Suite française d'Irène Nemirovsky

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La saison des prix littéraires vient de démarrer, on sait à quel point ces prix sont factices et fruits de négociation entre maisons d’édition. Néanmoins, il ne faut pas nécessairement négliger le résultat de ces prix, j’en veux pour preuve le prix Renaudot 2004 : « Suite française » d’Irène Nemirovsky. Le jury du Renaudot a permis de mettre en lumière un auteur oublié de notre histoire littéraire.

Cet ouvrage, commencé en 1941-42, est inachevé et il nous reste aujourd’hui les deux premiers volumes intitulés « Tempête de juin » et « Dolce ». Le premier volume parle de l’exode de juin 1940 pour plusieurs familles ou personnes. Irène Nemirovsky nous fait sentir le chaos qui surgit dans les vies de ces personnages alors même que leur quotidien et leur environnement ne semblent pas déjà avoir été affectés par la guerre. Le second volume nous présente l’occupation à travers le prisme des habitants dans un petit village de province. La vie du village de Bussy semble à peine perturbée par l’arrivée d’un contingent de l’armée allemande. Les deux parties sont totalement indépendantes l’une de l’autre malgré des passerelles qui se font par l’évocation de quelques personnages du premier volume dans le second.

Irène Nemirovsky fait preuve d’un grand sens de l’atmosphère, du climat qu’elle établit en quelques phrases. La psychologie des personnages est également très profonde et se complète d’une fine analyse des classes sociales et de leurs différences qui s’exacerbent en temps de crise. Ce livre est bouleversant mais Irène Nemirovsky ne tombe jamais dans le pathos. C’est toujours avec une grande lucidité qu’elle témoigne de cette époque particulièrement troublée. Nous ne pouvons que regretter qu’elle n’ait pu terminer ce livre édifiant sur l’âme humaine durant la guerre.

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3 réflexions sur “Suite française d'Irène Nemirovsky

  1. Pingback: Suite française – Tempête de juin de Emmanuel Moynot | Plaisirs à cultiver

  2. Cette lecture m’avait marquée, notamment parce que c’est un des rares romans qui traite de ce sujet tabou que sont les relations entre l’occupant et l’occupé… en l’occurrence, ici, l’occupée. Et puis comme tu l’écris justement, Irène Némirovsky démontre une grande acuité dans l’analyse des individus (on retrouve cette plume acérée dans Le vin de solitude, notamment).

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