Last exit to Brooklyn de Hubert Selby Jr

 

 

 

 

 

 

 

Ami lecteur si tu apprécies le travail d’Anna Gavalda, de Marc Levy ou de Paolo Coelho, passe ton chemin, le livre dont nous allons parler n’est pas pour toi.

« Last exit to Brooklyn » est le premier livre écrit par Hubert Selby Jr (1928-2004) en 1964. Cet ouvrage est composé de six nouvelles sur la vie quotidienne trash d’habitants de Brooklyn. La violence domine ce quartier urbain de New York et contamine tous les êtres humains, même la cellule familiale est gangrenée. La vision que nous propose Selby est véritablement cauchemardesque. Les personnages de ce quartier se croisent dans les nouvelles et sont tous à l’origine de leur malheur, on ne ressent pas de pitié pour eux. Trois nouvelles sont plus marquantes que les autres. « La reine est morte » nous narre l’histoire de Georgette, un travesti amoureux d’un ex-taulard. Elle fait des pieds²et des mains pour plaire à Vinnie qui n’a bien sûr qu’une idée en tête : lui arracher du fric ou de la drogue. Georgette est une midinette sous benzédrine, incapable d’affronter la réalité et prête à tout pour avoir cet homme qui ne lui répond que par des coups.

« Tralala » est l’histoire d’une déchéance, d’un délabrement progressif. Tralala a couché avec un homme pour la première fois à 15 ans et elle en fait petit à petit son métier. Les hommes l’entretiennent u début, elle leur dérobe leur argent puis se fait payer. Elle boit de plus en plus et sa tenue se transforme en vieilles fripes. Elle finit battue à mort dans une décharge, étendue nue et totalement humiliée par une bande d’hommes croisée dans un bar.

La plus volumineuse nouvelle est « la grève ». Harry Black est un syndicaliste redouté par sa hiérarchie, toujours à l’affût de la moindre infraction au règlement de l’usine. Harry le fait d’ailleurs plus pour ennuyer les patrons que par véritable solidarité avec les autres ouvriers. Il profite de quelques semaines de grève pour prendre du bon temps dans le local loué par le syndicat. Il y picole beaucoup, y invite ses amis et y a une révélation sur sa vie sexuelle : il préfère les travestis à sa femme qu’il dédaigne et méprise chaque jour. Cette découverte l’entraîne dans un désir sexuel de plus en plus irrépressible que les travestis rencontrés n’arrivent pas à combler. Harry Black finit lui aussi roué de coups dans une décharge après avoir poussé sa perversité trop loin.

La dernière nouvelle est quant à elle un enchevêtrement d’histoires qui sont celles des habitants d’un même immeuble. S’y concentrent toute la noirceur, la violence, la misère domestique, la cruauté décrites par Selby dans les autres nouvelles.

Hubert Selby Jr nous entraîne dans un monde infernal, servi par une écriture crue, sans concessions et sans arrondis. Le style est glacial, sec pour nous présenter un monde sans amour, sans humanité, un monde uniquement capable de violence et d’humiliation de l’autre. Selby nous montre une autre Amérique, celle qu’il connaît et qui reste dans l’ombre. Tous les personnages sont des êtres perdus, noyés dans leur quotidien sordide et à qui rien ne peut sourire. Dans ce quartier, rien ne semble pouvoir changer, aucun personnages ne peut s’extirper de la gangue de violence, le rêve américain n’est pas pour eux.

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