La voleuse d'hommes de Margaret Atwood

Tony, Charis et Roz, qui se sont connues à l’université, se retrouvent pour déjeuner au restaurant le Toxique. « Toutes les trois déjeunent ensemble une fois par mois. Elles en sont arrivées à compter sur cette rencontre. Elles n’ont pas grand-chose en commun, excepté la catastrophe qui les a réunies, si l’on peut qualifier Zenia de catastrophe, mais avec le temps elles ont trouvé une solidarité, un esprit de corps. » Elles n’étaient effectivement pas amies lors de leurs études, elles étaient et restent extrêmement différentes. Tony, la garçonne, est professeure d’histoire à l’université avec une spécialité un peu particulière : les batailles, les guerres. Le plus grand plaisir de Tony est de reconstituer les grandes batailles dans son sous-sol à l’aide de clous de girofle, de haricots rouges pour visualiser les différents adversaires. Elle vit avec West, musicologue qu’elle fréquentait à l’université.

Charis est une adepte de l’ésotérisme, elle croit à la réincarnation, à la force de l’esprit. Elle travaille dans un magasin nommé « Radiances » qui vend des cristaux, de l’encens, des huiles essentielles, des cartes de tarot. Charis a une fille qui se nomme Augusta. *

Roz est chef d’entreprise, elle a pris la succession de son père. C’est une femme d’affaires avertie, solide et très fortunée. Elle reste néanmoins très féminine, elle prend grand soin de son allure. Elle est la mère de trois enfants : un fils et des jumelles.

Les trois amies ont commencé à se fréquenter lorsque la fameuse Zenia est entrée dans leurs vies. Zenia était dans la même université que les trois autres et elle faisait peur aux autres filles : « Brillante et terrifiante. Vorace, sauvage, inacceptable. » C’est Tony la première qui l’approche. Zenia est un être rusé qui sait profiter des faiblesses des autres pour s’insinuer dans leur vie et leur voler ce qu’ils ont de plus cher. Tony est petite, sans charisme à côté de Zenia et son anticonformisme l’éblouit. Mais « (…) cela coûte cher de défier l’ordre social, la liberté n’est pas gratuite, elle a un prix. » Zenia soutire de l’argent à Tony, la fait chanter et une fois obtenu ce qu’elle voulait elle disparaît en emportant West dans ses valises. Zenia refait son apparition dans la vie de la charitable Charis. Elle lui fait croire qu’elle est malade, Charis l’accueille les bras ouverts, s’occupe d’elle sans relâche. Zenia s’installe comme un coucou dans la maison de Charis et repart avec l’homme qui habite là, Billy le père d’Ausgusta.

Roz se fait également berner malgré les mésaventures de ses amies. Zenia semble connaître des choses sur le père de Roz qui est resté mystérieux sur ses années de guerre. Une nouvelle fois le coucou s’installe, Roz lui donne du travail dans un de ses magasines. Mais comme toujours Zenia disparaît après avoir volé de l’argent à Roz, et bien sûr avec son mari.

Les trois amies pensaient être débarrassées de Zenia, morte dans un attentat terroriste au Liban mais la voilà qui rentre au Toxique. Que revient-elle faire ici ? Que veut-elle encore soutirer à nos trois amies ?

Margaret Atwood nous livre un roman cinglant sur les rapports hommes/femmes. L’amour est vu de manière très lucide, sans aucun romantisme. « Elle a dû renoncer en partie à l’amour bien sûr, à son amour, illimité autrefois, pour son mari. On ne peut garder la tête froide quand on se noie dans l’amour. On s’agite trop, on crie et on s’épuise. » Les hommes n’ont pas le beau rôle, ils sont peu fiables et prêts à tout quitter dès qu’une aguicheuse les approche. Néanmoins nos trois amies ne sont pas tellement mieux servies. Malgré les avertissements, elles se font toutes prendre dans les filets de la maléfique Zenia. Chacune succombe lorsque l’on fait appel à ses bons sentiments, chacune, naïvement, veut se sentir utile.

« La voleuse d’hommes » est un roman sur l’amitié, celle qui se construit malgré les différences et qui reste un véritable soutien lorsque tout s’effondre. Margaret Atwood nous livre les portraits de trois femmes qui deviennent extrêmement attachantes pour leurs forces comme pour leurs faiblesses. « La voleuse d’hommes » se dévore, malgré ses 650 pages, tant le destin des trois héroïnes nous tient à cœur.

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2 réflexions sur “La voleuse d'hommes de Margaret Atwood

    • Je conseille tous les livres de Margaret Atwood qui sont toujours surprenants et originaux. Celui que je préfère est « Le tueur aveugle ».

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