Sweeney Todd de Tim Burton

 

Une comédie musicale gothique, cela semble antinomique mais c’est ce qu’a réalisé Tim Burton avec « Sweeney Todd ». Le chant et le sang se mélangent dans ce film adapté d’un musical à succès de la fin des années 70 aux Etats-Unis et en Angleterre.

Le film s’ouvre sur l’arrivée d’un bateau sortant du brouillard dans le port de Londres. Deux hommes en descendent : un jeune homme et Sweeney Todd (Johnny Deep). Ce dernier revient dans sa ville pour accomplir sa vengeance. Jeune homme, il était barbier, avait une femme et une fille, était heureux en somme. Malheureusement, un homme, le juge Turpin (Alan Rickman), convoitait sa femme et il envoya Sweeney Todd au bagne pour la lui voler. Le passé du héros est évoqué par de courts flashbacks lumineux, respirant le bonheur et où le visage du héros est bien différent de celui découvert au début du film. On le retrouve dans des ruelles sombres, pauvres, sales, dignes de Jack l’Eventreur. Sweeney a un visage blafard, un costume sombre, une chevelure noire avec une mèche que la douleur a sans doute rendue blanche. Sweeney Todd a un physique typiquement burtonien, un croisement entre Edward aux mains d’argent et Mr Jack.

Il regagne son ancienne demeure et y trouve Mrs Lovette (Helena Bonham Carter) tenant une pâtisserie et qui vend les pires tourtes de Londres. Elle lui apprend que sa femme est morte et que le juge Turpin a adopté sa fille. Sweeney Todd ne pense plus alors qu’à sa vengeance, il imagine un plan macabre pour se débarrasser du juge Turpin aidé de la pâtissière. Ils vont s’entraîner sur des passants : lui tranche la gorge, elle les transforme en tourtes.

Dans le même temps, le jeune homme arrivé à Londres avec Sweeney tombe amoureux de sa fille qu’il va tout faire pour sauver. Les scènes entre les deux jeunes gens éclairent le film, nous éloignent de la noirceur de l’histoire. Sweeney Todd pourrait lui aussi goûter à un bonheur retrouvé avec Mrs Lovette qui se consume d’amour pour lui mais ce dernier n’a que son noir dessein en tête. Sweeney Todd ne sera comblé que lorsque le sang du juge Turpin aura coulé mais sa vengeance va l’emmener trop loin.

On retrouve l’ambiance désespérée chère à Tim Burton, Londres est une ville glauque, noyée dans le brouillard et les fumées de cheminées. Très peu d’espoir existe dans les bas-fond et l’esthétique utilisée est proche de l’expressionnisme.

Johnny Deep prête son visage lunaire au barbier de Fleet Street. Son visage passe de la démence à la mélancolie, on prend pitié de ce personnage à qui on a arraché sa vie. Johnny Deep est parfait dans ce rôle et il adhère totalement à l’esprit burtonien. Les collaborations entre Deep et Burton (« Edward aux mains d’argent », « Ed Wood », « Sleepy Hollow ») sont toujours un régal.

Helena Bonham Carter joue également une partition sur mesure, un personnage ambigu, peut-être encore plus fou et noir que celui de Sweeney Todd. A noter les seconds rôles : Alan Rickman ambigu et pervers à souhait, Sacha Baron Cohen campe un barbier italien haut en couleurs et plus vrai que nature.

Les chansons sont de Stephen Sondheim qui est à l’origine du spectacle datant de 1979 et ont été retravaillées par Tim Burton. Les chansons se collent assez bien dans la narration et on a droit à de beaux duos entre Johnny Deep et Helena Bonham Carter.

Après des expériences moins réussies comme « Big Fish », on retrouve l’univers de Tim Burton composé de freaks désespérés, marginaux et que la noirceur de la vie n’épargne pas.

 

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