fois que tu auras fait connaissance avec nos deux amis (et que tu les aimeras forcément ;-)), tu pourras lire ce petit livre distrayant !

  7. Je m’en souviens bien peu et je me souviens encore moins de ce que j’avais écrit sur mon billet… décidément (2e billet oublié aujourd’hui) ! je vais aller voir ça 🙂

  8. @La plume et page : Je te le conseille quand même, ça reste quand même un agréable divertissement. Dickens et Collins ont bien entendu fait mieux mais « L’abîme » reste fort plaisant à lire. Tu me diras si tu as eu envie de secouer Vendale pour qu’il se réveille ! 😉

  9. Je m’en souviens vaguement maintenant, et je vous rejoins, l’association de ces deux monstres sacrés donne une résultat sympathique, sans plus… Mais personne n’a relevé que la fiancée de George est décrite de deux façons différentes dans le courant du livre ?

  10. @Schlabaya : L’écriture à deux mains n’est malheureusement pas concluante dans ce cas présent. En ce qui concerne la description de la fiancée de George, je n’ai pas fait attention au fait qu’elle soit décrite de manière différente. Chacun des auteurs a du la décrire sans consulter l’autre !!!

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