Lascars de Albert Pereira-Lazaro et Emmanuel Klotz

 « Pas de vacances pour les vrais gars ! » : c’est le slogan que scandent, envieux, les lascars de la cité de Condé-sur-Ginette qui restent au pied des immeubles pendant l’été, à ceux qui se tirent au soleil, bien décidés à buller sur la plage et à pécho de la chnek. Tony Merguez (comme la saucisse !) et José Frelate, apprentis rappeurs, sont de la deuxième catégorie, billets en poche pour Santo Rico, destination l’Amérique du sud. Mais arnaqués (ou est-ce un problème de communication ?) par un pseudo voyagiste chinois, nos deux amis se retrouvent à la case départ. Pour se refaire et gagner l’argent du voyage, Tony Merguez emprunte cinq kil de beuh à Zoran, l’effrayant caïd du quartier (mais qui cache un cœur tendre). Il a une semaine pour rembourser ce dernier. De son côté, José Frelate est poussé par sa cousine Jenny, chez qui il squatte, à bouger son boule du canapé et trouver un taf. Elle l’aiguille sur le père de son amie Clémence, le hargneux juge Santiépi (tout est dans le nom), qui a besoin de quelqu’un pour monter un sauna dans la cave de sa luxueuse demeure. José accepte d’autant plus volontiers qu’il aimerait bien serrer Clémence.

On se doute bien que tout ne va pas aller sans embrouille, pour le plus grand plaisir du spectateur. Une galerie de personnages (en plus de ceux déjà cités) plus truculents les uns que les autres se mettent de la partie pour pourrir la vie de Tony et José. Manuella, la petite amie de Tony, tigresse nymphomane qui ne lâche pas sa proie, réserve une terrible surprise à son homme. Momo (Maurice Mokhtar Guignard, ou MMG), cinéaste en devenir et délinquant notoire, tchatcheur invétéré, est sensé aider José dans ses travaux. Casimir, gros et débonnaire acolyte de Tony pour la revente de l’herbe, arborant un tee-shirt de chbeb pour éviter les palpations des schmitt, devient très susceptible quand il s’agit de son kebab. Sans oublier la paire Sammy et Narbe, autres « presque vacanciers », qu’un esclandre à l’aéroport empêche de s’envoler vers Santo Rico (décidément LA destination des vacances) et qui ne peuvent retourner comme ça à la cité sous peine de passer pour des bollos.

Le film d’animation « Lascars » est inspiré de la série du même nom diffusée sur Canal +. Le splendide graphisme, très réaliste, restitue parfaitement l’atmosphère urbaine. De plus, avec un scénario « tarantinesque », des situations rocambolesques – la scène de la fête des keufs est juste un grand moment de rigolade -, des dialogues percutants, un rythme effréné, une bande-son groovy, un humour ravageur, et des voix impeccables, vraiment tout est réuni pour que cette hilarante histoire de banlieue menée tambour battant laisse une trace durable dans notre esprit. Attention, les « Lascars » font leur show !

 

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2 réflexions sur “Lascars de Albert Pereira-Lazaro et Emmanuel Klotz

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